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Délimitation du patrimoine culturel de Kodialanda : -Le ministre N’Diaye Ramatoulaye Diallo veut déposséder les populations de plus 5 000 ha -Péril sur un investissement de plus de 500 millions de F CFA

Les habitants de 35 villages contestent  un  projet de décret pris en conseil de ministres  du 5 janvier 2018, portant classement  du  site historique  du champ de bataille de Kodialanda  dans le patrimoine culturel national. Les populations concernées accusent le ministre de la culture de ne les avoir pas associés dans la délimitation de cet espace qu’ils jugent partisane.

Tout est parti de la délimitation de 5 291 ha 55a 14 ca  comme patrimoine culturel national de Kodialanda dans le cercle de Kolokani. Irrités pour la simple raison qu’ils ont appris la nouvelle  sur les antennes de l’ORTM, les représentants de 35 villages de la zone contestent la façon dont cette opération s’est déroulée. Parce que non seulement ils n’ont pas été associés dans la démarche mais aussi l’espace en question n’a aucun rapport avec ledit site historique. En fait, dans la prise de la décision, la commune de Nonssombougou où se situe le site devant faire partie patrimoine culturel national n’aurait pas été associée encore moins les habitants de Beledougou. Ce sont les habitants d’une autre commune, en l’occurrence Nonkon, qui seraient  impliqués et qui auraient  fait de l’affaire un fonds de commerce.

Selon notre source, les vrais acteurs de cette délimitation sont Tadi Diarra, Boubacar Séné, Oumar Ba et Abel Diarra.

Aujourd’hui, à cause de cette affaire, tout le Bélédougou est remonté contre le ministre de la culture, N’Diaye Ramatoulaye Diallo. Laquelle est indexée par les populations comme le premier responsable de cette situation. Parce que, selon les populations, avant de prendre cette décision, elle n’a pas daigné envoyer un spécialiste pour visiter le site pour faire une bonne délimitation. En la matière, les villageois estiment  que le département de la Culture devait échanger avec eux d’abord avant la prise de toute décision. Car, aujourd’hui, la situation est devenue presque explosive.  Sur place, les populations ne sont pas prêtes à abandonner leur terre  cultivable. Selon les plaignants, la superficie du plan de délimitation du site de Kodialanda étouffera le village de Nonssombougou et dépossédera plusieurs autres villages de leurs terres de culture. Car, la délimitation englobe toute la partie nord du village de Nonsombougou. Les connaisseurs de la zone avancent que le plan du gouvernement n’a même pas de rapport avec ledit site historique de la bataille de Kodialanda. « Ce plan de 5 291 ha 55a 14 ca n’a aucun rapport avec le site de la bataille de Kodialanda », précise un habitant de Nonssombougou.

Ce que réclament les 35 villages

Les 35 villages estiment que la délimitation est très mal faite et  qu’il faut la reprendre. Ils souhaitent la non implication de la mairie de Nonkon. Car, Nonsonbougou a sa maire  et c’est elle qui est mieux placé pour parler de cette   affaire. Les représentants des 35 villages sollicitent que le Gouvernement envoie une délégation sur le site pour voir clair dans cette affaire. Car, les 5 291 ha 55a 14 ca n’ont aucun rapport avec le site historique. Enfin, ils demandent que le Gouvernement reprenne la délimitation pour éviter des tensions à Nonssombougou.

Péril sur un investissement de plus 500 millions F CFA ?

Ce n’est pas tout. Le site englobe également 100 ha appartenant à l’imam Cheicknè Wélé Diallo que nous avons rencontré hier à Bamako dans sa résidence. Il raconte comment cette situation a été préjudiciable à l’investissement qu’il voulait faire dans cette localité. Selon lui, il a acquis 100 ha de terres pour faire  de l’élevage dans cette zone. A l’en croire, il dispose de plus de 200 têtes d’animaux dans cette contrée. Il était en train de réaliser de grosses investissements quand le maire de Nonsombougou à l’époque des faits à sa grande surprise qui lui intimé d’arrêter les travaux. Etonné par cette injonction, il a demandé pourquoi ? Celui-ci lui a fait savoir que l’endroit devrait être réservé pour servir le patrimoine national. Non content de cette décision, il a attaqué cette décision devant le Tribunal administratif qui lui a donné  raison en annulant l’acte du maire. « Depuis 10 ans, nous sommes dans cette affaire. Nous avons cherché ces terres pour faire de l’élevage. Nous les avons acquises avec Abdramane Coulibaly et Makan Doucouré. Avant les acquérir, nous nous sommes munis de toutes les précautions pour savoir si effectivement, ces terres devraient être vendues. Ils ont expliqué qu’ils ont acquis ces terres par voie coutumière, c’est-à-dire avec les chefs coutumiers de la zone. Ces deux personnes nous ont fait savoir qu’elles ont payé avec les Konaré depuis 5 ans mais qu’elles n’arrivent pas à exploiter. Après ces vérifications, nous sommes partis le préfet de Kolokani, qui nous a assuré qu’effectivement ce sont des parcelles où on peut s’installer. C’est là que nous avons décidé de faire des notifications. Quand le patrimoine national s’est posé à l’époque, nous sommes venus demandés le ministre de la culture, Bruno Maïga, qui a assuré que nos parcelles n’étaient pas concernées », a déclaré le saint homme. C’est pourquoi, il ne comprend pas aujourd’hui que l’on puisse empêcher de faire ces réalisations.

A suivre

Youssouf Bamey  

Par La Lettre du Peuple

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