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Dans le secteur des transports, les mesures anti-covid-19 n’ont pas la cote

En cet après-midi de dimanche, jour de mariage à Bamako, les rues étaient bien désertes.Comme sur les grandes artères de la capitale malienne, l’affluence habituelle des voyageurs n’était pas au rendez-vous dans les gares routières de Sogoniko.

Au niveau de ce quartier général des compagnies de voyages terrestres, ils sont très peu nombreux, les transporteurs qui ont commencé à appliquer les mesures décrétées par le département des Transports et de la Mobilité urbaine. « Nous n’avons commencé à appliquer ni les mesures de distances d’au moins un mètre entre les passagers, ni la limitation à la moitié du nombre de place prévus sur la carte grise du véhicule », avoue Mamadou Sow, agent de la compagnie « Bani Transport». Le vendeur de billet, assis derrière le guichet, attire l’attention sur deux facteurs dont il faut nécessairement tenir compte. Il s’agit, selon lui, de l’augmentation des frais de transport et de la réduction du prix du litre du carburant.

Face à la pandémie de la maladie à Coronavirus qui se propage à grande vitesse, le ministre des Transports et de la Mobilité urbaine a pris des mesures relatives au nombre de personnes dans les transports en commun et aux motocyclistes.

Ces mesures applicables sur toute l’étendue du territoire national, à compter du 27 mars 2020, ont été prises compte tenu de l’évolution de la pandémie au Mali. En gros, elles demandent l’embarquement des passagers dans les bus, minibus (Sotrama notamment) et autocars, en tenant compte de la distance d’au moins un mètre entre les passagers, et la limitation à la moitié du nombre de places prévues sur la carte grise du véhicule. Ainsi, les taxis et les véhicules particuliers doivent transporter, désormais, trois passagers au lieu de cinq, y compris le conducteur. Le nombre est limité à un pour les engins à deux roues.

Sur le terrain, l’application de ces mesures semble peu préoccuper transporteurs et usagers. Dans la circulation, le constat est alarmant. Rares sont les conducteurs de véhicules particuliers, de taxis, de Sotrama ou d’engins à deux roues qui souscrivent aux consignes données par le département en charge des Transports.

Par contre, dans les gares routières, le lavage des mains au savon à l’entrée et la sensibilisation des passagers dans les cars sont en vigueur. « Les voyageurs se désinfectent les mains avec du gel hydro alcoolique, en montant dans le car et, avant le démarrage, nous les sensibilisons. Nous avons aussi adressé des correspondances à toutes nos escales pour l’adoption des gestes sanitaires et la sensibilisation par rapport au respect de ces mesures d’hygiènes », a-t-il assuré.

A quelques marches de Bani Transport, siège la compagnie Diarra Transport. Là, les différentes mesures de protection contre le Covid-19 sont appliquées à la lettre. Contrairement aux autres jours de la semaine où cette compagnie draine du monde, sa gare était, cet après-midi, dépeuplée. Devant chaque guichet, des rectangles étaient tracés au sol et à l’intérieur desquels les passagers s’arrêtaient pour faire respecter la distance d’un mètre au moins entre eux.

A l’intérieur des cars, ces mêmes mesures sont imposées. « Nous sommes en train d’appliquer les mesures comme il se doit. Nous exigeons des passagers de respecter, aussi, les consignes données », explique Mamadou Tembely, chef de gare Diarra Transport à Bamako. « Cette menace qui plane sur l’humanité est à prendre au sérieux. Nous mettons le minimum de passagers dans le car. Ce n’est pas du tout facile. Mais, nous essayons juste d’assurer le minimum de service. Ces mesures n’arrangent pas les transporteurs », confirme le responsable.

Il demande aux autorités de venir en aide aux transporteurs. « Si l’Etat pouvait subventionner au moins la moitié du carburant, cela nous ferait plaisir. Nous ne pouvons pas augmenter le tarif, nous sommes obligés de nous en tenir aux anciens prix », s’alarme le chef de gare.

Par contre, les conducteurs de taxis trouvent qu’ils ne sont encore prêts pour l’application de ces mesures. Pour cause, le risque de réduction drastique des recettes est trop grand. Avec ses collègues chauffeurs autour du thé, à la gare de Sogoniko, la journée ne semblait pas prometteuse pour Saliya Koné. « Nous appliquerons les mesures lorsque les propriétaires de véhicules accepterons de réduire leurs recettes et quand les vignettes seront annulées, sinon pas question », martèle le conducteur qui estime passer une journée noire.

Même constat dimanche à l’autre côté du fleuve, au niveau de la rive gauche. Au niveau du boulevard du peuple (entre place Koro et l’Amap), principal centre d’attraction des minibus, une Sotrama en destination de Niamana Attbougou vient de se garer. Le véhicule est presque rempli de passagers. Certains se protègent la bouche et le nez à l’aide de masques ou du bout de leur fouloir. D’autres semblent ignorer l’existence et la force de contagion du Covid 19. L’apprenti fait monter à bord trois autres passagers, certainement pour compléter le nombre. Interrogé, le chauffeur du véhicule est catégorie : « Il faudrait plutôt sensibiliser les propriétaires de véhicules. Les recettes journalières n’ont pas changé, elles demeurent à 15.000Fcfa. Comment réduire le nombre de places dans ce cas ? Le mieux serait de dire aux propriétaires de véhicules de diviser par deux la recette. Ainsi, nous pourrons nous exécuter sans problème ».

Au niveau de ‘Voxoda’, passent Sotrama et Dourounis qui rallient généralement les communes III, VI et celle du Mandé. Là, comme au niveau du rondpoint situé entre la Chambre de commerce, la mairie du district et le ministère de l’Education, c’est l’indifférence totale. Là, les Sotrama qui desservent les communes III et IV faisaient le plein, sous le regard indifférent des forces de l’ordre.

BBC/CMT/MD

(AMAP)

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