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Alternance en 2018: vers une coalition des partis de l’opposition

Les responsables des Partis politiques de l’Opposition et ceux des organisations de la société civile ont conjointement animé, hier mardi, une conférence de presse à la Maison de la presse de Bamako sur les questions relatives à l’insécurité, l’école, la gouvernance et les prochaines élections programmées en 2017 et 2018.

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Par rapport aux élections présidentielles de 2018, le Chef de file de l’Opposition, Soumaïla CISSE, a annoncé l’intention des partis politiques de l’Opposition de former une coalition, en dépit de leurs divergences, contre le Président IBK. L’objectif de la création de cette coalition est de permettre à l’Opposition de fédérer ses efforts en vue d’assurer l’alternance en 2018.

Les responsables politiques et de la société civile comme Amadou THIAM du Parti ADP-Maliba, Oumar MARIKO du Parti Sadi, Souleymane KONE du parti FARE, Soumaila CISSE du Parti URD, Mohamed Youssouf BATHILY dit Ras Bath, du CDR, Baki DIARRA du RpDM, Oumar Hammadoun DICKO du PSP sont se prêtés à l’exercice de répondre aux questions des journalistes. L’on a également noté la présence du Secrétaire général de la CSTM, Hammadoun Amion GUINDO ; le représentant du parti Parena, Seydou CISSE, ainsi que de nombreux militants de ces différents courants politiques de notre pays.
A l’entame de la conférence de presse, l’honorable Amadou THIAM a procédé à la lecture de la déclaration de l’Opposition brossant sa vision de la sécurité, de l’éducation, de la gouvernance et enfin les prochaines élections prévues en 2017 et 2018.
Dans sa déclaration, l’Opposition estime que la situation au Mali est d’une extrême gravité. Pour elle, le Mali n’a jamais été confronté à de telles et persistantes difficultés qui, à ses yeux, constituent aujourd’hui une réelle menace pour l’existence de notre pays.
Dans ce document, les responsables des partis politiques de l’opposition déplorent la situation gravissime de l’insécurité dans le pays avec l’occupation de certaines zones par des groupes armés djihadistes comme celui d’Amadou KOUFFA.
En plus des régions du nord de notre pays, le Centre, le Sud ainsi que l’Ouest du pays sont les nouveaux fronts des groupes armés où ils sont en train semer la psychose, la terreur, ont-ils condamné. Toutes ces situations laissent comprendre, selon les leaders de l’opposition, qu’aucun « progrès n’a été enregistré après la signature des accords de paix issus du processus d’Alger». A leur avis, les espoirs suscités à la signature de l’accord pour la paix ne sont pas au rendez-vous, car la sécurité, que l’accord est censé assurer, est loin d’être concrétisée.
Face à cette situation, le président de Parti PSP, Oumar Hammadoun DICKO, est perplexe quant à la tenue des prochaines élections annoncées à la fin de cette année et en 2018. Il a témoigné que le minimum de sécurité acceptable n’est plus au Mali, surtout dans les zones comme Douentza en passant par Ténenkou jusqu’à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. Dans ce contexte, il sera difficile de tenir les élections dans ces zones, a-t-il dit.
« La situation au Mali n’a jamais été aussi mauvaise en matière de sécurité aujourd’hui», a déclaré M. DICKO.
S’agissant de l’éducation, là également, les responsables de l’opposition n’ont pas fait de cadeau à IBK et à son gouvernement. Ils estiment que l’école malienne traverse une période très délicate avec la fermeture de 500 établissements scolaires dans les régions de Gao, Kidal, Ségou, Mopti et de Tombouctou. Plus de 150 000 enfants sont ainsi privés de leur droit à l’éducation à cause de ces fermetures d’établissements, ont-ils relevé.
Outre cette situation, les leaders de l’opposition ont également décrié les distributions de cahiers à l’effigie du Président de la République, de l’honorable Karim KEITA, du 1er vice-président de l’Assemblée nationale, l’honorable Moussa TIMBINE, ainsi que la remise d’un véhicule à l’AEEM par le Président IBK parce que ces gestes, estiment-ils, sont de nature à politiser l’école.
Les réserves de l’opposition sur les élections de 2017 et 2018
L’un des points largement commentés au cours de la conférence de presse a été la tenue des élections programmées en 2017 et 2018. Selon l’opposition, les préalables à la bonne tenue de ces élections sont en train d’être foulés aux pieds par le gouvernement. Déjà pour ce qui concerne les élections de 2017, l’opposition a exprimé son désarroi quant à la fixation de la date de ce scrutin du 17 décembre 2017. Les leaders de l’opposition ont ainsi fait savoir qu’ils ne se reconnaissent pas dans cette décision parce qu’ayant été prise de façon unilatérale par le gouvernement sans leur avis.
« Les partis politiques de l’Opposition condamnent cette attitude unilatérale du gouvernement qui avait pourtant été saisi par l’opposition par une lettre en date du 19 septembre 2017 dans laquelle elle avait exprimé ses préalables à toute discussion sur les élections », désapprouve l’opposition la décision du gouvernement sans donner de précision si elle ira à ces élections sans la prise en compte de ses doléances.
Les préalables à ces élections sont, entre autres, selon l’opposition, la résolution dans la transparence de la question des 900 000 cartes NINA de trop évoquées par le vérificateur ; l’utilisation de la biométrie pour garantir la transparence des élections, comme c’est le cas dans la plupart des pays de la sous-région ; l’audit du fichier électoral ; la création d’une autorité unique et indépendante de gestion des élections ; la prise en compte des citoyens devenus majeurs sur la liste électorale et enfin la mise à disposition des cartes NINA non distribuées aux ayants droit.
En absence de ces doléances, avoue Mohamed Youssouf BATHILY dit Ras BATH, tous les indices montrent que le régime est en train de créer les conditions de tripatouillage des prochaines élections pour se maintenir. En plus de 900 000 cartes NINA de trop signalées, il a fait savoir qu’un million de cartes NINA ont été illégalement introduites dans le pays via DHL et y circulent, selon la révélation d’un journal de la place. Le leader du Collectif pour la défense et la république (CDR) a également commenté que l’annulation du marché de la carte d’identité biométrique par le Premier ministre, Abdoulaye Idrissa MAIGA est une manière d’éviter toute transparence lors des prochains scrutins. Selon Ras BATH, la carte d’identité biométrique est le meilleur instrument dont disposent nos pays africains pour lutter contre la fraude massive lors des rendez-vous électoraux.
« L’annulation de ce marché est une malice du gouvernement pour encourager la fraude lors des prochaines élections », accuse Ras BATH.

Vers une alliance de l’opposition contre IBK en 2018
Au cours de la conférence de presse, les responsables de l’opposition ont également insisté sur leur collaboration en prélude aux élections présidentielles de 2018. Ils disent être convaincus que pour garantir l’alternance en 2018, il y a nécessité d’aller à une coalition des partis politiques de l’opposition, en dépit de leurs divergences.
Le président du parti ADP-Maliba, Amadou THIAM, sur le sujet, laisse entendre que les partis politiques de l’opposition n’ont pas d’autre choix que d’aller ensemble en 2018 en vue de conquérir le pouvoir et assurer ainsi l’alternance. Il a ensuite exprimé son optimisme de voir une union de l’ensemble des partis politiques de l’opposition autour d’un candidat.
« Pour l’alternance, il n’est pas exclu que l’ensemble des formations politiques fasse une union contre le Président IBK en 2018 », a déclaré M. THIAM.
Pour sa part, le Chef de file de l’opposition, Soumaïla CISSE, a lui aussi confirmé que les partis politiques de l’opposition sont en train de se concerter en vue de s’unir dans l’optique de créer une coalition.
« Nous allons nous unir pour l’alternance en 2018. Nous allons nous unir pour faire la paix et former une coalition en 2018. Avec cette coalition en 2018, nous allons réussir l’alternance », a déclaré Soumaïla CISSE.

Par Sikou BAH

 

Source: info-matin

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