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ACCORD D’ALGER 2 ans après : le bout du tunnel encore loin

Cela fait exactement 2 ans que l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger a été paraphé par le gouvernement et les groupes armés. Cet anniversaire intervient à un moment où la recrudescence de l’insécurité a atteint des proportions inquiétantes avec des attaques terroristes tant au Nord et qu’au Centre du pays.

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Issu de plusieurs mois de négociation, l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger entretient à la fois l’espoir au regard des avancées enregistrées dans sa mise en œuvre et la peur au regard des tensions au sein des groupes armés et des communautés.

Reconnaissons que la signature de l’accord de paix avait elle-même été source de couacs et s’était faite en deux temps. D’abord, le 15 mai 2015, sous les auspices de la médiation internationale, entre le gouvernement malien et la Plateforme puis, seulement un mois plus tard, avec la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui regroupait les rebelles touaregs.

Après environ 2 ans de négociations, la paix et la cohésion sociale ne sont pas à portée de main.

Pour autant, le chemin parcouru donne de légitimes motifs de satisfaction. L’on note que des mouvements signataires qu’il était difficile d’imaginer s’asseoir autour de la même table, avant la signature de l’Accord, se retrouver aujourd’hui dans un climat souvent détendu pour parler du processus de paix et de réconciliation.

Au titre des réformes politiques et institutionnelles initiées dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord, il convient de noter : la mise en place en place et l’installation des Agences de développement régional (ADR), la nomination et l’installation des gouverneurs des deux régions nouvellement créées, à savoir Taoudéni et Ménaka, la nomination de Conseillers spéciaux auprès des gouverneurs des régions de Gao, Tombouctou, Taoudéni et Ménaka, l’adoption par l’Assemblée nationale des projets de textes relatifs aux autorités intérimaires, conformément aux dispositions y afférentes de l’Accord, la validation par la Cour constitutionnelle de la loi relative aux autorités intérimaires qui a contribué à faciliter la mise en place des autorités intérimaires et à favoriser l’avancement du processus de mise en œuvre de l’Accord ; l’amorce de la révision constitutionnelle, à travers l’élaboration de projets de décrets destinés à prendre en charge les dispositions de l’Accord relatives à la création de la deuxième chambre du parlement.

Selon Souleymane Drabo, éditorialiste au quotidien national joint par le Studio Tamani, l’application de l’accord est très en retard. A ses dires le Comité de suivi de l’accord a mis près d’un an avant de devenir opérationnel. « Mais je pense que c’est un peu dû à la nature même de l’accord. Je crois qu’au départ, les signataires ont été très optimistes sur le calendrier d’application de l’accord. Donc on se retrouve aujourd’hui avec des difficultés que personne n’avait prévues. Si jamais on veut prendre les côtés positifs de ce bilan de deux ans, on peut considérer que sur le plan institutionnel, il y a eu des avancés. Parce qu’il y a eu la création des régions de Taoudéni et Ménaka. Il y a eu la mise en place du comité national du DDR et d’intégration. Il y a eu un certain nombre d’avancées. Il y a eu la mise en place des centres des autorités intérimaires du démarrage du Moc de Gao».

Vraisemblablement, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger n’a pas encore comblé les attentes des Maliens. Des obstacles et non de moindres subsistent encore. Il s’agit notamment de l’indisponibilité de tout le financement nécessaire à la réalisation des projets et programmes prévus, l’insécurité qui prend corps et âme et au nord et au centre du pays et la multiplication des attaques contre l’armée malienne et ses partenaires sur le terrain. Le bout du tunnel est… encore loin.

Idrissa Sako

 

Source: lesechos

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