Mali: un scrutin présidentiel au mois de juillet?

Le gouvernement malien envisage d’organiser, au mois de juillet prochain, une élection présidentielle. Cette annonce intervient au moment où une délégation de l’Organisation internationale de la Francophonie séjourne actuellement au Mali pour s’informer de la situation sur le terrain. Dioncounda_TRAORE

Le mois de juillet est désormais retenu pour l’organisation de l’élection présidentielle malienne. C’est ce qu’affirme Boubacar Sow, directeur de cabinet du Premier ministre malien.

« Les conditions, aujourd’hui encore, me paraissent réunies pour que les élections puissent se tenir au mois de juillet, explique-t-il. Effectivement, au ministère de l’Administration territoriale, les dispositions sont en train d’être prises pour rentrer dans ce délai. Et le ministre de l’Administration territoriale va certainement réunir l’ensemble des conditions pour que ceci soit faisable au mois de juillet. »

M. Sow ajoute qu’évidemment, tout dépendra de la situation sécuritaire sur le terrain, du retour de l’Administration, des déplacés et des réfugiés dans le nord du Mali.

L’annonce officielle du mois où les élections devraient se tenir est plutôt bien accueillie par une délégation de l’Organisation internationale de la Francophonie, en visite au Mali.

L’un de ses membres confie : « Il faut absolument faire des élections, il faut un retour à l’ordre constitutionnel  le plus rapidement possible. Mais naturellement, avec des élections libres, justes et transparentes. La communauté internationale, et notamment l’OIF, va venir en appui avec son expertise au processus de préparation des élections. »

Par RFI

Mali: la Cédéao souhaite le désarmement du MNLA

A l’issue du sommet des chefs d’Etat de la Cédéao qui se tenait mercredi et jeudi derniers à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, l’Afrique de l’Ouest a souhaité que la force de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) soit à terme transformée en une mission de paix de l’ONU. Dans le communiqué final, une déclaration est passée inaperçue. Elle est pourtant importante puisqu’elle stipule que le dialogue inter-malien doit passer par le désarmement des rebelles touaregs du MNLA.rebelles touaregs mnla

Cette déclaration très radicale pose quelques questions, d’abord par rapport à la France, qui en ce moment collabore avec le MNLA à Kidal pour mener sa traque contre les jihadistes. La rébellion touarègue a bénéficié d’un traitement de faveur de l’armée française, qui a fait du MNLA un allié. La déclaration de la Cédéao pourrait donc être interprétée comme une désapprobation implicite de la position des autorités françaises.

Reste à savoir si la France maintiendra cette liaison avec le MNLA une fois les opérations contre al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) terminées. En tous cas, dans les rangs de la rébellion touarègue, l’exigence du désarmement est qualifiée de moquerie. Il n’est pas question d’accepter d’être désarmés avant qu’un dialogue ne s’ouvre avec Bamako et qu’une feuille de route soit signée entre nous, explique Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, chargé des relations extérieures au MNLA.

Autre question posée par cette exigence de désarmement formulée par les chefs d’Etat de la Cédéao : quid de la médiation burkinabè ? Est-elle définitivement enterrée ? Le responsable du MNLA confirme que depuis le mois de janvier dernier, il n’y a eu aucun contact, ni avec le médiateur de Ouagadougou, ni avec les autorités de transition à Bamako.

Par RFI

Abou Zeid mort ou vivant

Abou Zeid, le redoutable émir d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), est certainement un des hommes qui est mort le plus souvent ces dernières années. La rumeur de son décès a couru des dizaines de fois, de Bamako à Paris, en passant par Alger, avec une régularité de métronome. Avant qu’un témoin oculaire direct ou une agence de renseignement occidentale ne vienne doucher les espoirs de tous ceux (nombreux) qui rêvaient de le voir disparaître pour de bon du paysage sahélien. Abou Zeid

C’est peut-être ce qui explique l’extrême prudence des autorités françaises dans cette affaire. Mais, cette fois, l’information est jugée nettement plus sérieuse, « très crédible » d’après un haut responsable américain, absolument véridique selon le président tchadien, Idriss Déby, qui attribue ce succès à ses troupes déployées autour de Kidal au Mali. Même si elle n’était toujours pas officiellement confirmée hier soir, ni à l’Elysée ni au ministère de la Défense.

Pourquoi un tel mystère? S’agit-il de protéger d’une façon ou d’une autre les sept otages français détenus par la katiba du chef terroriste? Paris joue la discrétion. « Depuis quelques jours nous menons une série de raids dans le massif des Ifoghas, au nord du Mali, le sanctuaire d’Aqmi, explique une source militaire. Au cours d’une opération, un convoi de jihadistes a été durement frappé. Plusieurs dizaines de combattants sont morts. Abou Zeid était-il parmi eux? C’est tout à fait plausible. Mais nous attendons des preuves irréfutables pour communiquer sur le sujet. » Lesquelles? La presse algérienne évoque des prélèvements ADN effectués sur le corps du chef terroriste comparés (avec succès, semble-t-il) à ceux de plusieurs membres de sa famille vivant actuellement en Algérie. Mais à Paris, on refusait une nouvelle fois de commenter cette information.

Entre 100 et 150 jihadistes tués ces derniers jours

Ce qui est sûr, en revanche, c’est que les forces spéciales françaises épaulées par des unités régulières, des avions et des hélicoptères de combat et un millier de soldats tchadiens ont lancé, il y a quelques jours, une opération de grande envergure dans cette région montagneuse du Mali (les Ifoghas) où sont cachés les principaux chefs terroristes et leurs troupes les plus aguerries (voir notre édition du 28 février).

La bataille, toujours en cours, se concentre autour des localités de Tessalit et d’Aguelhok, dans l’Adrar de Tigharghar, le sanctuaire d’Aqmi. Les combats sont acharnés. Des tireurs d’élite opèrent côté jihadiste et ils sont difficiles à déloger. Des mitrailleuses et des positions de tir ont été dissimulées par les insurgés dans ce relief accidenté composé de grottes, de souterrains, de pics à plus de 900 m d’altitude. Et les islamistes préfèrent mourir les armes à la main ou se « faire exploser » plutôt que d’être capturés. « Ils ne fuient pas du tout le combat, ils le cherchent au contraire et refusent de reculer d’un pouce, explique-t-on au ministère de la Défense. Nous sommes entrés chez eux, dans leur repaire le plus secret. Et les affrontements sont d’une violence inouïe. »

Selon nos informations, entre 100 et 150 combattants islamistes auraient été tués ces derniers jours. Des clés USB, des GPS, des ordinateurs récupérés sur le terrain sont en cours d’analyse par les services secrets. L’objectif de Paris est clair : détruire les infrastructures terroristes et éliminer un maximum de combattants en engageant tous les moyens disponibles dans cette opération. Avec le concours du dispositif de surveillance américain. Une phase cruciale de cette guerre du désert.

VIDEO. Portrait d’Abou Zeid, l’émir sanguinaire d’Aqmi ( (novembre 2010)

VIDEO. Juin 2012 : Abou Zeid parade dans la ville sainte de Tombouctou

 

Disparitions de nos artistes : Ali Farka, Tata Diakité, Ramata Diakité, Djéssira Koné, Mangala Camara, Chéché Dramé, Bouba Sacko … les oubliés de la nation

Les artistes disparus comme Ali Farka Touré, Tata Diakité, Ramata Diakité, Djéssira Koné et son époux Bouba Sacko, Mangala Camara, Chéché Dramé … sont-ils les oubliés de la nation, après tant de service rendu à leur pays ? C’est la question qui est, depuis belle lurette, sur toutes les lèvres surtout dans le milieu du show biz. Peut-être, c’est l’une des raisons  pour le Domingo de la musique malienne, Salif Kéïta d’anticiper sa retraite dans ce métier, après la sortie de son dernier album  » Talé ». Parce qu’il est, tout simplement, dégouté des conditions de vie de nos artistes. Aucune disposition n’a été prise par l’Etat pour que ces artistes puissent vivre de leur art. Ce qui est l’un des combats de l’Union des Associations des Artistes, des Producteurs et des Editeurs du Mali (UAAPREM) présidée par Salif Kéïta.

Ramata Diakité

Je ne sais pas ce que l’Etat fait pour nos artistes qui sont décidés. Ils sont oubliés par la nation. Je peux citer, entre autres, Ali Farka Touré, Ramata Diakité, Mangala Camara, Chéché Dramé…. Alors que ces artistes ont beaucoup fait pour leur pays. Ils étaient les ambassadeurs avant leur mort, mais, après, ils sont totalement oubliés par tout le monde même leurs fans. Ce que les gens oublient, c’est que la plupart de ces artistes sont disparus dans de conditions déplorables. Ils n’avaient rien puisque la piraterie a tué leur musique. Je pense que le gouvernement doit créer  une structure uniquement pour s’occuper de nos artistes. Sinon, la musique malienne est en voie de disparition. Il faut se poser la question de savoir  comment les familles de ces artistes vivent  aujourd’hui ». Ces propos sont l’un des opérateurs culturels, qui a voulu garder l’anonymat.

En fait, plusieurs artistes maliens sont décédés ces dernières années. Et depuis, on ne parle plus d’eux. C’est très rare d’entendre leur musique sur la radios nationale et même sur les radios privées. Parmi ces artistes, figurent entre autres, Ramata Diakité, Tata Diakité, Mangala Camara, Chéché Dramé, Djéssira Koné et son époux Bouba Sacko…. A titre de rappel, Tata Diakité nous a quittés, il y a dix ans. Elle est décédée à l’âge de 27 ans, le 24 janvier 2003, des suites d’un accident sur  la route à San. Elle revenait d’un concert à Gao avec son époux, Dossolo Kanté. Elle est morte en laissant trois enfants dont deux filles et un garçon. Elle avait à son compte deux albums. L’une de ses filles se promène actuellement dans les bars pour animer des spectacles afin de vivre.

Aly Farka Touré

Après Tata Diakité, ce fut le tour de Ali Farka Touré. Ce grand homme de la musique malienne est décédé, le 7 mars 2006, à 67 ans, des suites d’une longue maladie. Il laisse du coup la musique malienne orpheline. Ali était un véritable ambassadeur de la culture malienne. Il dispose de deux Grammy Awards.  C’est le 30 octobre 2009 que la chanteuse Ramata Diakité  nous  a quittés, à 35 ans. Elle a rendu l’âme à Ouagadougou où elle s’était installée, après son mariage avec un Burkinabé du nom d’Ousmane Sanou. Ramata n’a eu que deux enfants, malheureusement, ils sont tous décédés. Elle a été sacrée plusieurs fois meilleure artiste du Mali. En 2006, elle a remporté le Tamani d’or.

Cheche Dramé

C’est à la suite d’une courte maladie que la grande cantatrice Djéssira Koné est décédée, le 11 octobre 2008. Deux ans après, son époux Bouba Sacko la suivra. Ce grand guitariste s’est éteint dans l’anonymat  total à l’hôpital Gabriel Touré.

En 2010, la musique malienne a également perdu deux grands artistes. Il s’agit de la jeune et talentueuse artiste, Chéché Dramé, morte des suites d’un accident sur la route de Kayes, le 15 septembre. Une semaine après, le monde de la musique malienne sera endeuillé avec la disparition de Mangala Camara.

Alou Badra HAIDARA

Circulation routière à Bamako : De mal en pis

Circuler à Bamako est devenu un casse-tête chinois. La poussée phénoménale du parc automobile ne tient pas compte de l’exiguïté des routes. S’y ajoutent l’incivisme et la méconnaissance du code de la route par le plus grand nombre des usagers.

« Il y a vingt ans, Bamako n’était pas si animée. Les rues étaient vides, à telle enseigne que l’on se demandait s’il s’agissait bien d’une capitale », constate un retraité de la fonction publique. L’octogénaire reconnaît qu’aujourd’hui le visage de la cité des trois caïmans à bien changé, et que les routes sont devenues trop petites.

La croissance de la ville s’est accompagnée d’un besoin accru de moyens de transport. La vétusté du parc existant, l’insuffisance et la fragilité des infrastructures routières imposent de trouver des solutions pour faciliter la circulation, notamment aux véhicules à deux et quatre roues.

En effet, pendant les heures de pointe, il faut user de toutes les acrobaties possibles pour s’en tirer. Les jours ouvrables, il ne faut surtout pas se lancer entre 6 h 30 et 9 h GMT, car c’est le moment où presque tout le monde sort pour aller vaquer à ses occupations. Puis même chose de 16 h à 19 h, heure des retours. Les autoroutes, celle qui mène au monument de l’UA et celle qui relie Baco Djicoroni au centre-ville, sont quasiment impraticables à ces heures-là.

Les travailleurs des entreprises privées sont généralement les plus matinaux. Ils mettent tout en œuvre pour s’épargner les ennuis de la circulation. En ce qui concerne les fonctionnaires, il faut attendre 8 h (voire 9 à 10 h) pour les voir se ruer sur les artères comme des essaims d’abeilles.

La croix et la bannière

Mercredi 27 février 2013. Il est 8 h. Nous sommes à la montée du pont Fahd, au cœur de la capitale, passage obligé pour beaucoup de personnes qui travaillent au centre-ville. À ce moment de la journée, la circulation est dense. De longues files de véhicules, motocyclistes et piétons s’étirent de part et d’autre du croisement. Deux policiers de service sur les lieux s’activent à régler le passage et éviter les accrochages. « Nous sommes ici depuis 6 h du matin pour régler la circulation. Les feux qui nous aidaient ne fonctionnent plus depuis plusieurs mois. Nous n’en savons pas les raisons. Toujours est-il qu’il faut rapidement remédier à cette défaillance », commente un des agents, posté devant le pont Fahd au Quartier Mali. « C’est très fatigant d’être tout le temps sous le soleil et la chaleur. Mais nous n’avons pas le choix. Sinon on n’en finira pas avec les accidents. C’est une situation qui n’a que trop duré », ajoute notre interlocuteur. Selon le commandant Magassouba, de la Compagnie de circulation routière, « le rôle de nos agents est de réguler la circulation, d’intervenir pour sécuriser les usagers en détresse ».

L’incivisme et l’indiscipline ont toujours contribué à accentuer les embouteillages. La prolifération des deux-roues et le non-respect du code de la route sont aussi des facteurs aggravants d’accidents. En 2012, plus de 12 000 accidents ont été recensés au service des urgences de l’hôpital Gabriel-Touré. « Je ne vous apprends rien quand je vous dis que la circulation est de plus en plus dense chaque année. Avec ce nouveau phénomène, la patience des usagers de la route est, quant à elle, en diminution constante. Et si vous observez attentivement le comportement de ceux-ci, vous découvrez que la courtoisie au volant devient rare. En une seule journée, j’ai failli me faire renverser trois fois par des automobilistes », affirme Oumar Cissé, universitaire à Bamako qui pense comme Sartre que « l’enfer, c’est les autres ».

Poussée du parc automobile sur des infrastructures exiguës

Selon des chiffres officiels, le parc automobile national est constitué de 122 915 véhicules dont  89 065 engins utilitaires. Il se caractérise par sa vétusté, avec un âge moyen de seize ans, tous genres confondus.

Environ 200 agents sont mobilisés quotidiennement pour fluidifier la circulation et sécuriser les usagers dans 51 carrefours du district. L’effet escompté reste cependant peu visible.

 

Par David Dembélé

depechesdumali.com

Exclusif : Intervention au Parlement européen à Bruxelles sur le thème: La crise malienne: Quel processus politique, et quelle réconciliation nationale?

soumaila cisse urdMonsieur le Président,

Honorables parlementaires,

Chers amis du Mali,

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais exprimer aux Organisateurs de cette Conférence sur le Mali mes sincères remerciements et ma gratitude pour leur invitation. Elle est, à mes yeux, à la fois, une marque de délicatesse et le signe d’une réelle volonté d’appréhender, avec les acteurs politiques maliens, les enjeux de la crise majeure que traverse le Mali. Je n’ignore pas que ce Parlement, qui nous accueille, cœur vibrant de la démocratie en Europe, a été parfois le théâtre de confrontations entre Maliens, qui n’ont pas toujours permis le triomphe des idées.

Je veux me hisser à la hauteur de votre considération et souhaiter que la sérénité soit le maître-mot de nos échanges, loin des outrances qui font le lit des extrémismes, mais aussi de la complaisance qui s’apparenterait à un déni de réalité.

Permettez-moi aussi de saluer les membres du parlement européen et de remercier chaleureusement le groupe Verts/ALE pour son initiative pour le Mali. À vous tous, je dis merci au nom du peuple malien tout entier.

Permettez-moi enfin d’avoir une pensée émue pour toutes les victimes civiles et militaires de la crise qui secoue encore mon pays, le Mali.

Puisse Dieu bénir nos actions pour honorer leur mémoire, leur combat pour la paix et la prospérité du Mali.

Monsieur le Président,

Il y a quelques années, entre un officier de police qui examinait mon passeport et moi, a eu lieu, dans un aéroport américain, au cours d’un de mes nombreux voyages professionnels, ce curieux dialogue :

– « vous êtes né à Tombouctou? demanda-t-il, dubitatif.

– oui, répondis-je, le plus naturellement du monde.

-TinBuktu existe donc vraiment? reprit l’officier.

– Bien sûr! rétorquai-je, au grand bonheur du fonctionnaire, visiblement heureux d’avoir fait une grande découverte !

Oui, je suis né à Tombouctou, je suis originaire du Nord du Mali, c’est le « royaume » de ma tendre enfance.

Mon père, juste après la 2ème guerre mondiale a ouvert les écoles nomades de Rharous et de Menaka.  C’est dans ce nord du Mali, qu’il a passé les dix premières années de sa longue et riche carrière d’instituteur, et moi, les six premières années de mon existence, souvent à dos de dromadaire au gré du déplacement des élèves, de leur famille et de tout le campement nomadisant au rythme des saisons et des pâturages.

Quand en janvier 2012, j’étais de passage à Rharous, dans le cadre de ma campagne politique, j’ai encore une fois mesuré la générosité de cœur des populations locales par l’accueil fait au fils, en souvenir du père, le fondateur des « écoles des sables » et de son épouse.

Vous comprenez, Monsieur le Président, à quel point, je suis doublement concerné et combien je suis moralement interpellé.

Aujourd’hui, personne sur cette planète, ne doute de l’existence de Tombouctou.  Hélas, des groupes terroristes liés à l’Islamisme radical et à la criminalité organisée à travers le trafic de drogue et d’armes, des enlèvements ou l’immigration clandestine, se sont chargés de faire connaître le Mali. De bien triste manière, hélas !

Ces envahisseurs barbares, sans foi ni loi, ont soumis les populations à toutes sortes d’exactions, de violences et d’humiliations, entraînant le déplacement d’environ un demi-million de personnes à l’intérieur et hors du territoire national.

Mesdames, Messieurs,

Je suis fier de le dire : la communauté internationale a répondu à l’appel du Mali : ainsi, aujourd’hui, grâce à l’intervention de l’armée française et des armées africaines, aux côtés des forces armées du Mali, dans le cadre des résolutions 2056, 2071 et 2085 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le Mali recouvre progressivement son intégrité territoriale. Mais nous sommes conscients que, cette assistance militaire, pour aider le Mali à recouvrer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, doit être rapidement relayée par un PROCESSUS POLITIQUE et une RECONCILIATION NATIONALE pour apporter une réponse rapide, efficace et surtout durable à la crise de développement et de gouvernance qui sont les causes profondes de cette crise .

LE PROCESSUS POLITIQUE

Le processus politique doit comporter deux volets.

1.      Le premier volet est UN DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF SUR L’AVENIR DES RÉGIONS DU NORD.

La première leçon à tirer de la crise, c’est, en effet, le besoin impérieux de rupture dans la manière de gérer l’ensemble du Mali en général et les régions du Nord en particulier. C’est pourquoi, il est indispensable et urgent de mettre en place un dialogue politique inclusif afin d’écouter les différentes composantes des régions du Nord sur leur vision et leur conception de l’avenir, de leur avenir, vivant ensemble, en harmonie et en complémentarité comme par le passé.  C’est aux habitants de ces zones qu’il revient d’abord d’analyser objectivement leurs préoccupations et les solutions préconisées, afin d’y apporter des réponses à la hauteur des enjeux, compatibles avec les exigences d’un Etat où continue de prévaloir la riche diversité ethnique, culturelle et religieuse. Dans un conflit, la cessation des hostilités n’est en effet qu’une étape vers le règlement définitif. Après la reconquête militaire des territoires occupés, le Mali ne pourrait faire l’économie d’un dialogue inter-malien pour régler ce douloureux conflit fratricide. Il s’agit de libérer la parole pour que les gens puissent dire ce qu’ils ont sur le cœur et indiquer leurs réelles attentes : c’est, peut-être le plus gros défi.  Il faut absolument amener les gens à s’élever au-dessus de la mêlée pour garantir la paix et éviter des situations de règlement de compte.

Avec qui négocier et à quelles conditions ?

Par définition, un processus politique inclusif ne doit exclure personne à priori.

Ainsi, les mouvements armés, les groupes ethnoculturels de résistance, les associations de la Société civile, les élus, les leaders religieux et coutumiers des régions du Nord, en premier lieu, et ceux des autres régions du Mali aussi, ont tous vocation à prendre part au nécessaire dialogue inter-malien.

Toutes et tous, oui, car, il faut assurer la prise en compte des intérêts de toutes les populations maliennes sans distinction de race, d’ethnie et de religion dans la refondation d’un Etat malien républicain et laïc, dans la restauration de la nation sur le socle de la justice et de la démocratie : c’est cela le fondement du vivre et du construire ensemble. Ensemble ? oui, car il n’y a pas d’autre choix : ce pays appartient à tous, il nous est prêté par nos petits-enfants, nous devons le leur léguer, plus prospère, plus intégré et plus solidaire. C’est le minimum des devoirs pour les « descendants des bâtisseurs d’Empire », titre que tous, et, ensemble, nous revendiquons, légitimement !

Ainsi, tous doivent accepter:

–  Le respect sans équivoque de la Constitution du Mali dans son essence, en particulier dans ses dispositions relatives à l’intégrité du territoire, à son indivisibilité, à la laïcité et au caractère républicain de notre Etat.

–  L’acceptation de la traduction devant la justice nationale /et ou internationale des personnes (de tous bords) sur lesquelles pèsent de sérieuses présomptions de crimes à l’occasion du conflit.

 Quoi négocier ?

Deux sujets sont à négocier: l’avenir institutionnel des régions du Nord, et leur développement socioéconomique intégré.

–  L’avenir institutionnel des régions du Nord

La pluralité des communautés vivant dans le Nord du Mali est riche d’une diversité comprenant nomades comme sédentaires, blanc comme noirs qu’ils soient d’ethnie sonrhai, Touareg, Peul, Maures, Arabes, Bozos et bien d’autres.

Avec la crise et ses effets pervers, avec les divergences sur l’analyse de l’avenir institutionnel de ces régions, et la crispation due aux évènements actuels, tout cela fait qu’il est difficile d’avoir des discussions productives et apaisées dans le contexte actuel.  Dans ces conditions, toute idée d’autonomie, à fortiori de fédéralisme, ne manquerait pas d’exacerber les tensions communautaires au Nord d’une part,  et entre le Nord et le Sud d’autre part, car cela touche au partage de compétences et de ressources, entre autres.

De plus, il faut avoir à l’esprit qu’avec une population représentant 10% de la population malienne sur un territoire représentant les 2/3 de la superficie du pays, avec des ressources très limitées, les plus faibles du pays, le fédéralisme serait un très grand défi. En revanche, on s’accorde généralement sur le fait que la décentralisation en vigueur au Mali n’a pas été exploitée à fond.

Cette crise nous offre donc l’opportunité de donner un nouvel élan à la décentralisation notamment à travers un certain nombre de pistes:

–  un transfert effectif des compétences et des ressources sur le terrain dans les domaines légalement transférés comme l’hydraulique, l’éducation et la santé, ainsi que sur des questions sensibles comme les aspects culturels et linguistiques pour une meilleure prise en charge des diversités.

–  un rééquilibrage de la décentralisation en faveur des régions, dépassant le simple cadre communal, par une politique de grands travaux et une politique offensive d’aménagement du territoire qui valorise l’échelon régional.

Il faut donc un véritable plan Marshall pour le Mali en vue de rééquilibrer le développement du territoire. Un véritable centre névralgique d’activités dans le nord du pays pourrait être une piste à explorer car c’est le développement économique qui permettra d’éradiquer le terrorisme.

–  l’allégement de la tutelle des collectivités et le renforcement de la déconcentration administrative pour rapprocher l’Etat de ses administrés.

Comment dialoguer ?

Nous proposons un dialogue en deux étapes : une concertation entre les populations et acteurs des régions du Nord, et une validation avec l’ensemble des autres composantes de la nation malienne dans le cadre d’un forum national sur le Nord.

2.      Le deuxième volet du processus politique est L’ORGANISATION D’ÉLECTIONS TRANSPARENTES ET CRÉDIBLES.

La crise que traverse le Mali nous amène à nous interroger sur la qualité de notre processus électoral, processus marqué par des dysfonctionnements longtemps critiqués. Progressivement, nous avons assisté à une défiance des citoyens vis-à-vis de leurs dirigeants, et même de la chose politique.

Remettre sur pied un processus électoral fiable et crédible devient donc un enjeu stratégique de la transition. Pour installer le Mali dans un cercle vertueux nous proposons trois pistes de solutions :

–  D’abord mettre en place des mécanismes vigoureux aptes à enrayer la fraude.

–  Ensuite accroître le taux de participation

–  Enfin mettre en place des mécanismes solides de recevabilité pour tous les élus.

En tout état de cause, LE PROCESSUS POLITIQUE A METTRE EN PLACE DOIT REFONDER LA DÉMOCRATIE MALIENNE A TRAVERS UNE RÉCONCILIATION NATIONALE VERITABLE ET DURABLE

La gestion de l’après crise doit interpeller tous les Maliens soucieux de l’avenir et de la stabilité de la nation, tant le conflit a créé des déchirures dans la société.

Comment réparer les blessures et réduire les fractures ? Comment reconstruire le « vivre ensemble » entre les divers groupes ethnoculturels du pays ? Ce questionnement aussi complexe que pertinent constitue tout l’enjeu des prochains mois, voire des prochaines années.  Il s’agira de reconstruire les liens sociaux brisés, et de prendre en charge la gestion adéquate des problèmes aussi bien des populations résidentes que des déplacés et des réfugiés.

A cet égard, le « Vivre ensemble » passera aussi par l’apurement des situations conflictuelles récurrentes comme les questions foncières. Au-delà du règlement du conflit, la réconciliation doit ainsi viser son dépassement par la reconstruction d’une société capable d’affronter une histoire commune en acceptant ses aspects souvent douloureux.  La réconciliation doit en effet s’accompagner d’un pardon sincère non pas par l’effacement du passé, mais par son dépassement pour envisager un avenir commun qui reconnaît les droits et devoirs de chaque communauté à travers des solutions équilibrées et respectueuses des identités.

Pour y arriver, le Mali devra puiser dans son socle culturel les moyens et  instruments endogènes de médiation sociale pour ré-incarner et ré-inventer les solutions les mieux adaptées à sa situation.

La société malienne dispose en effet de formules socioculturelles rodées de réconciliation qu’il nous faudra nécessairement revisiter et valoriser.

Nous devons rechercher dans notre mémoire collective les mythes, les us et coutumes, les faits culturels propres aux différents groupes ethnoculturels capables de nous aider à refonder ce « vivre ensemble » largement entamé.

Il faudra, à cet effet, encourager le dialogue inter et intra-communautaire inclusif, en commençant par sécuriser, et accompagner le retour des déplacés et des réfugiés.

En tout état de cause, la tolérance, le dialogue et l’affirmation de valeurs communes en matière de libertés fondamentales et de droits humains doivent être les piliers de cette nécessaire reconstruction.

Dans le même ordre d’idées, l’institution de « Comités Vérité et Réconciliation » pourrait être envisagée, de même que l’adoption d’une « Charte du Vouloir Vivre Ensemble ».

Cette charte viserait la promotion et la diffusion de la culture de la paix et des droits humains fondées sur des valeurs, attitudes, et comportements qui favorisent le respect de la vie, de la personne humaine et de ses droits, le rejet de la violence sous toutes ses formes, la reconnaissance de l’égalité des droits et des chances entre les hommes et les femmes, le droit de tout individu à la liberté d’expression, d’opinion et d’information, l’attachement aux idéaux de démocratie, de liberté, de justice, de tolérance, de solidarité et au principe du pluralisme politique, ainsi que l’acceptation des différences et de la compréhension entre les groupes ethniques, religieux, culturels et entre les individus.

Monsieur le Président

Chers amis,

La tâche paraît ardue.

C’est pourtant un défi que nous pouvons relever en nous basant sur la grande tolérance de la société malienne.

Des liens sociaux ont certes été brisés par le conflit, mais il n’y a pas de haine irréversible entre les communautés.

Dans notre grande majorité, nous avons tous cet atavique sentiment d’appartenir à une même nation. Dans notre grande majorité, nous avons cette forte volonté de rebâtir une nation forte où la diversité sera respectée. Dans cette tâche, nous savons compter sur nos amis à travers le monde, dont l’Union européenne qui a toujours été aux côtés du Mali dans les heures les plus difficiles.

Chers Amis,

J’ai commencé par vous parler de Tombouctou la ville qui m’a vu naître, j’aimerais terminer sur une question personnelle.

Une réflexion qui résume la pensée humaniste de TOMBOUCTOU et qui est à la base de sa tolérance et de son mythe fondateur axé sur son cosmopolitisme, hérité de la générosité de ses habitants et l’érudition de ses intellectuels.

Né à Tombouctou, la Cité des 333 Saints, mon père est Sonrhai, ma mère est Peule, ma femme est Bambara, ma belle-fille est Arabe.

Alors dites-moi, dites-moi vraiment, de quelle ethnie est Soumaila Seyni, mon petit-fils, qui a juste un an?

Je souhaite qu’il ne se pose jamais cette question, mais, si d’aventure on la lui posait, qu’il réponde tout simplement : « JE SUIS MALIEN ET FIER DE L’ÊTRE ».

Je vous remercie

 

Par Soumaïla Cissé, ancien Président de la Commission de l’UEMOA

Membre Fondateur de l’Union pour la République et la Démocratie -URD-

Mamady Kaba: « J’invite les patrons de presse à professionnaliser davantage le métier de journalisme »

Dans la vie, le courage doit être la première arme pour réussir. En effet, Mamady Kaba, est un  journaliste qui a su faire parler de lui partout où, il est passé, en laissant bien-sûr des souvenirs inoubliables. De L’Indépendant en passant par l’Essor, jusqu’à l’Etat du Michigan où il a étudié et vit depuis plus d’une dizaine d’années, il est resté égal à lui même avec un courage fou mais toujours attaché à ses valeurs culturelles. Reconnaissant envers la presse, l’homme de passage à Bamako, a bien voulu nous rendre visite au groupe Somapresse. L’occasion, pour nous, de le rappeler à ceux qui furent ses lecteurs de quant il était au Mali et aussi permettre à d’autres de le connaitre afin qu’ils s’inspirent de lui comme  modèle. La quarantaine bien sonnée, il est soucieux de l’épanouissement de la presse  malienne.          

Bilingue Mamady Kaba est natif de Kéniéba, dans la région de Kayes, où il a fait ses premiers pas à l’école de l’homme blanc jusqu’en classe de 9e année. De là, il est venu à Bamako, pour poursuivre ses études, à l’institut national des arts (INA) où il a fait animation socio- culturelle. Au bout d’un an de stage en 1997, il part au quotidien national l’Essor où il a exercé  le métier pendant 6 ans. C’est là qu’il a eu l’opportunité de faire le journalisme au Cesti de Dakar en 2000. A  son retour, il a exercé la profession pendant deux ans jusqu’à ce qu’il décide en 2002 de découvrir d’autres horizons en  allant aux Etats- Unis. Sa destination finale a été l’Etat du Michigan. Là, il s’est inscrit au  » Western Michigan University  » où il a étudié la conception graphique, des cours en relation avec la presse où il a appris les logiciels de montage des journaux, couronné par un DEUG. Il a continué pour obtenir un bachelor en communication des entreprises et gestion des affaires. Ces différents diplômes lui ont permis de travailler dans une entreprise américaine dénommée  » Target  » qui fait la distribution des produits alimentaires. Pour sa part, Kaba, s’occupe de la chaîne de distribution dans la boîte.

Puisqu’il reste un passionné de la presse, il continue de produire côté boulot, des articles pour l’Essor et le site maliweb. Parallèlement à son boulot, de temps à autre, il travaille pour les Nations Unies en qualité de journaliste quand il a le temps, pour des reportages. Toute chose qui lui a permis en 2011 de participer au sommet des  Nations Unies sur les pays, les moins avancés à Istanbul.

L’homme estime que c’est la presse qui l’a façonné à être ce qu’il est aujourd’hui. C’est en 2000 qu’il est allé pour la première fois au sommet du Millénaire des Nations Unies. Cela lui a donné l’idée de prendre contact avec les universités pour voir s’il pouvait faire des études plus poussées et comment monter les dossiers. Le journalisme lui a permis d’avoir un  carnet d’adresses bien fourni. L’homme est déçu de ce que certains journalistes continuent d’être des journalistes alimentaires. Toute chose qui le décourage. De ce fait, Kaba, invite les patrons de presse à professionnaliser davantage ce métier noble si nous voulons que ça avance. La formation, les outils de travail, les ressources doivent être disponibles pour permettre de faire de bons reportages. Quant aux autorités, elles doivent aider la presse à se vendre partout sur le territoire.

Par ailleurs, le journaliste malien du Michigan suit de près les activités des maliens des Etats-Unis sans pour autant s’enraciner dans une association. Quand bien même, ces associations selon lui, permettent de faire connaitre le Mali aux Etats- Unis à travers sa culture et ses valeurs.

Ce malinké bon teint raffole de couscous malien à la sauce feuille et de djouka. Ce passionné de lecture est père de jumelles Jewell Aïchata Kaba et Ariana Fatimata âgées d’environ 6 ans qu’il a eues d’un premier mariage avec une américaine blanche qui travaille dans une fabrique de produits pharmaceutiques. En bon Américain pour lui le temps, c’est de l’argent. C’est l’idéologie que l’homme essaye de mettre en pratique en travaillant dix heures par jour en temps normal, dès fois 12 heures avec seulement 4 à 5 heures de sommeil. Ce qui fait qu’il a rarement de temps libre. Le peu qu’il a, il l’accorde à ses deux petits bouts de choux, Aïcha et Fatim.  Il compte monter des affaires au pays, d’où cette visite de terrain pour voir ce qu’il peut concrètement faire et qui profitera au pays et aux habitants et à lui- même.

Fatoumata Thiam KONE

Trésor public : Les plus gros salariés du Mali

Le président du Comité militaire de Suivi de la Réforme des Forces de Défense et de Sécurité perçoit mensuellement la somme de 3.950.000 Fcfa. Tout comme le Vérificateur général. Les deux hommes sont ainsi, les mieux rémunérés de tous les fonctionnaires maliens.

amadou haya sanogo verificateur general

Sur la base d’un document officiel, nous vous livrons les faramineux gains de ces hommes et de certains cadres maliens.

En effet, le désormais président du Comité de Suivi de la Réforme des Forces de Défense et de Sécurité a droit à un traitement mensuel de 2.500.000 Fcfa. A cela, s’ajoutent une indemnité de responsabilité de 300.000 F, une prime de sujétion pour risques de 250.000 F, pour la consommation d’eau d’électricité et de téléphone de 400.000. Ce qui équivaut exactement à 3.950.000 Fcfa par mois. Il bénéficie aussi d’un véhicule de fonction, de la gratuité des soins et examens médicaux et d’un régime d’assurance courant les accidents de transport par voie aérienne ou de surface.

Le Vérificateur général perçoit aussi 3 950 000 Fcfa, par mois.

Ce montant est réparti comme suit : salaire de base 2 500 000 Fcfa, indemnités de responsabilité 300 000 Fcfa, prime de sujétion 250 000 Fcfa, indemnités de logement 500 000 Fcfa, indemnité forfaitaire d’entretien (consommation eau et électricité téléphonique) 400 000 Fcfa.

A quelques différences près, le traitement mensuel de l’adjoint du Vegal est réparti de la même manière.

Ainsi, le président du CMSRFDS, le Végal et son adjoint précèdent, avec un grand écart, le Premier Ministre, les membres du gouvernement et assimilés, les députés, ainsi que le Médiateur de la République.

Outre ces personnalités, les collaborateurs du Vegal, c’est-à-dire les Vérificateurs (une vingtaine) ont une rémunération mensuelle totale de 2 400 000 Fcfa.

La rémunération mensuelle du Chef du Gouvernement s’élève à 1 197 250 Fcfa. Elle comprend un salaire de base de 497 250 Fcfa et une indemnité forfaitaire de représentation fixée à 700 000 Fcfa.

Les membres du gouvernement et assimilés bénéficient, en plus de la gratuité du logement, d’un salaire de base de 351 000 Fcfa majoré d’une indemnité forfaitaire de représentation et de domesticité de 350 000 Fcfa ainsi qu’une indemnité forfaitaire d’entretien fixée à 250 000 Fcfa.

Autrement dit, les ministres et assimilés perçoivent mensuellement 951 000 Fcfa.

Notons également, qu’à l’expiration de leur mandat, les membres du gouvernement bénéficient d’une indemnité de sortie dont le montant équivaut à trois mois de salaire de Ministre.

Les membres du gouvernement sont suivis des députés qui perçoivent chacun, en moyenne 876 000 Fcfa par mois. Ils devancent légèrement le Président de la Cour Constitutionnelle qui bénéficie, en plus de la gratuité du logement, d’un traitement mensuel de 854 600 Fcfa.

Dans le classement, le Médiateur de la République vient après le Président de la Cour Constitutionnelle, avec un traitement mensuel de 821 750 Fcfa. En plus de ce traitement pécuniaire, le Médiateur bénéficie aussi de la gratuité du logement au même titre que le Président (Présidente) de la Cour Suprême dont le traitement mensuel s’élève à 530 000 Fcfa.

 

Boubacar Sankaré

Le Mali enlève son premier trophée au Fespaco 2013: « Toiles d’araignées » enlève le prix spécial Sembene Ousmane

Le porte-drapeau du Mali en long métrage, « Toiles d’araignées », a enlevé vendredi 1ermars, le prix spécial Ousmane Sembene. Le réalisateur reçoit une somme de 2 millions et un trophée.

Nous sommes vendredi 1er mars 2013. Il est 16 h 30 dans l’espace aéré de la BECEAO à Ouaga 2000. Et c’est l’heure de la traditionnelle cérémonie de proclamation et de remise des prix spéciaux du Fespaco. Autorités, invités, réalisateurs, comédiens, journalistes et autres festivaliers sont tous  sur place pour être des témoignes  oculaires de cette autre phase de la  biennale du Cinéma africain.

Ainsi, sur la vingtaine de prix spéciaux qui ont été remis, le seul long métrage du Mali en compétition officielle, « Toiles d’araignées » de Ibrahima Touré a enlevé,  sans surprise, le prix spécial Sembene Ousmane de la Fondation Ecobank. Les critères de ce prestigieux prix se résument à la défense des droits humains et la dignité du continent africain.toile-arraignée film

Les membres du jury avaient retenu huit œuvres cinématographiques. Après avoir visionné et critiqué sans ambages les films en compétition, le jury a porté son choix sur « Toiles d’araignées » pour « sa qualité technique et  son engagement dénonçant à la fois la condition de la femme et le milieu carcérale ».

A l’absence du réalisateur et du directoire du Centre national cinématographique du Mali, le prix a été reçu par  un des monuments du cinéma africain, l’ancien ministre de la Culture, Cheick Oumar Cissoko. Le prix Sembene Ousmane est d’une valeur de 2 millions de FCFA et un prestigieux trophée.

Par ailleurs, le jury a décerné une mention spéciale au jeune  et talentueux acteur théâtral, Aboucar Belco Diallo, qui joue le rôle du professeur Yoro Diakité dans le film primé.

Le grand prix de la biennale du septième art africain sera remis, samedi 2 mars au stade du 4 août au cours d’une grandiose fête,par le président du Faso, Blaise Compaoré.

Soumaïla GUINDO, depuis Ouaga

Mali : «Nos troupes font face à une incroyable résistance»

Alors que les spéculations se poursuivent sur le sort d’Abou Zeid, un chef d’Aqmi, une vaste opération est en cours dans le massif de l’Adrar de Tigharghar.Abou-Zeid

Vendredi matin, le ministère de la Défense français ne disposait toujours pas d’informations sur la mort, ou pas, d’Abdelhamid Abou Zeed, l’un des chefs d’Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique). Cette rumeur, qui aurait commencé à circuler le 26 février, ne serait pas davantage confirmée par les autorités militaires algériennes interrogées par Paris ni par aucune autre autorité officielle africaine. La première source présentant ce décès comme une certitude est la chaîne de télévision privée algérienne Ennahar TV, reprise le 28 février par le site de Paris Match. Le site de l’hebdomadaire précise : « Une source proche du renseignement français a confirmé jeudi soir le décès du chef terroriste, indiquant qu’au moins 43 autres personnes étaient mortes avec lui lors des frappes aériennes françaises appuyées par des drones américains et suivies par un raid des forces spéciales françaises avec des éléments touareg. »

À l’état-major des armées à Paris, on disait dans la soirée du 28 « ne pas avoir d’éléments » qui permettraient de confirmer ou d’infirmer l’information. Le Monde a envoyé jeudi soir une alerte à ses abonnés, qui levait toute ambiguïté : « Abou Zeid a été tué au Mali. » Le journal citait « une bonne source proche des opérations militaires en cours dans le nord du Mali », sans autre précision. Au ministère de la Défense, on reste prudent, en indiquant que l’absence d’éléments ne signifie pas qu’il ne s’est rien passé : « Des vérifications sont en cours ! »

Très grosse opération en cours

Ce qui est certain, c’est qu’une très grosse opération se déroule depuis une semaine dans une zone montagneuse de plus de 600 kilomètres carrés, dans l’Adrar de Tigharghar, à l’est des localités de Tessalit et Aguelhok, dans le nord-est du Mali. Une source bien informée nous confie : « Nos troupes font face à une incroyable résistance, les défenseurs sont acharnés et ne cherchent nullement à s’échapper. Nous ne savons pas à ce stade ce qu’ils protègent, si c’est leurs chefs ou des otages, mais ils ne lâchent rien ! » Le bilan est extrêmement lourd, puisque, selon Paris, 40 djihadistes auraient été tués par les Français, et 90 autres par les Tchadiens, qui auraient eux-mêmes subi de lourdes pertes : 25 tués dans leurs rangs.

La progression des troupes françaises et tchadiennes est appuyée par des avions, des hélicoptères de combat, des mortiers et des canons d’artillerie de 155 mm Caesar. Mais l’avancée reste lente, dans un terrain où il est très difficile de se cacher. Deux camps de combattants djihadistes récemment évacués ont été repris. Ils avaient été nettoyés, et l’un d’entre eux avait abrité des otages. Depuis quand sont-ils partis ? C’est toute la question. Des informations recueillies par Le Point font état de la dispersion de nombreux combattants, dont les pick-up difficilement identifiables circulent désormais isolément. L’hypothèse du départ des sept otages français vers un ou plusieurs autres pays, éventuellement la Libye, n’est plus totalement exclue par les services de renseignements français.

Discrétion

À ce stade, les moyens engagés demeurent très importants. 1 200 soldats français appartenant au 3e groupement tactique interarmes (GTIA 3) et au groupement tactique interarmes aéroporté (GTIA TAP) sont présents autour du massif. Selon l’état-major des armées, près d’une quinzaine d’ateliers et de caches d’armes ont été découverts depuis le début de ces opérations, qui ont permis la récupération de quatre mortiers de 82 mm, environ 70 roquettes de 122 mm, neuf sacs de 50 kg de produit explosif et trois bonbonnes d’explosif artisanal. Une dizaine de sites logistiques auraient été détruits, de même qu’une quinzaine de pick-up et un blindé BRDM2 qui avait été naguère volé à l’armée malienne. Les Français sont d’une exemplaire discrétion sur les troupes maliennes qui les accompagneraient, évoquant « la présence d’un élément malien ».

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