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Vie de la nation : Du cahin-caha chez les religieux

Plus rien ne va chez les religieux de notre pays qui semblent avoir beaucoup de points de discorde.

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Les religieux (photo archives)

Si les jeunes réclament la tête du président du Haut Conseil Islamique, Mahamoud Dicko, ce  dernier semble serein car il pense avoir beaucoup de légitimité. Il soutient également que les religieux ne sont proches d’aucun homme politique, donc il n’y aura aucune consigne de vote.  De son coté, le guide spirituel de Ansardine, Ousmane Chérif Madani Haidara, affirme lors du congrès international de son mouvement que les religieux ne resteront pas les bras croisés  pendant que le pays brûle et qu’ils n’accepteront plus que n’importe qui vienne au pouvoir.

 

Ce tohu-bohu, ce petit jeu de « je t’aime, moi non plus » se passe dans un calme précaire qui  couve sous des braises ardentes d’une atmosphère de tension qui divise les religieux.

 

Si l’UJMMA réclame la tête de Mahamoud Dicko à qui elle reproche de vouloir s’éterniser au sommet de la hiérarchie confessionnelle,  ses membres semblent être divisés sur la question du renouvellement des instances de l’institution. Une dissidence qui serait favorable à la cause de l’imam Dicko s’est créée.

 

Par rapport aux élections, ce dernier affirme que son institution ne peut donner de consigne de vote pour des raisons très simples. D’abord la religion n’a rien à voir avec la politique, ensuite c’est son institution qui dirige la CENI, cheville ouvrière de l’organisation des élections. Et que pour ces raisons, le HCI ne donnera aucune consigne de vote au grand dam des hommes politiques qui font la queue et lorgnent l’accompagnement de cette institution qui mobilise de grandes foules. Mais d’aucuns pensent que Dicko est loin d’être sincère dans ce qu’il dit, car lors d’un meeting que son institution avait organisé au stade du 26 mars, l’imam Dicko a affirmé que les religieux ne laisseront jamais ce pays tomber entre les mains de n’importe qui.

Aujourd’hui, il semble changer de langage que son institution restera à équidistance du choix du futur Président  de la République. Ainsi, soit-il.

 

Autre son de cloche du coté du Guide d’Ançar dine, Haidara, qui affirmait en marge du congrès de son mouvement que les musulmans ne laisseront pas ce pays sombrer, qu’ils doivent avoir leur mot à dire dans le choix du futur président.

On a vu, le sulfureux Hamed Sow lui faire la cour les semaines passées en finançant l’organisation du congrès d’Ançar dine, selon certaines indiscrétions. Avant lui on sait que d’autres comme IBK ou encore Mountaga Tall, ou Moussa Mara se réclament très proches de l’homme et de son organisation. Ce qui est sûr, les jours à venir vont être très chauds au siège de l’institution et que beaucoup d’encre et de salive vont couler.

 

Aussi, il est clair que la cohabitation entre politiques et religieux est une alliance incestueuse, dans la mesure où elle enlève à la République sa forme laïque qui se trouve être une règle constitutionnelle.

 

L’on se rappelle des journées chaudes à l’époque du vote du code des personnes et de la famille ou de la loi interdisant l’excision que les députés n’ont jamais eu le courage de voter pendant que tous nos pays frontaliers, parfois islamiques comme le Niger, la Mauritanie, le Sénégal et autres l’ont adoptée.

 

En tout cas, à cette allure, il y a péril en la demeure, si les politiques ne se tiennent pas à distance des religieux. Ces derniers auront une influence très large sur la gestion du pays au détriment des lois en vigueur.

Harber Maïga   

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