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Subvention des intrants agricoles par le gouvernement: pourvu que cette fois-ci soit la bonne !

Le président de la transition Assimi GOITA lors de la 12e session du Conseil Supérieur de l’Agriculture annonçait la mise en place de certaines mesures incitatives pour améliorer les productions céréalières, cotonnières et animales. Ainsi, la quote-part du producteur dans le prix du sac de 50 kg de l’engrais minéral a été fixée à 12 500 francs CFA. Quant à l’engrais organique, la quote-part est fixée à 2 500 francs CFA le sac de 50 kg.

 

Une bouffée d’oxygène pour les producteurs agricoles si la promesse tenue par la voix de la plus autorité se respectait pour cette fois-ci. Et cela, pour permettre au secteur agricole de jouer le rôle qui lui revient dans le processus du développement économique et social, le Président de la Transition a fait des recommandations adressées au gouvernement.

Ainsi, s’agit-il de mettre en place un programme spécial de promotion de certaines productions céréalières et maraîchères de très grande consommation et accroître l’utilisation des intrants locaux. Outre ces recommandations, en vue d’améliorer les productions céréalières, cotonnières et animales, le Chef de l’État a décidé de la mise en place de certaines mesures incitatives. En raison de la hausse excessive du prix des engrais sur le marché mondial, le Président GOÏTA a décidé que la quote-part du producteur dans le prix du sac de 50 kg de l’engrais minéral soit fixée à 12 500 francs CFA. Quant à l’engrais organique, la quote-part est fixée à 2500 francs CFA le sac de 50 kg. Plusieurs autres recommandations ont été faites par le Président du Conseil Supérieur de l’Agriculture au Gouvernement au cours de cette 12e session.

Pour les observateurs du monde rural au Mali, ces mesures ne sont pas nouvelles. Et pour cause, d’Amadou Toumani TOURE à Ibrahim Boubacar KEITA, cette subvention a toujours existé. Toutes fois, durant des années sa gestion reste un véritable casse-tête pour les acteurs de l’Agriculture, puisqu’elles n’atteignent pas, le plus souvent, les cibles dans plusieurs localités agricoles, de notre pays.

La preuve, la campagne agricole 2021/2022 a été agitées par une vague de contestations des producteurs agricoles qui criaient à la fraude et au favoritisme dans l’accès des acteurs locaux aux intrants agricoles subventionnés.

Le cas des communes rurales de Kalanan et de Yanfolila, dans la région de Sikasso lors de la campagne 2021-2022 en sont une parfaite illustration.

Dans ces  localités, au lieu de 12 500 francs CFA, le prix du sac de 50 kg de l’engrais minéral a été vendu à 15 000, voire 16.000 francs CFA, parfois. «Nous avons entendu parler des engrais subventionnés, mais nous n’en avons pas bénéficié. Seuls deux commerçants vendent les engrais subventionnés de l’État. C’est le problème de cette subvention et nous en souffrons beaucoup. Les commerçants plus proches de l’administration sous-préfectorale ou régionale font de ces subventions un véritable business. Il faut l’implication effective des plus hautes autorités dans ce programme, pour que les véritables cibles puissent en bénéficier », a dit Karim SOUMAORO, cotonculteurs à Yanfolila.

Dans la commune rurale de Kaboïla, nous avons reçu les témoignages de Diakaridai KONE, président de l’Association villageoise des cotonculteurs qui se plaint lui aussi de ces spéculations qui annihilent les efforts des autorités.

« Si la situation continuait comme telle qu’elle est, nous allons virer à la production de maïs », s’est-il lamenté.

Autant de dysfonctionnements qui ont émaillé la gestion de l’engrais subventionnée la campagne précédente.  Pourtant, ces détournements doivent retenir l’attention de tous,  car il est question de l’utilisation des deniers publics et dans un secteur très important de  l’économie malienne.

Selon les statistiques de  la Banque mondiale,  l’agriculture représentait près de 38% du PIB malien en 2014 ;  et occupe plus de 75% de la population active.

Notons que vu l’importance de ce secteur, le gouvernement malien lui consacre près de 15% du budget   de l’état.  Malgré tout, les récoltes moins reluisantes.

En tout était de cause, pour le gouvernement de transition doit se démêler de l’ancien système pour que le Mali Koura tant attendu soit senti par chaque Malien.

PAR CHRISTELLE KONE 

Source : Info-Matin

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