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Situation humanitaire au Mali: plus de 137 700 maliens sont encore réfugiés

L’information émane, le mardi passé de l’Onu, à travers OCHA une de ses organisations humanitaires, à l’issue d’une journée d’échanges entre les journalistes et le staff du bureau de cette organisation au Mali : plus de 137 700 compatriotes demeurent toujours apatrides, parce que réfugiés hors des frontières du pays. C’était à la faveur d’une conférence de presse que Mme Ute KOLLIES, chef de bureau OCHA au Mali, a animée pour faire le point de cette situation dramatique. Elle a profité de cette occasion pour indiquer que des maliens sont encore réfugiés dans les pays voisins, craignant pour leur sécurité, du fait des hostilités qui sévissent toujours dans le Nord et le centre du Mali.

Mme KOLLIES a déploré que l’insécurité, liée aux conflits et autres situations de violence, affecte la protection des civils et complique le bon déroulement des opérations humanitaires. «A cause de l’insécurité, y inclus les conflits, la menace des engins explosifs improvisés, les attaques asymétriques, de nombreux civils ont perdu la vie, ont été blessés ou obligés de se déplacer pour fuir les violences», rappelle-t-elle Elle s’est quand même réjouie de la bonne volonté des organisations humanitaires qui, selon elle, donnent le meilleur d’elles-mêmes pour les populations. «Malgré ce contexte sécuritaire volatile, plus de 200 organisations humanitaires continuent de fournir assistance aux populations dans le besoin, dans tout le pays. Le Gouvernement et ses partenaires multiplient les efforts pour mieux garantir la sécurité des civils et de l’espace dans lequel les acteurs humanitaires opèrent, conformément aux principes humanitaires», témoigne-t-elle.

La cheffe de bureau OCHA au Mali a par ailleurs regretté que cette année, le nombre d’incidents sécuritaires, affectant les acteurs humanitaires, au nombre 177 à la date d’octobre dernier, a augmenté par rapport aux années précédentes. Selon elle, 133 humanitaires pour l’année de 2017 et 68 pour l’année 2016 avaient été affectés dans l’exercice de leur fonction. «Ces incidents sont pour la plupart liés à la criminalité, dont les vols de véhicules. Entre janvier et octobre 2018, 192 civils ont été victimes d’accidents causés par les engins explosifs improvisés, soit plus du double du nombre de victimes enregistrées en 2017, soit 91 victimes», a-t-elle expliqué.

Relativement aux mouvements de population, elle affirme qu’au Mali, le contexte des déplacements causés par l’insécurité demeure complexe, avec la combinaison de mouvements de retour dans les zones d’origine et de nouveaux déplacements à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. «Les nouveaux déplacés, ayant laissé tous leurs biens et moyens de survie derrière eux, se trouvent dans une situation de vulnérabilité. A cause des conflits, le nombre de personnes déplacées internes a plus que doublé, depuis le début de l’année, passant de 38.000 en janvier, à plus de 80.000 en décembre. Plus de 137.700 maliens sont encore réfugiés dans les pays voisins, tandis que plus de 526.000 personnes sont retournées», a-t-elle fait la triste révélation.

Sur le plan de la sécurité alimentaire, Mme Ute a reconnu que 2018 est considérée comme une année difficile, sur plan alimentaire, en raison de la crise agro-pastorale qui a touché plusieurs pays du Sahel et des conflits. Plus de 4 millions de personnes, poursuit-elle, étaient touchées par l’insécurité alimentaire durant la période de soudure (juin-août).

La bonne nouvelle, selon elle, est qu’en 2019, la situation connaîtra une certaine amélioration liée aux résultats de la campagne agricole de cette année jugée bonne. Et pour cause, 10,4 millions de tonnes, soit une hausse de 12% par rapport à l’année dernière, sera observée. Cependant, elle prévient que les résultats du cadre harmonisé de novembre 2017 estiment que 3,4 millions de personnes seront en insécurité alimentaire, durant la période de soudure de 2019 (juin à août), dont plus de 400.000 en phase de crise ou d’urgence.

Pour l’accès aux services sociaux de base, Mme KOLLIES a déploré que depuis 2012, l’accès à l’éducation, à la santé et à l’eau, l’hygiène et l’assainissement est devenu très limité, à cause de multiples facteurs, dont notamment des attaques ciblant les écoles et les structures sanitaires et leurs personnels. «Ces facteurs ont pour conséquence l’insuffisance de personnel qualifié pour la fourniture des services sociaux de base sur le terrain. A la rentrée scolaire en octobre, plus de 700 écoles étaient fermées pour des raisons principalement liées à l’insécurité dans le nord et le centre du pays. Plus de 60 % des écoles fermées sont localisées dans la région de Mopti. Cette situation prive plus de 200.000 enfants de leur droit à l’éducation dans les régions affectées», a-t-elle dénoncé.

PAR CHRISTELLE KONE

Source: info-matin

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