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SiraKura : l’interdiction de la mendicité des enfants, une question de volonté politique

Régler le problème de la mendicité, en ayant la volonté politique, c’est assumer la responsabilité de protection que l’État doit à tous ses enfants.

 

La mendicité est un phénomène qui devient de plus en plus inquiétant sous nos cieux. Dans la circulation, sur les grandes voies, dans les rues, il n’est pas rare de voir des enfants, souvent pieds nus sous un soleil de plomb, courir des risques en se faufilant entre les voitures. Et derrière cette pratique, se cache ce que nous pouvons considérer, à raison, comme de l’exploitation économique.

Elle est pourtant punie par le code pénal du Mali, notamment en son article 183 qui dispose que « Toute personne valide et majeure qui aura été trouvée mendiant sur la voie publique sera punie de quinze jours à six mois d’emprisonnement. […] Toutefois, si la personne incitée à la mendicité est un enfant mineur, le coupable sera puni de trois mois à un an d’emprisonnement ». Mais, jusque-là, les traces d’arrestations, de poursuites ou de condamnations sont rares.

Certains individus, comme nombre de maitres coraniques, continuent toujours à exploiter des enfants qui leur sont confiés par leurs parents pour apprendre la religion.

Appliquer la loi

Il faudrait peut-être souligner que tous les enfants de la rue ne sont pas forcément des talibés. Mais, il est triste de constater qu’ils constituent la majorité. Et cela est dû à plusieurs facteurs dont la persistance de certaines considérations selon lesquelles  « la meilleure connaissance est celle qu’on acquiert dans la difficulté, la souffrance ». Telle semble être la maxime des parents de ces enfants et celle des maîtres coraniques. « Ils doivent chercher Dieu », comme Oumar Sow de Sévaré. Âgé de 8 ans, il est ici à Bamako chez son maître coranique. « C’est mon père et ma mère qui m’ont envoyé ici pour que j’apprenne le Coran », affirme-t-il. Oumar fait partie d’un groupe de jeunes garçons âgés entre 6 et 10 ans.

Ces enfants sont obligés de ramener de l’argent au maître coranique pour, souvent, échapper aux punitions des plus sévères : « La plupart du temps, notre maître nous demande de ramener une somme d’argent qui peut varier. Malheur à ceux qui n’y arrivent pas », ajoute Ahmadou, un autre membre du groupe. Mais, au fond et si nous et notre foi religieuse étaient la cause de cette mendicité ? Nous, qui sommes toujours en train de faire des sacrifices, de donner de l’aumône par-ci par-là. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais dans la mesure où certains en profitent pour utiliser ces pauvres êtres, le changement doit être radical. Et l’État doit prendre sa responsabilité en faisant appliquer la loi.

Volonté politique

Interdire la mendicité des enfants, notamment talibés, est une question de volonté politique. Car, en effet, l’État a la responsabilité de protéger ces enfants. Et la volonté politique, disons-le, va au-delà de la simple adoption d’une loi. Autrement dit, la volonté politique, ce n’est pas qu’adopter une loi. Elle ne se manifeste que par l’action. C’est aussi et surtout identifier le problème, le diagnostiquer et chercher à le résoudre pour  apporter un changement positif dans la société.

Bien que le sort de ces enfants résulte, pour la plupart, d’une décision parentale, l’État peut trouver des solutions à ce phénomène. Il peut régler ce problème, par exemple, en transformant les écoles coraniques en une sorte d’écoles communautaires, un peu comme nous le voyons avec les écoles françaises (en rémunérant, s’il le faut, les maitres coraniques pour qu’ils puissent mieux se concentrer sur l’enseignement de ces enfants).

Ces enfants sont privés de leurs droits fondamentaux : droit d’accès à la santé, à une éducation de qualité, etc.

Source : Benbere

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