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Sans Tabou: réligion-politique, l’hypocrisie galopante

Des responsables politiques et des prétendants à l’élection présidentielle ne semblent pas tirer les enseignements de l’influence des religieux sur la scène politique, après le renversement du régime d’IBK, avec le ballet de rencontres Chez le chérif de Nioro. Depuis quelques semaines, la ville de Nioro du Sahel est redevenue un lieu de pèlerinage politique.

 

Depuis l’affaire du Code de la famille, les religieux ont commencé à occuper la scène politique. Au-delà des prêches dans les mosquées pour s’opposer à tel ou tel régime, des leaders religieux n’hésitent plus à tenir des meetings pour dénoncer un pouvoir en prenant une position politique.
C’était le cas en 2013 où le Chérif de Nioro Bouyé a ouvertement et pour la 17ère fois a appelé à soutenir le candidat Ibrahim Boubacar KEITA. A l’époque, le pays était dans la ferveur politique avec la tenue de la présidentielle après le coup d’Etat contre ATT.
En plus de sa consigne de vote, il a également manifesté un soutien financier, à l’époque, au candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM). Son geste a été suivi par la décision de Sabati 2012, un mouvement des jeunes d’obédience religieuse qui s’est mobilisé en faveur de l’élection d’IBK.
Et de son côté, Mahmoud DICKO affirme avoir transformé les mosquées en sièges de campagne en faveur d’IBK.
En somme, ils ont mis leur influence et leur statut de chef religieux au service d’un homme politique qui a finalement remporté l’élection haut la main.
Mais cette alliance et complicité n’ont été que de courte durée. Parce que ceux-là mêmes qui ont battu campagne et mobilisé de l’argent pour IBK ont réinvesti la scène politique cette fois-ci pour le combattre. La suite est connue. Un coup d’Etat a renversé le régime. Aux moments chauds de contestation, des hommes politiques ont dénoncé « l’intervention des religieux sur la scène politique ». Pour eux, le pays est en train d’assister à une confusion des rôles et des genres. Ainsi, ceux qui doivent être des sentinelles, sinon être le dernier recours, sont devenus des acteurs politiques majeurs.
Après ces événements, le « Mali Kura » est le devenu le nouveau slogan pour réclamer un nouveau départ dans tous les domaines. Mais, sur le plan politique, cet espoir a peu de chance de réussir, en tout cas en qui est de la non-implication des religieux dans les affaires politiques. Parce que l’influence de ces derniers sur la scène politique condamnée par de nombreux hommes politiques a encore de beaux jours devant elle. Au lieu qu’elle s’estompe, au contraire la pratique s’enracine puisqu’elle commence à devenir un rituel politique.
Dans les discours de la plupart des acteurs politiques, l’on découvre leur opposition à la présence des religieux sur le champ politique. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Ils n’hésitent pas à ramper pour rentrer chez un religieux pour pouvoir bénéficier la bénédiction politique de ce dernier. Et déjà, ça commencé avec l’annonce de la tenue des élections prévues en février 2022.
Depuis quelques semaines, la ville de Nioro du Sahel est devenue le lieu du pèlerinage politique où des hommes politiques et des responsables de la société civile se bousculent chez le Chérif Mohamed Ould Cheickné HAIDARA dit Bouyé. Soumeylou Boubèye MAÏGA, Seydou COULIBALY, Ras Bath sont tous passés par là. D’autres suivront très certainement.

Par Sikou BAH

Source : INFO-MATIN

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