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SAMBE-SAMBE AU MALI : Les enfants, spectateurs ou protagonistes ?

Après un mois d’abstinence, trop long pour certains, mais porte-bonheur pour d’autres, la communauté musulmane termine cet intervalle par la fête de ramadan pour se détendre.  L’Aïd al- est marquée au Mali par des visites et salutations coutumières « Sambè-sambè » pour souhaiter bonne fête. Les enfants ne sont pas que spectateurs de ce phénomène.

La fête de ramadan est impatiemment attendue par les tout-petits. Elle est une occasion de manger à satiété et se balader sans contraintes dans la ville contrairement aux adultes qui se retrouvent en famille.

« Si la religion musulmane recommande aux croyants de rendre visite à ses prochains en ce jour spécial, la tradition ne l’interdit pas non plus », explique le vieux Seydou Diarra, vendeur de poulet. Selon lui, cette pratique a bel et bien un enjeu particulier : renforcer les liens parentaux et le pardon des uns et des autres.

Il va loin dans ses propos en disant : « ces enfants qui sillonnent les rues de la ville contribuent à la sauvegarde des valeurs sociétales ».

Le font-ils pour autant par passion ?

La salutation Sambè-Sambè des enfants n’est pas tout à fait gratuite. Ils attendent une pièce de monnaie en retour. Des cadeaux qui leur permettent de se procurer de nouveaux articles tant désirés pendant la période de fête.

L’adolescente Diakité, 12 ans, par contre préfère donner les petites pièces récoltées le jour de la fête à sa maman. Pour elle, la fête est une occasion de gagner de l’argent pour aider sa mère de satisfaire ses besoins financiers.

Sounkoura Doumbia, mère de quatre enfants, est inquiète de voir ses fils dans la rue ce jour-là. « Mon fils aîné s’était perdu lors des balades de Sambè-sambè. On a passé deux nuits sans le revoir.  C’est pourquoi je n’aime pas que mes enfants aillent loin de ma résidence », explique la mère de famille.

Avec l’évolution grandissante du banditisme dans la capitale, cette pratique a tendance à changer de face. Certains parents, par peur, interdisent à leurs enfants cette balade enfantine. Ils préfèrent plutôt amener dans les parcs d’attractions comme le jardin zoologique, le parc national, etc.

Un changement que ne comprend pas le sociologue Amadou Coulibaly. Pour lui, « les Sambè-Sambè, considérés comme facteur de partage et de reconnaissance commence à perdre son enjeu au profit de la modernité ».

Avec la mondialisation peut-on espérer sur ces pratiques comme réservoir des valeurs sociales ? Le temps impose ses lois alors que la jeunesse se perd dans son inattention.

Inza Traore

(stagiaire)

Source: Mali Tribune

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