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Retrait de Barkhane 1ère partie: ce qu’on ne vous a pas dit

Voilà deux (2) mois que les organisations économiques et financières sous-régionales, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont conjointement tordu le cou aux textes pour imposer à notre pays des sanctions illégitimes et inhumaines. Sur instigation et sous la dictée de la France, ces sanctions visent à l’effondrement de notre pays déjà fragilisé par la crise sécuritaire par le biais de son étouffement économique et financier. L’annonce du retrait concomitant des forces françaises et européennes, Barkhane et Takuba, procèdent de l’amplification et de diversification des sanctions afin d’obtenir la réédition d’indociles colonels qui ont faits main basses sur le pouvoir à Koulouba et qui se font applaudir à Bamako.

À la manette, Paris a lancé une OPA sur le Mali. Il veut la tête des colonels sur un plateau d’or. Alassance Dramane Ouattara jure de décapiter l’hydre putschiste en Afrique de l’Ouest. La guerre au Mali ce n’est pas celui contre le terrorisme, c’est la guerre pour le contrôle du pouvoir, la poursuite du politiquement correct, de l’impérialisme et du néocolonialisme. La France ne nous pardonnera jamais pour avoir dit non. Un non qui peut et doit faire tache d’huile et fédérer tous les peuples africains épris de liberté et de souveraineté.
C’est ce qu’il faut lire entre les lignes de l’excellent article fourni de Oliver Vallée publié le 24 février dernier intitulé : «la fin de Barkhane : l’oubli et la fureur ». Nous vous le proposons in extenso en deux (2) parties :

Ce titre emprunte à la tirade de Macbeth dans la pièce du même nom : « La vie, c’est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur ». Peut-être que la fureur qui semble avoir saisi l’exécutif français doit beaucoup à l’oubli des erreurs accumulées dans la relation avec le Mali.
Le dossier est très vaste et aujourd’hui les spéculations portent plutôt sur le délai de retour à l’ordre constitutionnel et à la vie des partis politiques au Mali. Ici, nous préférons insister sur la dimension militaire des évolutions politiques au Mali et, du côté français, sur la politisation de la clôture, pourtant programmée de Barkhane.
L’exigence de la fin de la transition militaire malienne, l’association des Européens à la rupture de la coopération militaire avec le Mali et la mise en exergue de la nocivité de Wagner ont par trop ignoré les efforts qu’il aurait fallu consentir pour une meilleure interaction avec les Forces armées maliennes. Cela d’autant plus qu’en décembre 2012 (bientôt 10 ans) lorsque le capitaine Sanogo chasse le Premier ministre Cheick Modibo Diarra, ses prétentions sont de retrouver un niveau adéquat du budget d’équipement des troupes nationales dont il souhaite qu’elles se battent seules. La raison de son coup d’État initial était la corruption de l’État-major de l’époque et les protestations des veuves des soldats tués au front. Le renvoi de Diarra est le chant du cygne de Sanogo qui a détruit et fait exécuter une partie des bérets rouges des Forces spéciales et du 33e régiment de commandos parachutistes.
Au sein même des forces armées maliennes, il existe depuis sa formation des conflits selon les affiliations et les positions par rapport au pouvoir civil. Ces aspects seront sous-estimés par la partie internationale. Cela va influer sur le contexte de l’intervention de l’opération Barkhane puis de la task force européenne Takuba qui va privilégier l’aspect antiterroriste sans concevoir le besoin d’un remaniement en profondeur de l’organisation de l’armée malienne, et sans doute des autres membres du G5 Sahel, à commencer par l’emblématique troupe tchadienne.
Ensuite, la désagrégation de la collaboration entre la France et le Mali sur les objectifs de la guerre conjuguée à l’Exit Option de Barkhane sécréteront la fabrication de la junte comme mauvais objet. Le passé de dissidence du Mali par rapport à l’ordre ouest-africain postcolonial sous-tend la vision négative de ses partenaires régionaux et internationaux. L’arrivée de la société militaire privée russe Wagner accentue bien sûr une perception critique de la trajectoire malienne.
Faute d’une capacité opérationnelle française, alors que le nœud de la crise est militaire, c’est l’asphyxie financière du Mali qui est sélectionnée comme punition avec l’activisme d’Alassane Dramane Ouattara (ADO), président de la Cote d’Ivoire et ancien gouverneur tout puissant de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO). L’ex-président ivoirien Gbagbo avait vu son aviation détruite au sol et les portes de son palais avaient été fracassées par un char français.
Le Mali est sous pression, mais le chef de l’État malien, le colonel Goïta, quoi qu’on dise, à la différence du capitaine Sanogo, a conquis une légitimité populaire que les partis qui le contestent auront du mal à dénier.

La coopération militaire
parasitée

Le gouvernement du président Macron quand il poursuit le soutien politique et militaire au Mali s’appuie sur l’opération de la brigade Serval. Alors que le verrou de Konna tombe en janvier 2013 sous les coups de boutoir de la coalition de groupes djihadistes venue du nord, le Président malien de la transition Dioncounda Traoré demande en urgence l’aide de la France. Ce sera l’opération Serval, en préparation depuis des mois. Mais s’en tenir à la descente vers Bamako, c’est faire l’impasse sur les éléments qui ont enclenché le processus complexe de projection de la brigade Serval depuis plusieurs mois, à savoir la prise des trois capitales régionales, Kidal, Gao et Tombouctou. Une alliance de groupes armés islamiques préside à cette conquête des 2/3 du pays qui lui ouvre la route de Bamako qui passe par Mopti où se trouve le Quartier général de la sixième région militaire.
En 2012 la base du MNLA est coincée non loin du Niger, à Ménaka. Serval donne sans doute l’illusion que le plus gros est fait et que des forces mobiles vont nettoyer des poches de résistance islamique. Il n’en est rien, les groupes insurgés, y compris le MNLA s’enkystent dans les capitales régionales, dont Kidal. Mais les stratèges français considèrent que le théâtre d’opérations est pansahélien et excède le site malien d’affrontement.
Les formes habituelles d’un renforcement des capacités de combat de l’allié malien ne sont pas à l’ordre du jour. Cette faible mobilisation de toutes les ressources martiales maliennes correspond d’une certaine façon à une dénégation de la guerre par Ibrahim Boubacar Keita (IBK) le président malien, élu de force. Il n’est sans doute pas désireux de voir des généraux en pointe lui tenir la dragée haute. D’autant plus qu’il semble lui-même tenu à distance par Paris qui n’ignore pas la persistance du détournement du budget de la défense par son fils. D’ailleurs, Soumeylou Boubèye Maïga (SBM), Premier ministre du Mali depuis le 30 décembre 2017, déclare que le Mali n’est pas un pays en guerre et la ministre française des armées va lui rendre visite lors de son déplacement à Paris.
Jeune Afrique interviewe Florence Parly après son entretien le 1er novembre 2018.
« Q – Vous citez plus souvent Soumeylou Boubeye Maïga qu’IBK…
R – Le Premier ministre est là pour réaliser ce que le président décide. Le chef de l’État a un Premier ministre décidé à agir. C’est ce dont le Mali a besoin.
Q- L’armée française continue-t-elle à collaborer avec le Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) et le Mouvement pour le salut de l’Azawad ? N’est-ce pas problématique alors que ces groupes sont accusés de se livrer à des exactions intercommunautaires ?
R- À chaque fois qu’elle le juge utile, l’armée française collabore avec des groupes qui remplissent plusieurs critères : la loyauté vis-à-vis de l’État malien, l’engagement sincère et sans ambiguïté dans la lutte contre le terrorisme et le respect des règles du droit international humanitaire. À ma connaissance, ceux avec lesquels Barkhane est intervenue ne sont pas impliqués dans des exactions. »

La ministre française privilégie la lutte contre le terrorisme sans le définir et en refoulant l’occupation par des forces ennemies qui se prolonge au Mali. L’État du Mali et son armée ne peuvent se satisfaire à terme du rétrécissement de leur territoire comme de leur souveraineté. Le peu d’envergure de la vision de la ministre Florence Parly est peut-être à la mesure de l’intervention militaire française d’alors, encore discrète.
La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) est mise en avant et, avant même que leur redressement ne soit avéré, les FAMa sont sollicitées. Le Mali s’est lancé certes dans un lourd effort de guerre avec l’achat de matériel dans la foulée de l’opération Serval et de la remontée des Forces armées Maliennes (FAMa) vers le Nord.
En mai 2013, l’armée gouvernementale a pris le contrôle d’Anéfis. Elle n’est plus qu’à une centaine de kilomètres de l’objectif symbolique primordial de Kidal. Elle poursuit son offensive sans aucun soutien extérieur. Mais le
21 mai 2014, elle est défaite dans la capitale de l’Adrar des Ifoghas par les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). S’ensuit la démission du ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga (SBM) qui reviendra par la grande porte, en raison de l’insistance de ses amis parisiens. Il prendra le contre-pied de son prédécesseur, l’ex Premier ministre Moussa Mara, en se satisfaisant d’un statu quo qui va dégénérer du fait de la passivité du pouvoir central en conflits locaux. Pourtant, « le Mali consentira «des sacrifices» pour que son armée, sous-équipée et mise à rude épreuve en 2012 par des groupes islamistes dans le Nord, puisse assurer ses missions », avait déclaré à l’ORTM, la télévision nationale malienne son président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) le 22 septembre 2013. Tout en jurant que « rien ne sera de trop » pour cet objectif.
Cette course aux armements d’un pays pauvre, où l’absence d’emplois génère la guerre, va continuer de 2016 à 2021. La première phase de ce projet de renouvellement de l’équipement a concerné l’achat de véhiculés blindés et semi-blindés Renault Trucks Défense et d’hélicoptères super Puma. Pour remplacer les avions MIG russes, l’armée de l’air malienne a également passé commande auprès du constructeur brésilien Embraer. Ces achats en particulier d’équipements auprès de Renault Trucks Défense vont être dénoncés par l’Assemblée nationale et le Vérificateur général du Mali (VEGAL) et mettre en cause Soumeylou Boubèye Maïga.
Celui-ci, ex-médiateur de la mission de l’ONU en Centrafrique (MINUSCA), connecté aux officiers de la force française Sangaris, fut aussi conseiller de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), et chef de la Direction générale de la sécurité de l’État – police politique construite sur le modèle du KGB. Il a toute la confiance de l’establishment diplomatique et sécuritaire français qui a trouvé là un « Soul Brother ». Ces rappels peuvent paraître accabler un seul homme, mais ils indiquent que la personnalisation des enjeux de la guerre, en dehors des officiers combattants maliens, a occulté les problèmes de fond d’une armée en permanence dépouillée de ses moyens et de sa dignité. Les partenaires gouvernementaux de la France, à commencer par SBM, perdent encore plus vite que les officiers leur crédibilité et les signes de la décomposition du régime d’IBK se multiplient sans beaucoup de réactions à Paris comme à Bruxelles.

La démission morale et la
transition militaire

Pourtant dès le 3 octobre 2014, SBM est placé en garde à vue dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire, à Nanterre (Hauts-de-Seine). L’ex-ministre malien de la Défense y est entendu dans le cadre d’un contrat portant sur des uniformes militaires. Mais aussi sur l’affaire « Michel Tomi », du nom de ce chef d’entreprise corse dont l’activité principale au Mali porte sur les jeux de hasard et le recrutement d’espoirs du football.
Le 21 janvier dernier, le fils d’IBK, Boubacar, chargé de prononcer le discours d’adieu à son père disparu, lors de l’hommage officiel, en l’absence de son frère Karim réfugié à Abidjan après maints scandales, a d’ailleurs évoqué Michel Tomi en ces termes : « ton frère, dont l’amitié ne t’a jamais fait défaut. » Ces fraternités douteuses, l’entre-soi d’élite corrompu et l’aveuglement des diplomates et des services de renseignement français ont accompli la défaite morale du régime plus que les groupes armés djihadistes qui pourtant sèment le désordre et la peur dans l’ensemble du pays.
Ainsi l’intervention des militaires, une nouvelle fois, est une réponse à la démission internationale devant un pouvoir mal élu de nouveau en 2018 et empêtré dans le siphonnage des maigres ressources de l’État. Le peu de résultats de la MINUSMA confirme le besoin, pour les militaires maliens, mais aussi la population, d’un sursaut national. Comme à l’époque du capitaine Sanogo, la première version de la prise du pouvoir se veut conciliante.
Arrivé au pouvoir à l’issue d’un putsch le 24 mai 2021, le colonel Goïta reste encadré par son oncle qui rendait compte également à Paris des décisions de la junte. Ainsi dans un premier temps il n’a fait que sauver le système en place. IBK est accompagné respectueusement dans sa résidence personnelle et son fils part opportunément et sans beaucoup d’obstacles à Abidjan. Les dégâts du système IBK qui avait mobilisé contre lui la foule des jeunes urbains sans emploi et sans espoir de Bamako ont été évacués et la réprobation de la CEDEAO et de la communauté internationale, où Paris mène la danse, se concentre sur les putschistes.
Pourtant durant le gouvernement civil les groupes armés du Nord n’ont fait que progresser en dépit des actions ciblées de Barkhane qui ne modifient en rien le rapport de forces sur le terrain et n’empêchent pas le désaveu d’IBK et de sa clique.
La responsabilité de Paris et de l’Union européenne dans la dérive du pouvoir civil de Bamako est indéniable. IBK est mort et SBM reste le principal accusé d’un scandale d’État qui débouche sur la prise du pouvoir par un groupe de colonels qui, a contrario de ce qui a été abondamment écrit pour discréditer les FAMa, ont le mérite d’avoir l’expérience du feu, contrairement à leurs aînés, et de s’être battus sur le front.
Le colonel Goïta est une figure éponyme de cette nouvelle frange de l’armée malienne qui prend plus en main son destin militaire que les rênes du pays. Mieux formés que le capitaine Sanogo ils ont conscience de l’impasse ménagée par 10 années d’une collaboration ratée avec Paris, l’UE et la MINUSMA.
Le spectre des adversaires du Mali s’est renouvelé également, plus particulièrement depuis 2016. D’une part, les groupes liés à Al-Qaïda se sont fractionnés réalignés sur des conflits internes au Mali et d’autre par l’État islamique au grand Sahara (EIGS) s’est implanté pour combattre Barkhane. Il a accepté l’allégeance d’Abu Walid al-Sahraoui, ancien chef de Murabitoun, rallié à Aboubacar al-Baghdâdi, patron du grand Sahara pour lSIS et qui justifie son titre par la multiplication des attaques au Burkina Faso, au Mali, et au Niger.
Devant la prolifération des forces négatives et les effets terribles de leur compétition, une partie des officiers maliens sur le terrain cherchent plusieurs solutions, dont la négociation avec certains de leurs ennemis. Cela va expliquer leur double démarche de concertation et de durcissement des positions.

Fermeté, dialogues, et jeu romain
Fils d’un officier malien, le nouveau chef de l’État, Assimi Goïta, âgé de 37 ans a un temps été basé à Anéfis, dans la région de Kidal. Il en connaît bien les enjeux militaires, symboliques et politiques, en particulier face à l’Algérie. En 2012, il a combattu les rebelles du MNLA et leurs alliés d’Ansar Dine, dont le chef charismatique, Iyad Ag Ghali, est devenu depuis celui du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans, organisation faîtière des groupes armés terroristes maliens affiliés à Al Qaida au Maghreb Islamique.
Ancien chef des forces spéciales maliennes, Goïta a une attitude de fermeté face à la Coordination des Mouvements de l’Azawad même si on l’accuse de rigidité. Ainsi, les hommes de la junte ont, dès le 4 septembre 2021, fait faux bond aux leaders touareg de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) avec lesquels ils avaient un rendez-vous, mais à Kidal.
Officiellement, l’avion n’avait pas pu décoller pour cause de météo défavorable. L’excuse n’a pas convaincu le porte-parole de la CMA, Almou Ag Mohamed : « En plus, notre chef, Bilal Ag Acherif, était venu exprès depuis la Mauritanie ! Tant pis, ils sont les maîtres de Bamako, nous sommes ceux… de là où nous sommes. » Tout est dit. Chacun chez soi. Le Mali d’aujourd’hui n’est pas si différent de celui de 2012.
Après une volonté affichée, aux premiers jours de la transition, de relancer le dialogue en panne autour des accords d’Alger, les relations ont nettement fraîchi entre les autorités de la transition et les groupes armés du Septentrion, désormais unis au sein d’un Cadre Stratégique permanent (CSP) où rebelles et loyalistes parlent d’une seule voix.
Encouragé par l’Italie, qui s’est mobilisée pour éviter un nouvel effondrement du nord du Mali de nature à ouvrir une brèche aux migrants ouest-africains voulant traverser la Méditerranée, le CSP s’est déployé depuis octobre 2021 dans toute sa sphère d’influence à l’occasion d’une grande caravane destinée à montrer ses muscles et à passer un message d’unité aux populations. De nouvelles recrues sont en cours de formation. À croire que le CSP se prépare pour une nouvelle guerre.
La toute récente réunion de Rome, le 30 janvier dernier, qui a permis de remettre autour d’une table, rebelles et autorités maliennes doit tout à la volonté italienne et à ses bons offices. Et si l’Algérie continue de peser en faveur de l’application des Accords d’Alger de 2015, malgré son influence certaine sur la junte, il n’est plus grand monde à Bamako qui croit encore en leur avenir.
Au contraire, le Premier ministre Choguel Maïga, originaire de Gao, est réputé être l’un des pires détracteurs des rébellions touareg. Cependant, conscient de la répartition des rôles, il laisse la posture martiale à la junte face aux Touaregs et lui-même a commencé des négociations avec cet adversaire qu’il connaît depuis l’époque de Moussa Traoré.
Rivalités des groupes armés
et ardeurs de l’armée
Pendant ce temps-là, le Groupe de Soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au grand Sahara (EIGS) continuent de se disputer le Gourma. Depuis le début de l’année, les affrontements ont semblé donner l’avantage au GSIM près de Tessit, au point qu’on a cru DAECH, comme on l’appelle au Mali, anéanti. Mais les combats dépendent de mobilisations souvent conjoncturelles. Pour marquer des points, le GSIM aurait mobilisé des combattants du centre du Mali et du Burkina Faso. Des centaines d’habitants soupçonnés de sympathie pour son ennemi ont été chassés et des collaborateurs présumés exécutés. Tessit est le dernier bastion de l’EIGS dans le Gourma.
Le départ annoncé le 17 février de l’opération Barkhane et de la task-force européenne Takuba de la zone des trois frontières, autour du trépied Gao-Ménaka-Gossi, devrait redistribuer les cartes de la rivalité entre les deux groupes, qui étaient pourchassés de part et d’autre par des frappes européennes et françaises : les combattants, majoritairement nigériens, de l’EIGS, par le Groupement tactique désert 3, et les Maliens du GSIM dans le Liptako et le Gourma malien, par les GTD 1 et 2. Il est clair aussi qu’en cas de reconquête totale de la zone par les djihadistes maliens, le Niger se trouverait extrêmement exposé, en raison de la proximité de la capitale Niamey.
Dans le Centre du Mali, la montée en puissance des FAMa a commencé en novembre 2021 avec l’appui des soldats russes dont on estime le nombre à près d’un millier. La direction de la communication de l’armée malienne fait régulièrement état d’affrontements, de villages repris, de populations revenues : des dizaines de milliers de déplacés selon des sources proches du gouvernement. « La dynamique offensive de recherche et de destruction des sanctuaires terroristes se poursuit dans le cadre du plan Maliko et de l’opération Kélétigui. Les Groupes armés terroristes sont de plus en plus en débandade » écrite la direction de la communication des FAMa le 8 février. En marge de cette « montée en puissance », selon le terme consacré à Bamako, il est fait état d’un village peul incendié et de plusieurs soldats russes tués et pris en otages par les djihadistes.
A SUIVRE

Source : Info-Matin

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