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Résolution de la crise malienne : « C’est au peuple de décider… »

Dans un entretien accordé à France 24, vendredi 12 février 2021, l’Imam Mahmoud Dicko appelle les Maliens à l’unité nationale. Il estime que le changement tant voulu par la chute du régime Ibrahim Boubacar Kéïta peine toujours à voir le jour.  

Doit-on déjà dire que « l’éléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé » ? En tout cas, six mois après son instauration, la transition peine à instaurer une véritable réconciliation entre l’armée et le peuple, le tissu social reste abîmé et les forces politiques dispersées, voilà le constat de l’Imam Dicko interrogé par la France 24.

Alerte sur les élections

Le leader spirituel du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), mouvement hétéroclite ayant occasionné la chute du président IBK, manifeste également son inquiétude quant à la tenue des élections prochaines dans les conditions actuelles du pays.

Selon ses explications, c’est toutes ces situations qui expliquent son appel à un dialogue national ainsi que la publication du « manifeste pour la refondation du Mali. » Puisque la situation ne saurait perdurer, alors il fallait publier ce manifeste afin d’inviter les Maliens à l’union, a-t-il expliqué.

Malgré tout, l’imam de Badalabougou appelle l’ensemble du peuple Malien à regarder vers l’avenir tout en invitant chacun à prendre son destin en main. Car, estime-t-il, « c’est au peuple de décider ce qu’il faut faire et ce qu’il veut ».

S’agissant des murmures selon lesquelles il souhaiterait se lancer dans la politique, l’ancien président du haut conseil islamique a été on ne peut plus clair. Il n’a ni ambition politique ni agenda caché, rassure-t-il.

L’énigme de « l’imam politicien » irrésolu

Quant au dialogue avec les leaders jihadistes, Amadou Koufa et Iyad Ag-Ghali, M. Dicko souligne que le « bon sens oblige à chercher une solution » à la crise multidimensionnelle qui assaille le Mali. Face à l’impossible victoire militaire contre les jihadistes, il n’est pas acceptable d’installer le pays « dans une guerre infinie », car on « met la République en péril », fait-il savoir. Surtout que les communautés s’entre-tuent, des populations n’ont plus accès à l’eau potable et des enfants n’ont plus le droit d’aller à l’école, déplore le « puissant imam » de Badalabougou. « Même si nous ne sommes pas dans le gouffre, le Mali est dans une situation qui n’est pas souhaitable », a-t-il indiqué.

Selon l’imam Mahmoud Dicko, le coup d’État devrait être une occasion de sceller la « réconciliation entre l’armée et le peuple malien ». Mais cela n’a pas encore été le cas. Or il est impossible d’aller sur de nouvelle base, si cette confiance n’est pas restaurée, si l’armée n’est pas refondée, précise-t-il.

Dans cet entretien qui intervient quelques jours après les nombreux commentaires et interrogations sur son manifeste, l’imam Mahmoud Dicko continue d’entretenir le doute. Explicitement, M. Dicko n’a pas résolu l’énigme de « l’imam politicien ».

Bakary Fomba

Source: Phileingora
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