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REGARDS CROISES DES ACTEURS ET TEMOINS DES 30 ANS DE LA DEMOCRATIE MALIENNE

Tiébilé Dramé : « La démocratie est qualitativement meilleure à l’absence de démocratie »

 

Adam Dicko de l’Ajcad : « Le multipartisme tant souhaité est devenu un problème, Il y a une politisation de la société civile »

Choguel K. Maïga : « Il ne faut pas faire croire aux jeunes que de 1968 à 1991 c’était l’enfer et de 1991 à nos jours c’est le paradis »

Le site d’information Mali Plume en partenariat avec Renouveau TV a organisé le vendredi 26 mars 2021 un espace commémoratif du trentenaire anniversaire de la démocratie malienne sur le thème : « Regards croisés des acteurs et témoins sur les acquis, défis et perspectives ».

Selon l’initiateur de cet espace commémoratif du trentenaire de la démocratie malienne, Oumar Barou Sidibé, journaliste et promoteur de Mali Plume, l’objectif visé est de recueillir, à travers des échanges, les avis des acteurs politiques, de la société civile, de la diaspora sur la démocratie malienne afin de dégager des pistes de solution pour relever les défis.

Un premier panel a été animé par les acteurs de la société civile notamment Mohamed Chérif Haïdara, président du Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM), la présidente de l’Association des jeunes pour la citoyenneté active et la démocratie (Ajcad), Adam Dicko, le président de la Maison de la presse, Bandiougou Danté, et Oulématou Sow de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo).

Si ces quatre acteurs de la société civile ont salué l’avènement de la démocratie au Mali, qui a permis des avancées surtout en matière de liberté, ils ont également évoqué les problèmes qui ont pris de l’ampleur dans notre pays après 30 ans de démocratie, qui sont entre autres la corruption, le chômage, la crise scolaire, le népotisme.

Adam Dicko a dénoncé l’instrumentalisation de la société civile par certains hommes politiques. « Le multipartisme tant souhaité est devenu un problème, il y a une politisation de la société civile. Chaque homme politique veut avoir sa société civile. C’est une façon d’instrumentaliser la société civile. Dans notre pays, des politiques et des acteurs de la société civile se servent les uns des autres pour avoir des postes.

La société civile a une responsabilité dans l’échec de la démocratie malienne », affirmera Adam Dicko. Elle a appelé la société à continuer à jouer son rôle de veille citoyenne avec l’accompagnement des politiques.

Selon Bandiougou Danté, « le peuple malien ne s’est pas révolté en 1991 parce que le général Moussa Traoré avait duré au pouvoir. C’était pour avoir d e meilleures conditions de vie. Malheureusement les mêmes attentes sont là 30 ans après ».

Le deuxième panel, un peu plus houleux, a été animé par des acteurs politique notamment le président du Parti pour la renaissance nationale (Parena), Tiébilé Dramé, Moustapha Dicko de l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema/PASJ) et Dr. Choguel Kokalla Maiga, président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR).

Pour les deux premiers, les événements de mars 1991 ont permis de libérer les Maliens, qui souffraient sous la dictature. « Le 26 mars 1991 est la victoire du peuple malien. Il est important qu’on n’oublie pas la portée du mouvement qui a amené la démocratie au Mali. La démocratie est qualitativement meilleure à l’absence de démocratie. La démocratie est meilleure à la dictature », a vanté Tiébilé Dramé, ajoutant que « tout ce qui s’est passé depuis 1991 n’est pas parfait. La corruption a atteint des proportions inquiétantes dans notre pays. Il y a des améliorations à faire dans beaucoup de domaines mais le bilan n’est pas maigre ».

Par contre, selon Dr. Choguel Kokalla Maïga, « les dérives ne sont pas le monopole de la IIe République. En mars 1991, il y avait la liberté d’association, la liberté de la presse, ce qui manquait c’était la liberté de militer dans un parti. Je ne suis pas défenseur de la dictature, mais il ne faut pas faire croire aux jeunes que de 1968 à 1991 c’était l’enfer et de 1991 à nos jours c’est le paradis. Des hommes politiques ont fait des discours pour appréhender le pouvoir. Quand ils l’ont eu, ils en ont fait ce qu’ils voulaient. Les acquis de la démocratie malienne sont en deçà des attentes. Pourquoi le Mouvement démocratique n’a-t-il pas fait la lumière sur les crimes ? Est-ce qu’il y a moins de corruption aujourd’hui ? Est-ce qu’il y a moins de chômage ? L’armée est dans quel état ? Nous avons presque perdu notre pays », a-t-il déclaré.

Lire la suite sur L’Indicateur du Renouveau

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