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Premier revers pour Me Tapo : L’AMPP suspend «toute collaboration» avec le ministère de la Justice

Nommé ministre de la Justice, Garde des Sceaux dans le gouvernement restreint de Boubou Cissé, Me Kassoum Tapo confond la gestion de son cabinet d’avocat à celui d’un département ministériel. C’est du moins, le constat fait par l’Association malienne des Procureurs et Poursuivants (AMPP).

 

Dans une déclaration publiée, ce lundi 10 août, «en réaction aux propos du Ministre entrant de la Justice sur le Parquet», l’AMPP dénonce les agissements de Me Kassoum Tapo. La raison principale de la colère des procureurs et poursuivants est la nomination de Boya Dembélé au poste de Procureur Général de la Cour Suprême. Selon Cheick Mohamed Chérif Koné, président de l’AMPP, cette nomination confirme la volonté du ministre de réduire le Parquet à «sa chose».
L’AMPP désapprouve toute nomination à des postes de responsabilité dans le secteur de la justice, fondée sur des considérations autres, que celles tenant au «mérite, à la compétence, à l’expérience et la qualité professionnelle». La nomination de Boya Dembélé est, selon les mots du président Cheick Mohamed Chérif Koné, l’imposition d’un magistrat non méritant, voire un néophyte du ministère public, à la tête du parquet de la Cour Suprême.
Selon les informations de maliweb.net, Boya Dembélé n’est autre que le beau-fils du ministre Tapo. La propulsion de ce magistrat au poste de Procureur Général de la Cour Suprême a été faite, selon l’AMPP, aux «seules fins abjectes d’organiser l’impunité des prédateurs de l’économie». «Un cafouillage qui organise le dysfonctionnement de la Justice, pour les besoins d’une cause manifestement illicite et d’une entreprise profondément immorale», insiste la déclaration de l’AMPP.
Les membres du Parquet de la Cour Suprême sont, selon l’AMPP, des commissaires du droit, des défenseurs de la loi et «non pas des agents en charge de la défense des intérêts d’un gouvernement ou d’un régime». L’AMPP rappelle que nonobstant le pourvoi d’ordre et le lien hiérarchique, «les membres du Parquet de la Cour Suprême, de par leur statut et leurs missions, n’ont pas d’instructions à prendre auprès du Ministre de la Justice, d’avis à recevoir de lui, ou de compte à lui rendre;»
Au regard des agissements du ministre Tapo, l’Association malienne des Procureurs et Poursuivants suspend «toute collaboration avec le Ministre de la Justice entrant et de son Cabinet jusqu’à nouvel ordre».

Assétou Cissé

LE COMBAT

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