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OPERATION MILITAIRE TRANSFRONTALIERE «SOURCE DE PAIX» : «La Turquie n’a aucune visée sur le territoire syrien», dixit l’ambassadeur Murat Onart

Conscient que les médias peuvent jouer un rôle prépondérant dans le renforcement des liens diplomatiques entre deux pays et d’amitié entre deux peuples, l’ambassadeur de Turquie au Mali a décidé de créer un cadre de rencontre permanente (tous les trois ou quatre mois) afin d’échanger sur l’actualité. La première rencontre a eu lieu hier (mardi 22 octobre 2019). L’ambassadeur Murat M. Onart a profité de l’opportunité pour mieux expliquer à l’opinion malienne les enjeux de l’Opération militaire «Source de paix» que son pays a lancée en Syrie.

«La Turquie n’a aucune visée sur le territoire syrien» ! Telle est l’assurance que l’ambassadeur de la Turquie au Mali, M. M.Murat M. Onart, tenait à donner aux Maliens. Et cela a à travers un point de presse qu’il a animé hier (mardi 22 octobre 2019) à sa résidence afin de mieux édifier l’opinion malienne sur les objectifs et les enjeux de l’Opération «Source de paix» déclenchée par son pays le 9 octobre 2019 en Syrie.

Au contraire, a souligné le diplomate, la Turquie soutient «l’intégrité  territoriale de la Syrie et ne cesse de promouvoir une solution politique au conflit syrien». Et d’ajouter qu’il ne s’agit donc point d’une «invasion» et que la «Turquie soutient l’intégrité  territoriale de la Syrie et ne cesse de promouvoir une solution politique au conflit syrien».

«L’Opération Source de Paix est une intervention militaire transfrontalière visant à assurer la sécurité de nos frontières, à secourir les Syriens victimes de l’oppression d’organisations terroristes, à assurer l’intégrité territoriale et politique de la Syrie et à permettre le retour volontaire des réfugiés»,  a défendu M. Onart.

Et pour lui cette opération est «conforme au droit international» car menée dans le cadre de l’article 51 de la Charte des Nations unies qui régit la «légitime défense».

Selon les explications du diplomate turc, l’Opération «Source de paix» vise à empêcher le PYD/PG (branche syrienne du PKK) de poursuivre ses efforts en vue de créer «un Etat terroriste» aux frontières de son pays. «Le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, qui existe depuis 1984) a causé la mort de plus de 40 000 personnes en Turquie. Elle est reconnue comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l’Union européenne et de nombreux pays», a souligné M. Murat. M. Onart.

Face à la presse malienne, il a aussi insisté sur le fait que cette opération, contrairement à ce que «certains insinuent», ne «constitue aucunement une attaque contre les Kurdes ou tout autre groupe de populations en Syrie… Elle ne vise que les organisations terroristes que sont le PYD/YPG (Unités de protection du peuple-YPG, branche armée du Parti de l’union démocratique syrien-PYD) et Daesh».

«La Turquie a déjà mené deux opérations transfrontalières en Syrie en 2017 et 2018. Comme lors de ces deux opérations, seuls les éléments  terroristes  et leurs caches, abris, emplacements, armes, véhicules et équipements sont visés. Le plus grand soin est pris pour épargner la vie des civils», a assuré l’ambassadeur de Turquie au Mali.

Il a donc demandé aux médias maliens d’être prudents pour ne pas reprendre de fausses informations, des «Fake news» diffusées sur les réseaux sociaux dans «le but de manipuler les faits». Ainsi, a précisé M. Onart, «des mensonges et des images sorties de leur contexte sont utilisés pour influencer l’opinion publique».

L’ambassadeur a rappelé aux journalistes que la Turquie accueille au moins 4 millions de réfugiés syriens. Une présence qui a un coût économique (charge financière) estimé à au moins 40 milliards de dollars. Et en quatre ans, l’Union européenne n’a apporté que 3 milliards d’Euros sur une promesse de six milliards d’Euros. C’est aussi pourquoi le pays a lancé cette opération militaire afin de créer les conditions d’un retour volontaire des réfugiés syriens.

Rappelons que le 17 octobre 2019, la Turquie a conclu un accord avec les Etats Unis pour donner 120 heures au PYD/YPG afin de retirer ses éléments de la région concernée. Cet ultimatum expire ce soir. «Si cela n’est pas, l’opération reprendra», a assuré l’ambassadeur Murat M. Onart. Gageons qu’on saura avoir raison garder dans les deux camps afin d’épargner des vies innocentes !

Moussa Bolly

LE MATIN
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