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Opération Barkhane : sur le front avec les soldats français au Sahel

Voilà plus de sept ans que l’armée française est engagée au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane. Alors que 51 soldats y sont « morts pour la France », le décès du président tchadien Idriss Déby en avril puis l’enlèvement d’un journaliste français, confirmé en mai, reposent la question de la pertinence de cette présence massive. Nous avons accompagné le groupement Chimère dans la dangereuse zone des trois frontières, entre Mali, Niger et Burkina Faso.

Il est 5 heures du matin, quelque part au nord du Burkina Faso. Les 250 soldats français du groupement tactique désert Chimère sont déjà bien réveillés, gilet pare-balles sur le dos, fusil à portée de main. Les lits de camp sur lesquels ils viennent de passer une courte nuit à la belle étoile sont rangés dans les véhicules blindés. Le convoi va pouvoir reprendre la route dans l’immense désert du Sahel.
Voilà quelques semaines que les jeunes marsouins parachutistes de Chimère ont quitté la quiétude de leur caserne de Castres pour l’extrême chaleur du Sahel. C’est le 15 mars que, pour les hommes du 8e Régiment parachutiste d’infanterie de marine, l’alerte Guépard a été déclenchée. En moins de 48 heures, une compagnie (environ 150 hommes) doit être en mesure de partir à l’autre bout du monde pour plusieurs mois de mission. « Cette projection s’inscrit dans le programme de relève et d’adaptation permanente du dispositif de la force Barkhane », peut-on alors lire dans un communiqué de presse diffusé par le régiment, rompu à l’exercice du Guépard, en 2015 à la suite des attentats commis à Paris, mais aussi en 2013 lors d’un déploiement en République centrafricaine.

Barkhane est une opération militaire française, lancée le 1er août 2014 dans la bande sahélo-saharienne, contre les groupes armés terroristes, notamment de Daech et AQMI. Cette « Opex » (opération extérieure) fait suite à l’opération Serval lancée un an plus tôt au Mali par François Hollande, pour empêcher des djihadistes de s’emparer du pays. Composée d’environ 5.100 militaires français déployés sur un territoire grand comme l’Europe, cette force armée organise, avec les pays alliés du G5 Sahel (Mali, Niger, Tchad, Mauritanie et Burkina Faso), une à deux opérations d’envergure par an, dans le but à chaque fois de frapper un grand coup et neutraliser le plus d’ennemis possible.

Cette année, plus de 1.200 soldats tchadiens ont fait la route depuis N’Djamena pour renforcer le dispositif. Le groupement Chimère se joint à cette opération majeure sur le terrain. « Notre mission est d’accompagner le bataillon tchadien au combat, contre les groupes armés terroristes (GAT), dans la zone des trois frontières [Aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, NDLR]. Cette opération a pour but de détruire les réseaux de GAT qui sévissent dans cette zone », explique le colonel Prod’homme, chef de Corps du régiment de Castres et commandant du groupement Chimère. Depuis 2013 et le début de cette guerre française au Sahel , l’objectif est toujours le même : la stabilité du territoire pour permettre son développement.

Un ennemi dangereux et insaisissable
Mais la mission est complexe. Depuis le choc de l’opération Serval, qui a stoppé une colonne armée de djihadistes roulant sur Bamako, la capitale du Mali, les militaires français tentent de débusquer des terroristes cachés dans la population. Dans cette région, ces derniers s’appuient sur l’extrême pauvreté pour étendre leur influence. L’absence d’activité économique et le manque d’éducation forment un terreau favorable au terrorisme, surtout dans un pays où le sentiment antifrançais semble gagner du terrain, à en constater la multiplication des manifestations à Bamako ces dernières années.

D’ailleurs, Barkhane ne dispose pas que d’un volet militaire. Parmi les milliers d’hommes et de femmes déployés sur le terrain, une partie d’entre eux mènent des actions civilo-militaires, essentiellement au Mali, avec pour objectif de soutenir le développement et la reconstruction du pays, via des forages de puits, des financements d’écoles, d’activités économiques et artisanales locales. Elle se défend de faire de la concurrence aux ONG et aux humanitaires, mais l’armée française a compris que cette guerre ne peut se gagner sans le soutien de la population.

D’autant que les enjeux de cette « Opex », la plus longue et la plus coûteuse en matériel depuis la Seconde Guerre mondiale, dépassent le territoire du Sahel. « Ici, on assure la défense de l’avant, affirme le colonel Prod’homme, alors que les militaires engagés dans l’opération Sentinelle participent à la défense du territoire national face à un ennemi qui, mû par son idéologie radicale, ne renoncera pas à la violence pour nous imposer sa volonté. Dans les deux cas, qu’il s’agisse de maintenir à distance de sécurité ou bien de défendre le sol national, nous oeuvrons avec coeur et dévouement au service de la sécurité de nos concitoyens. » Faire la guerre en Afrique pour protéger la France et même l’Europe, l’idée est également partagée par des parlementaires français ayant consigné dans un rapport rendu public début avril que « le risque de voir l’Europe frappée depuis le Sahel est manifeste », avant de qualifier Barkhane de « socle robuste contre le terrorisme ».

 

Source: Les Echos

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