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Le mouvement démocratique malien : Qu’est-ce qu’il faut retenir pour faire un bond en avant ?

Sur la chaîne Africable télévision s’est tenu le lundi 25 mars 2019 un grand débat sur le mouvement démocratique malien. Ce débat animé par Choguel Kokalla Maiga, Mountaga Tall, Tiéman Huber Coulibaly et Issa N’Diaye entre dans le cadre de la commémoration du 26 mars, date d’instauration  du régime démocratique malien.  Le thème était : « Faut-il rester dans la troisième République ? »

Pour mieux expliquer l’avènement de la démocratie malienne, le président du CNID, Me Mountaga Tall, s’est prononcé sur la nécessité qu’il y avait pour mettre fin au pourvoir de l’UDPM et tendre vers le multipartisme. À ses dires, cela était une condition sine qua non pour que chaque citoyen puisse se sentir concerné par les affaires de la nation. À l’en croire, de Alpha Oumar Konaré jusqu’aujourd’hui, les chefs d’État n’ont pas gouverné selon les idéaux du mouvement démocratique. Il va jusqu’à préciser que  l’idéologie de son parti a été depuis sa création à cette époque « Réconcilier et construire ». Il va plus loin en laissant comprendre que les membres du mouvement démocratique n’étaient pas animés par une seule et même idéologie. Outre cela,  précise-t-il,  beaucoup trouvaient que le développement de la nation n’était possible que par la démocratie.

De son côté, le professeur Issa N’Diaye, universitaire et écrivain, a rappelé l’idéologie qui animait les gens au moment de l’avènement de la démocratie : « On ne veut plus de l’ancien, mais plutôt le nouveau », rappelle-t-il le slogan en vogue à cette époque. La non-réalisation de cette volonté a fait que beaucoup se sont détournés de cette démocratie. Selon lui, il y a eu juste une transposition de ce qui existerait à l’Occident au Mali. Ce qui, à ses yeux, a été une erreur. «On s’est retrouvé dans une mauvaise démocratie nous faisant oublier qui nous sommes », a-t-il déploré.  Ainsi,  la démocratie a été réduite au vote, à la quête de l’intérêt personnel, du coup, le pays a été oublié, martèle-t-il.

Le président du MPR, Choguel Kokalla Maiga, a, de son côté, soutenu d’abord ce qu’a dit Issa N’Diaye à savoir que les idéologies de mars 1991 ont été violées. À l’en croire, des mauvaises promesses ont été faites à cette époque dans l’unique but de faire tomber l’UDPM. Il s’est attelé ainsi à l’explication de la dégénérescence du rapport entre le pouvoir en place en 1991 et les étudiants. Il affirme que  cette lutte a eu lieu tout simplement parce qu’il y avait des gens qui voulaient le pouvoir. C’est ceux-ci qui ont provoqué le soulèvement, précise-t-il. Tout le monde,  y compris les juges,  avait été alors corrompu pour des buts bien déterminés, note-t-il avec regret. Les gens voulaient plus de justice, d’égalité. S’agissant du régime de Moussa Traoré, Choguel trouve que « Tout n’est pas à rejeter ». Il faut prendre les bons et rejeter les mauvais pour mieux avancer,  recommande-t-il contrairement à Issa N’Diaye qui précise que « Moussa n’a rien fait de bon dans ce pays » et qu’il a été renversé parce que son règne n’était pas bon. Dans l’avènement du mouvement démocratique, « beaucoup d’erreurs ont été commises ».  Ce qu’il propose, c’est de s’asseoir pour déterminer les complots qui ont été ourdis à cette époque. Cela est nécessaire à ses yeux  pour que les hommes puissent avoir confiance les uns des autres.

Quant à Tiéman Huber Coulibaly, président de l’UDD, il estime que dans une lutte politique, il faut unir les forces. Il propose alors un effort de  synthétiser  afin de puiser les côtés positifs de tous les régimes qui se sont succédé à la tête du Mali de l’indépendance à nos jours. Les régimes qui se sont succédé à la tête de l’État. Car, «  On ne peut plus gouverner avec l’esprit d’hier, mais plutôt celui d’aujourd’hui » d’aujourd’hui », martèle-t-il avant de préciser : « Les guerres d’hier ne peuvent pas  être les guerres d’aujourd’hui ». À ses dires, il importe  de réagir par rapport à l’actualité du pays.

Se prononçant sur l’économie malienne, Mountaga Tall indique que « Le Mali n’est pas un pays pauvre parce que tout ce qui peut développer une nation existe au Mali ». A l’entendre, la première source de la pauvreté du Mali vient de la corruption. Il poursuit en précisant qu’il est facile de dénoncer cette corruption que de lutter contre ledit fléau. « Le public et le privé doivent se compléter », martèle-t-il avant de recommander entre autres : « le patriotisme économique »,  que  « les dirigeants aient pitié des gouvernés » afin que l’économie malienne se prospère.

Parlant du même sujet,  Tiéman précise qu’en principe, les revenus de  la nation doivent venir des zones rurales, des entreprises privées. Chose qui n’est pas le cas au Mali. Il recommande alors que l’État s’intéresse à ce domaine en aidant les entreprises privées. Cela peut contribuer à diminuer le taux de chômage dans le pays. Les trois ordres : ordre marchand, religieux et de la gouvernance,  selon lui,  ne doivent en aucune manière se mélanger si on aspire au développement.

Le professeur Issa N’Diaye  a précisé  que les entreprises privées maliennes ne peuvent pas se développer pour concurrencer celles étrangères. À l’en croire, la corruption a bien implanté ses racines dans tous les secteurs au Mali et les étouffe. Il affirme que tellement l’État malien a privatisé les entreprises qu’il faut même s’inquiéter  s’il ne finit pas par privatiser le gouvernement lui-même.

Fousseni TOGOLA

Source: Le Pays

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