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L’affaire Michel Tomi : L’un des talons d’Achille d’IBK dans la volonté de s’affranchir de la «tutelle» de la France

Et une semaine après, Mediapart a miraculeusement réussi à se procurer des extraits de conversations entre le «Parrain des parrains», le Corse Michel Tomi, et des dirigeants africains dont Ibrahim Boubacar Kéita. Aujourd’hui, tout porte à croire que «l’Affaire Tomi» est l’un des talons d’Achille d’IBK dans sa quête de s’affranchir du tutorat de la France dans la gestion de la crise du nord du Mali.

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«L’affaire Tomi est le meilleur argument de géostratégie française au Mali» ! Voilà ce que nous avait dis un doyen avec qui nous échangeons régulièrement sur les questions brûlantes de l’actualité malienne et africaine. Ce jour, il faut l’avouer, nous avions eu beaucoup de peine à suivre son raisonnement.

Mais, aujourd’hui, c’est clair comme l’eau de roche. Cette affaire Tomi est l’un des talons d’Achille d’Ibrahim Boubacar Kéita dans ses velléités de s’affranchir de l’Elysée et du Quai d’Orsay sur bien de sujets, notamment la gestion de la crise au nord du Mali.

Depuis quelques mois, tous les Maliens semblent comprendre enfin que la France a de la sympathie pour le Mnla et associés et qu’elle n’est pas prête à les lâcher malgré le refus de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (Cma) de signer l’Accord de paix dont bien de dispositions ont été imposées au gouvernement par la médiation internationale.

Et le chef des opérations de maintien de la paix de l’Onu, Hervé Ladsous, l’a dit : gare à celui qui va s’attaquer à ces narcotrafiquants parce qu’ils n’ont pas signé à Bamako !

Une menace à peine voilée qui a heurté l’orgueil du Manden Mansa Ibrahim Boubacar Kéita : Ladsous, ses parrains et ses protégés ont été remis à leur place sans ambages. Les observateurs s’attendaient alors à un retour de manivelle suite à cette «réaction patriotique» d’IBK !

Elle n’a pas tardé. En effet, une semaine après ce beau discours engagé, c’est l’affaire Michel Tomi qui refait surface avec des publications par Mediapart des extraits de conversations entre le «Parrain des parrains» (Michel Tomi) et IBK ainsi qu’Ali Bongo Odimba du Gabon.

Des extraits très embarrassants pour un Chef d’Etat qui ne cesse de réaffirmer sa volonté de restituer à son peuple son honneur et sa dignité.

Est-ce une manière de faire taire IBK ? Bien sûr que oui ! On se rappelle qu’il y a un an ou plus, quand IBK «trainait les pieds» pour l’ouverture des pourparlers avec les bandits armés par Sarkozy. Le journal Le Monde avait procédé de la même manière en révélant des liens entre le président de la République et le Mafieux.

Mais, il s’était gardé de publier les détails livrés aujourd’hui par Mediapart. Dans un premier temps, IBK avait menacé de porter plainte avant d’y renoncer sans justifier ce choix. Il avait sans doute compris que cela ne pouvait que préciser les attaques.

Aujourd’hui, tout porte à croire que la France préfère IBK à la tête du Mali sachant que c’était le «maillon faible» de la classe politique malienne, donc facilement manipulable à cause de ses compromettantes relations avec Tomi, le Corse.

Depuis 1996, on sait qu’IBK est l’ami de cet homme d’affaires aujourd’hui pourchassé par la justice française après avoir servi avec dévouement la cause de la «France-Afrique».

Une influence qui peut sans doute expliquer qu’IBK lui ait accordé une sorte de monopole pour les casinos dans notre pays. Tomi a la seule licence de casinos au Mali obtenue alors qu’IBK était Premier ministre. Une implantation autorisée contre l’avis de l’opposition et des religieux d’alors. Jusqu’ici aucune autre licence n’a été autorisée malgré la forte demande.

Si Tomi est aujourd’hui un bouc émissaire, IBK paraît comme un otage de cette amitié qu’il ne renie pas d’ailleurs. Ce n’est pas fortuit si ces extraits d’écoutes sont publiés en ce moment avec des détails humiliants pour un homme d’Etat.

La coïncidence, voire la succession des deux évènements ne doit rien au hasard du calendrier. En s’attaquant à la France à travers Ladsous, IBK savait pertinemment à quoi s’attendre.

C’est un rappel à l’ordre des autorités françaises qui semblent avoir un intérêt inavoué pour le nord du Mali et semblent alors avoir fait un deal avec des narcotrafiquants maquillés en rebelles touareg.

Ainsi, chaque fois qu’IBK veut s’attaquer au problème du nord du Mali d’une autre manière que celle prônée par Paris, la France sort ses griffes et brandit le drapeau rouge. Chaque fois qu’IBK veut sortir de son gon, on lui met des infos sur Tomi dans la presse. Et l’opposition, aphone en temps ordinaire, en fait ses choux gras.

Un bourgeois piégé par le goût effréné du luxe

«Le problème du nord Mali semble plus profond qu’on ne le pense ! Et IBK a fait piéger le Mali avec lui par son goût immodéré du luxe», pense un spécialiste des relations internationales dont nous tairons le nom pour des raisons diplomatiques.

«Si Benjamin Franklin disait des femmes que c’est par leur goût du luxe que les empires déclinent, cela en va de même pour toutes sortes d’individu qui aspirent à gouverner un peuple», ajoute-t-il.

L’évolution de la situation sur le terrain ne cesse de nous convaincre que nous avons fait le mauvais choix, aidés en cela par la France qui savait ce qu’elle faisait. Elle (la France) n’a sauvé le Mali des terroristes que pour mieux se positionner dans le Sahel, sous couvert d’une force onusienne qui lui ait acquise, en pactisant avec le diable, pardon les faux rebelles touareg.

C’est malheureux que les Maliens aient si massivement voté pour un homme déjà otage de la France à cause de sa compromettante amitié avec un mafieux traqué par la justice de son pays parce qu’il ne sert plus à la cause, les intérêts de son pays.

Dans des salons feutrés de Bamako, il se dit que c’est une société de Tomi (Galice) qui assure la sécurité d’IBK. Et que c’est une autre qui gérait ses locations d’avion alors qu’on avait un avion. Une autre est impliquée dans le scandaleux achat de l’avion présidentiel, des armes, etc.

Maintenant que nous savons tout, quelle attitude adopter face à ce chantage politico-diplomatique ? Comme le conseille si bien notre doyen, nous avons besoin de plus de prospectives sinon nous allons continuer à perdre du temps et des énergies dans les accusations alors que nous ne sommes pas assez prévoyants nous-mêmes. Le président sait que nous savons et que son peuple n’est plus naïf !

Mais comme nous l’avons toujours défendu, nous devons aider IBK malgré lui-même. Aujourd’hui, personne n’a intérêt à ce qu’IBK échoue parce que ce serait un inexorable retour à la case départ qui n’est pas sans conséquences dramatiques sur la République et la démocratie.

Le soutien des Maliens en dépit du lynchage médiatique de la France

Nous sommes en train de progressivement perdre le contrôle de notre propre pays. Si nous pouvons éviter cela en soutenant IBK, malgré ce qui s’est passé, nous pensons qu’il ne faut pas hésiter.

Autant nous offusquer de ce déballage et nous en indigner quelles que soient les raisons. Ce qui est sûr, la France ne s’adonnerait jamais à un tel chantage parce que ces Chefs d’Etat africains nuisent à leur pays, mais parce qu’ils compromettent ses intérêts en Afrique !

Visiblement, les Maliens ont majoritairement compris cela car au lieu d’accabler le président Ibrahim Boubacar Kéita, les réactions lui sont plutôt favorables sur les réseaux sociaux.

Les internautes ont compris le choix du moment et soutiennent majoritairement IBK parce qu’il a gardé l’honneur et la dignité du peuple sain et sauf en lavant sur le champ l’affront à lui fait par Hervé Ladsous, ce colon d’une autre époque.

Nous pensons que le Mali devrait patienter et accompagner IBK hors du pouvoir intelligemment en 2017 afin de choisir un «président moins compromis», s’il en existe réellement dans la classe politique malienne.

C’est prendre des risques inutiles d’embraser encore le pays que vouloir le contraindre à écourter son mandat. Il est clair que nous ne pourrons pas le faire partir si la France ne le souhaite pas.

Et aujourd’hui l’Elysée et le Quai d’Orsay ne souhaitent pas son départ. Ils n’y ont pas intérêt car Ladji Bourama est leur meilleur atout pour avoir la main mise sur ce Mali tant convoité de nos jours pour ses richesses insoupçonnées et sa position géostratégique. Et ils savent appuyer là où ça lui fait mal pour qu’il reste docile !

Alphaly

EXTRAIT DE L’ARTICLE DE MEDIAPART

Alors que le Mali est classé parmi les pays les plus pauvres du monde en plus de connaître la guerre et le terrorisme, les écoutes Tomi dans lesquelles apparait IBK montrent un président malien obsédé́ par la satisfaction de ses besoins dispendieux.

Le «parrain des parrains» le couvre d’égards et de cadeaux. Une voiture, pour commencer. Un Range Rover. Ecoute du 4 octobre 2013, à 20 h 15 : « Et le Range ? », demande Tomi au président du Mali. «Impeccable, impeccable…», répond l’intéressé́, qui n’a rien payé, d’après la justice.

Le Corse, telle une nounou pour chef d’Etat, rappelle ensuite à IBK sa prescription médicale, listant les médicaments qu’il doit prendre sans faute.

L’homme d’affaires ne ménage pas ses efforts pour permettre au président malien de bénéficier des meilleurs soins en France. Le 3 décembre 2013, après s’être assuré qu’IBK a bien réceptionné́ le manteau qu’il vient de lui faire livrer («comme ça demain vous vous couvrez bien»), Tomi tente un trait d’humour IBK, lui, a autre chose en tête. Le lendemain, à 20h 21, lors d’une conversation téléphonique, le président malien s’interroge :

-«Tu as pensé à mes lunettes, Michel ?»

-Réponse de Tomi : «Demain, j’ai celles avec les verres blancs. Il y a trois paires».

-IBK : «Les fumées, les fumées» !

-Tomi : «Ok, y a pas de problème, y a pas de problème».

Tout doit être aux petits oignons pour IBK. Le «Parrain des parrains» va même jusqu’à s’occuper des films qui doivent être téléchargés dans l’I-Pad du président malien.

La liste qu’il dicte à l’un de ses obligés, lors d’une conversation téléphonique du 8 février, à 14 h 26, parle d’elle-même : «Les trois Parrains», «Les Affranchis», «Ultimo Padrino»….

Une autre fois, Tomi fait en sorte que des costumes de la marque Cifonelli attendent son «frère» Kéita dans sa suite de l’Intercontinental de Paris. Il y en a pour plusieurs milliers d’euros. Une écoute du 2 mars 2014, à 22 h 10, montre un IBK très sensible à ces faveurs.

Très pressé, aussi. «Michel, si les gens de Cifonelli, là, pouvaient me donner mes habits de campagne, j’apprécierais beaucoup. Mes tenues légères, les trois poches là…», réclame le président malien. Tomi : « Elles seront prêtes demain. Vous avez besoin d’autre chose ?»

-IBK : « Euh…, en ce moment, non».

Mediapart

(Publié sur : http://www.attaya.net)

source : Le Matin

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