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La République ne peut s’installer dans l’entourloupe !

Dans notre pays, l’Etat stratège est presque myope, l’Etat providence impécunieux, l’Etat régalien désarmé ou presque. Malaise social, marasme économique, insécurité chronique, pandémie du Coronavirus, de plus en plus, le pays suscite l’inquiétude. C’est dans un contexte collectif explosif que la Centrale syndicale UNTM, la plus grande, selon l’idée généralement reçue, décide de rouvrir les hostilités. La phalange la plus dogmatique donne 10 jours au Gouvernement Choguel Kokalla MAIGA pour appliquer le Protocole d’accord signé, mais qui peine dans son application. Apparemment des sautes d’humeur déclenchées par l’entrée dans le Gouvernement de syndicats hostiles à la Centrale historique ont détricoté les relations qui avaient pourtant commencé sous de bons auspices comme en témoigne la félicitation adressée au Chef du Gouvernement à sa nomination.

 

Point de surprise cependant face à cette montée supposée ou réelle du mercure. Elle participe bien d’une stratégie syndicale de monopoliser les cartes gagnantes en vue de négocier le moment venu dans un statut de favori.

Qu’à cela ne tienne, l’apaisement du front syndical sera le vrai révélateur de la capacité du gouvernement à gagner la guerre pour la satisfaction de la demande sociale. Pour réussir le challenge, il faudra à Choguel et ses coéquipiers du Gouvernement mettre en œuvre une politique à l’inverse des vieilles lunes des marchands d’illusions, sans se faire morigéner.

Pour éviter la colère née de la frustration, il faut prendre des décisions de rupture dont le Mali a tant besoin et que ce gouvernement de Transition se propose de faire ; assumer le passage d’un traitement symptomatique à un traitement plus en profondeur des revendications syndicales dont certaines se fossilisent, à l’instar de celles relatives à des compressés et des partants volontaires à la retraite qui pendant 30 ans attendent des droits qui ne sont pas tombés, à la grille mise en œuvre depuis le 1er janvier 2021 qui n’a pas vu le jour. En cela, le Gouvernement ne peut ni manier la langue de bois ni avancer à l’aveugle sur des sables mouvants. Mais surtout, il doit retrouver le sens des priorités.

Le Chef du Gouvernement peut avoir comme allié certain la Charte de la Transition qui stipule en son article premier : ‘’outre les valeurs affirmées par la Constitution du 25 février 1992 en son préambule, la présente Charte consacre les valeurs et principes suivants pour conduire la Transition : (…) le dialogue et l’esprit de consensus ; l’esprit de solidarité, de pardon et de réconciliation’’.
Pour extraire le pays de cette crise larvée, M. MAIGA devrait avoir également et d’abord comme allié lui-même ; c’est-à-dire éviter à tout prix d’être frappé de discrédit pour ses promesses non tenues en se transportant sur le terrain très piégeur de l’entourloupe et de l’enfarinade.

Il va sans dire qu’un front social apaisé permet de s’attaquer avec sérénité aux autres chantiers annoncés, à savoir les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation des élections, la sécurité qui a besoin de réadaptation depuis l’annonce de la suspension des opérations conjointes FAMa-Barkhane, puis du retrait de la Force française.
Alors au boulot, messieurs du Gouvernement !

PAR BERTIN DAKOUO

Source : INFO-MATIN

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