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José Ruiz: «L’équipe du Mali est en devenir»

L'équipe du Mali lors de l'Afrobasket 2009. Fiba

L’équipe du Mali lors de l’Afrobasket 2009.
Fiba

José Ruiz, l’entraîneur de l’équipe du Mali de basket-ball, conduira les Aigles lors du Championnat d’Afrique masculin, l’Afrobasket 2013 à Abidjan (20-31 août). Le Français, champion d’Afrique 2007 avec les Maliennes, espère cette fois figurer dans le Top 8 africain avec les garçons.

RFI : José Ruiz, le Mali n’a pas réussi à décrocher sur le terrain sa participation pour l’Afrobasket 2013. Les Aigles ont été repêchés pour le tournoi. Le conflit qui a ravagé le Nord du pays peut-il expliquer cette contre-performance ?
José Ruiz : Il y a tout un faisceau d’explications. La première, c’est l’énorme déception qu’a provoqué l’élimination d’un point face à la Tunisie en 2009 (74-73 en quarts de finale de l’Afrobasket en Libye, Ndlr). Il y a peut-être eu ensuite un passage un peu difficile, un peu conflictuel. L’équipe s’est un peu dissoute. Les joueurs sont retournés dans leurs clubs et ont un peu déserté l’équipe nationale. Le conflit au Mali, lui, a sans doute perturbé la Fédération dans la mise en place des contacts et des rassemblements.

 

Le basket-ball malien a-t-il beaucoup souffert du conflit au Nord du Mali ?
Oui et non. Les clubs sont surtout regroupés à Bamako. Dans la capitale, je n’ai pas constaté un climat tendu, qui serait contraire à une bonne pratique du basket. Par contre, tous les projets de développement du basket mis en place par la Fédération à Gao et dans le Nord du pays ont été arrêtés ou tout du moins considérablement retardés. Quant au  processus qui consiste à faire venir des joueurs et joueuses de Gao à Bamako, il me semble perturbé depuis un certain temps.

 

Etes-vous confiant quant à la participation des meilleurs joueurs maliens à cet Afrobasket 2013 ?
Je ne suis pas confiant, j’en suis sûr. Beaucoup de joueurs qui n’étaient pas là lors des dernières qualifications seront là. Après, il y aura peut-être une « perle rare » à aller chercher quelque part. Je pense à un très grand joueur qui s’appelle Ousmane Cissé et qui joue aux Etats-Unis. Nous avons du mal à le convaincre de venir. Donc, il y a encore des choses à faire mais le rassemblement des forces vives sera réalisé à 90% pour cette campagne.

 

Qui seront les joueurs cadres de l’équipe du Mali durant cet Afrobasket ?
Il y a Modibo Niakaté qui est meneur, Mohamed Tangara qui est un pivot important. Nous avons Nouha Diakité au poste 4 (ailier fort) et son frère Mahmoud Diakité qui joue en 3 ou 4 (ailier ou intérieur). Ce sont des joueurs qui vous avez vu en Pro A ou en Pro B (première et deuxième divisions en France, Ndlr). Je pense que nous pourrons aussi récupérer Ludovic Chelle (arrière-meneur) qui était blessé l’année dernière. Il y aura peut-être aussi des joueurs comme Souarata Cissé (arrière/ailier). Ça fait beaucoup de noms connus en France. Ces joueurs vont donner une nouvelle dimension à l’équipe du Mali.

 

Comment définiriez-vous le style de l’équipe du Mali ?
Notre style est en construction. Nous ne pouvons pas afficher un style propre, avec des préférences, avec des tendances, avec des secteurs forts ou faibles, parce que toutes nos forces ne sont pas encore rassemblées. Je ne pense pas que nous parviendrons par exemple à convaincre Amara Sy d’être là. Je ne sais pas si Ousmane Cissé sera là. Or, le style d’une équipe du Mali sans ces deux joueurs ne peut pas s’exprimer de la même manière. Nous sommes en devenir et à la recherche de notre style.

 

Le Mali affrontera le Nigeria, le Cameroun et le Congo-Brazzaville, en phase de poules de l’Afrobasket 2013. Que pensez-vous de ces adversaires ?

 

Toutes les poules sont difficiles mais […] dans la notre, il y a le Nigeria qui est le « toit de l’Afrique ». Les Nigérians ont réussi à aller aux JO 2012 en éliminant les Grecs (et les Dominicains lors du Tournoi préolympique de basket, Ndlr). Ce sont de gros clients.
Les Camerounais, on les a vus jouer en quarts de finale contre l’Angola (défaite 84-83 lors de l’Afrobasket 2011, Ndlr). Les Camerounais ont sans doute perdu ce match parce qu’ils n’étaient pas habitués à gérer des moments aussi fins. Mais ils ont prouvé qu’ils avaient une très grosse équipe.
Enfin, le Congo est une équipe inconnue pour nous. On ne les a pas vus jouer. Ils n’étaient pas qualifiés à Madagascar (en 2011). A priori, ce devrait être la dernière équipe de la poule. Mais je ne sais pas ce que ça donnera…

 

Le Mali a fini 11e en 2007, 8e en 2009 et 9e en 2011. Pour 2013, quel est l’objectif ?
Il n’a pas été défini de manière chiffrée. Mais je pense qu’on veut tous être dans la première moitié du tableau. Ce serait une nouvelle étape. Je le dis encore : on est en construction. Il faudra obtenir la deuxième ou la troisième place de la poule et savoir qui on affronte après (en huitièmes). Ensuite, on voudra entrer dans les huit premiers. […]

 

Lors du tirage au sort de l’Afrobasket 2013, Yvan Mainini, le président de la Fédération internationale, a estimé que les basketteurs africains avaient tout pour réussir. Que manque-t-il alors pour que le basket-ball africain décolle ?
Je vous livre une anecdote à ce sujet. Un de mes anciens assistants chez l’équipe féminine malienne ne jurait que par le basket américain. Le basket américain sera toujours le basket américain. Le basket européen, lui, a prouvé qu’il était le basket d’aujourd’hui. Mais j’ai dit que le basket de demain, c’est le basket africain. Quand je vois tout le potentiel des joueurs dans plusieurs pays, quand je vois toute cette manne humaine, je me dis que le jour où il y aura un peu plus de moyen l’Afrique ne pourra que devenir un grand continent de basket. […]

 

Par David Kalfa / rfi.fr/

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