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Dr Choguel Kokalla Maïga: « mon bilan »

samedi 11 juin 2022 sur sa première bougie. L’occasion a été saisie par le Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga en présence de son équipe d’esquisser le bilan des actions qu’il a mené au gouvernail du pays. C’était à l’occasion d’une conférence de presse organisée au Contre international de conférences de Bamako (CICB) devant un parterre d’invités de marque, de confrères de la presse publique et privée.

 

C’est un Choguel Kokalla Maïga, rompu à la rhétorique et à l’art oratoire qui s’est prêtés durant plus de 4 heures d’horloge aux questions des journalistes en français et en bambara dans le cadre de Mali Kura Taasira qui avait vu déjà défilés sur le plateau de l’ORTM les 28 membres du gouvernement. L’exercice, a expliqué le Premier ministre, procède du devoir de redevabilité qui est la pierre angulaire de la refondation. Parce que la confiance placée en le gouvernement n’est pas un blanc-seing, eu égard à l’attente des populations qui reste grande. Ce devoir de redevabilité va de pair avec le devoir de réussir, celui de ne pas décevoir, et surtout le commandement résident de ne pas échouer : « interdit d’échouer ».
En une année de mise en pratique, la gouvernance de rupture et d’exemplarité, gouverner par l’exemple, comme l’a expliqué le Premier ministre, a-t-il été un succès, un succès story ou un cauchemar pour les Maliens ?
Selon le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, l’obligation de rendre compte de ce qui a été fait en leur nom est un devoir pour demeurer en phase avec ces millions de Maliens qui ont cru et continuent de croire en l’absolue nécessité de la refondation de notre système politique, institutionnelle, et en la façon dont le pays est gouverné jusqu’ici. Face aux journalistes, qui n’ont pas fait dans beaucoup de générosité, le Premier ministre a été prolixe sur les relations entre le Mali et la CEDEAO, la durée de la Transition fixée désormais à 24 mois, la montée en puissance des FAMa, la gestion de l’embargo au plan économique et social, la campagne agricole…

Mali-CEDEAO
Évoquant la crise entre notre pays et la CEDEAO, le Premier ministre a expliqué que le Mali n’est l’ennemi de personne et souhaite entretenir des relations de bon voisinage et de coopération avec tous les pays du Monde dans le strict respect de sa souveraineté et de ses intérêts supérieurs.
Le Mali a été ouvert à la CEDEAO et disponible pour le dialogue en vue de trouver un compromis avec les frères africains. Durant des mois les autorités de la Transition, notamment le président de la transition, ont gardé le contact des chefs d’État de la CEDEAO, reçu et discuté avec le médiateur Goodluck. À la veille du sommet d’Accra du 4 juin, un accord avait été trouvé avec le Médiateur qui a fait son devoir en faisant le rapport à la conférence des chefs d’État. À la dernière minute, la CEDEAO, explique le Premier ministre, s’est rebiffée estimant qu’elle voudrait plus de détails alors même qu’on s’était accordé sur les 24 mois.
Las de continuer à jouer cette commedia dell’arte, les autorités de la transition soucieuse des attentes et des aspirations légitimes du peuple malien qui ne souhaite se laisser enfermer dans une guerre d’usure et être victime d’un supplice de Tantale, ont décidé d’officialiser le terme de l’accord obtenu dont la CEDEAO a préféré différer la publication au 3 juillet prochain.

Sans fermer la porte à tout compromis avec la CEDEAO, le Premier ministre estime que le Mali a décidé de poursuivre souverainement la mise œuvre de la refondation et des reformes essentielles qui seront les sous-bassement du Mali-Kura. Espérant que tous les acteurs de tous les bords auront en partage le Mali comme ambition et objectif ultime, le Dr Choguel Kokalla Maïga explique que le souhait des autorités de la transition c’est de passer le relais aux nouvelles autorités élues en toute transparence au terme du délai convenu dans un Mali Kura apaisé, sécurisé, souverain et réconcilié avec lui-même et ses voisins.
Aussi, le Premier ministre a assuré que le gouvernement n’a pas de problème avec le chronogramme qui est établi dont le contenu peut être rendu public à tout moment. « On peut même le publier dans une semaine avant le sommet du 3 juillet si le président de la Transition le souhaitait », a affirmé Choguel Kokalla MAIGA.

Lâchage de la communauté internationale
La question est revenue comme une redondante : comment avec les sanctions les autorités font-elles pour faire face à l’équipement de l’armée, à l’effort de guerre ? Où trouvent-elles de l’argent ?
Très pédagogue, le Premier ministre a évacué la question en disant qu’il aurait voulu voir les journalistes curieux de savoir comment le gouvernement a-t-il fait en période d’embargo et en pleine guerre contre le terrorisme pour augmenter les salaires de 204 milliards de FCFA.
En effet, lors de son passage dans l’émission Mali Kura Taasira, le ministre de l’Économie et des Finances, Alfousseini Sanou, a rassuré les fonctionnaires et tous les Maliens : « Les salaires seront toujours payés inchallah, il n’y a aucun souci. L’État a les moyens, les ressources suffisantes, les ressorts solides et suffisants pour continuer de payer tant que faire que peu, il n’y a aucun souci pour les salaires ».
Louant l’esprit d’anticipation, de suite et de logique de son ministre de l’économie et des finances, le Dr Choguel Kokalla Maïga a salué tous les membres du gouvernement, toutes les institutions et les cadres pour les sacrifices consentis en matière de réduction du train de vie de l’État qui a permis de faire une économie d’échelle de plus de 100 milliards FCFA.
Sur les 101 milliards FCFA économisés, nous avons alloué 71 milliards FCFA au ministère de la Défense et des anciens Combattants, 5 milliards FCFA à l’entretien routier, vous constaterez un peu partout l’entretien routier qui se fait , 5 milliards FCFA à la réhabilitation des écoles, 4,7 milliards FCFA pour accompagner le ministère de la Santé dans le relèvement du plateau technique de certains CSCOM, on a mis 5 milliards FCFA au niveau de l’assainissement et au sport et 10 milliards FCFA ont été alloués aux dépenses sociales. Voilà à peu près comment les 101 milliards FCFA ont été dépensés.

Pour juguler la crise et stabiliser le pays, a expliqué le Dr Choguel Kokalla Maïga, le gouvernement a fait le choix stratégique de redresser la santé économique et financière de la filière coton qui fait vivre plus de 4 millions de Maliens directement et à travers toutes les chaînes de valeurs de la filière coton (secteur des transports, des hydrocarbures, les huileries, les savonneries, les transports, l’élevage). Il fallait faire face aux impayés (87,5 milliards FCFA), inciter les producteurs en offrant un prix jusqu’ici jamais égalé et maintenir les subventions (17 milliards).

Relation Mali-Russie
Ce que la diplomatie de la refondation appelle par euphémisme « diversification du partenariat stratégique », pour ne pas parler clairement de l’accord avec les Russes de Wagner d’appuyer les FAMa après l’abandon en plein vol des Français, était aussi au centre de la curiosité des confrères. Avec beaucoup de langue de bois.
L’historique est connu, et s’enseigne dans tous les grins acquis à la Transition de Bamako. En effet, après la suspension unilatérale le jeudi 3 juin 2021 de sa coopération militaire par la France avec notre pays « à titre conservatoire et temporaire », le Mali a décidé de procéder à une réorganisation stratégique de ses forces armées (FAMa), à une adaptation opérationnelle et à la recherche de nouveaux partenariats fiables basés sur le respect mutuel et le respect strict de la souveraineté du Mali, a indiqué le Premier ministre. C’est après ce lâchage en plein vol, poursuit-il, que le Mali s’est retourné vers la Russie. Et on ne peut pas dire aujourd’hui qu’on regrette ce choix.
Les résultats de la coopération opérationnelle sur le terrain avec Wagner sont éloquents.

Expliquant la montée en puissance de l’armée, sur le plateau de Mali Kura Taasira, le ministre de la Défense et des anciens combattants, le colonel Sadio Camara, disait, « hier nos emprises militaires subissaient des attaques occasionnant des pertes dans les rangs de nos forces de défense et de sécurité (FDS), nos villages étaient détruits par terrorisme, l’émoi était au sein de nos populations qui se sentaient sans défense. Car les ripostes n’étaient pas à hauteur de souhait, nos forces étant dépendantes en termes d’appui aérien, d’évacuation sanitaire et même souvent de logistique des partenaires.
Aujourd’hui, grâce à la volonté et à la détermination des plus hautes autorités, avec l’intensification du recrutement, l’acquisition de nouveaux équipements dont le renforcement des vecteurs aériens, la formation, l’entraînement et la valorisation de la condition militaire, les Forces armées Maliennes (FAMa) peuvent mener des opérations aéroportées, des évacuations sanitaires, diverses actions opérationnelles en toute autonomie.
C’est pourquoi nous pouvons affirmer que les Forces armées Maliennes (FAMa) détiennent désormais l’initiative des actions. Maintenant, grâce à leur montée en puissance ce sont les Forces armées Maliennes (FAMa), qui attaquent les terroristes jusque dans leurs sanctuaires ».
Pour exercer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, l’État malien s’emploie à redéployer l’administration et les services sociaux de base dans les zones reprises par les Forces armées maliennes. Toutefois, le gouvernement ne veut pas d’un retour dans les mêmes formes et nature que par le passé, avait expliqué le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation dans l’émission Mali Kura taasira.

Le Gouvernement a redéployé les membres du corps préfectoral civil dans des zones peu sécurisées pour les remplacer par du personnel militaire qui a ainsi l’obligation d’assurer la présence de l’État, y compris en étant dans des camps FAMA, lorsque les infrastructures ont été détruites par les terroristes ou lorsque, la situation sécuritaire ne leur permet pas d’occuper les bureaux de la préfecture ou de la sous-préfecture.

Face à la presse, ce samedi, le Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga a révélé qu’en dépit de toute la désinformation des officines qui se sont donné comme mission de dépeindre tout en noir dans notre pays, aujourd’hui tous les postes de gouverneurs sont pourvus ;99% des postes de préfet sont pourvus et seuls soixante-six (66) postes de sous-préfets, sur un nombre total de trois cent trente postes (330), demeurent vacants (soit 80% d’occupation).
Afin de rapprocher les services de sécurité des populations et de permettre le retour de l’administration et des services sociaux de base, le gouvernement depuis sa formation le 11 juin 2021 à ce jour a procédé à un large maillage sécuritaire très efficace.
Il a dans ce cadre à travers le ministère de la Sécurité et de la Protection civile (MSPC) réalisé depuis le 11 juin 2021 entre autres :
– Treize (13) Commissariats (Koulikoro-2, Diéma, Douentza, Koro, Bankass, Nianfunké, Goundam, Djenné, Sirakoro, Kayes 2, Kignan, Bourem, 1008 logements) ;
– Quarante-trois (43) Postes de Sécurité (41 à Bamako, 1 à Koulikoro-Tanabougou, 1 Poste de Police Frontalier à Benena) ;
– Cinq (05) Groupements mobiles de Sécurité (Kayes, Sikasso, San, Koutiala, Rive droite) ;
En clair, il a expliqué que ce qui est en jeu entre le Mali et la France n’engage nullement les deux peuples. Et le Mali n’est pas contre le peuple français, mais contre la politique des dirigeants français.
« Après Algérie, la communauté malienne est la 2e communauté la plus forte en France. Leur contribution est plus importante que l’aide au développement », a-t-il affirmé.

Conférence sociale et pacte de stabilité
En arrivant aux affaires le 11 juin 2021, le gouvernement dirigé par le Dr Choguel Kokalla Maiga a trouvé sur sa table plus de 102 préavis de grève déposés par les 70 syndicats (21 syndicats non affiliés et 49 regroupés au sein 4 centrales) que compte le pays.
En dépit de cette forte pression sociale, explique le Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga, le gouvernement a pu réaliser outre l’uniformisation de la grille salariale, l’intégration à titre exceptionnel de personnes vivant avec un handicap.
Sur instruction du président de la Transition qui tient à l’apaisement du front social comme à la prunelle de ses yeux, le Premier ministre, Choguel Kokalla MAÏGA, a expliqué qu’en vue de parvenir à un pacte de stabilité sociale et de croissance, conformément aux engagements qu’il a pris dans son programme d’actions (PAG 2021-2021) le gouvernement de la Transition se propose de tenir bientôt une Conférence sociale avec tous les partenaires du monde du travail sans plus de précisions.
Cette conférence sociale est organisée dans le but de mettre en place des mécanismes de prévention et de gestion des conflits collectifs dans le monde du travail ainsi que de bâtir un écosystème concerté et durable afin de trouver des réponses pérennes aux véritables préoccupations des travailleurs du Mali sur les principes d’Équité et de Justice.

Cette conférence sociale devrait aboutir à la mise en place d’un Conseil national du dialogue social (CNDS), dont les avant-projets des textes de création ont été validés avec l’ensemble des représentants des partenaires sociaux lors de l’Atelier préparatoire sur la Gestion des conflits collectifs.

Le Chef du Gouvernement a vivement salué le patriotisme des partenaires sociaux qui ont librement décidé d’arrêter tout mouvement de grève et de surseoir à tout dépôt de préavis ou de cahier de doléances, au nom de l’unité nationale et de la sauvegarde de la souveraineté de notre pays.
Le Premier ministre a tenu donc à adresser ses vifs et sincères remerciements aux syndicats de tous les ordres et de tous les secteurs pour leurs actes combien patriotiques.
Notons que la décision des syndicats date de bien avant la sollicitation du Gouvernement, adressée aux organisations syndicales des travailleurs, en toute humilité, demandant une trêve sociale pendant le temps que vont durer les sanctions jugées illégales, injustes et inhumaines pour notre pays.

Approvisionnement du pays
Face à l’embargo injuste qui frappe le pays depuis 5 mois, pour continuer à assurer l’approvisionnement régulier du pays en denrées de première nécessité et l’adoption de mesures d’atténuation des prix sur le marché, le Dr Choguel Kokalla Maïga a expliqué que le gouvernement a procédé à la diversification des ports d’approvisionnement (Guinée, Mauritanie, Algérie, etc.), mais aussi à d’autres mesures comme :

– La Suspension des exportations (graine de coton, tourteau de coton, riz local, mil, maïs, sorgho);

– Les Subventions sous forme de réduction de 50% de la base taxable à l’importation du riz, du sucre et de l’huile alimentaire ;

– La Suspension du paiement de la TVA sur la graine de coton ;

– Maintien des avantages fiscaux à l’importation du blé.
Le Premier ministre a saisi l’opportunité pour saluer le patriotisme de nos opérateurs économiques et les remercier vivement pour les efforts et sacrifices qu’ils ont consentis pour approvisionner le pays, en renonçant à leurs marges, et maintenir à portée sociale le prix des denrées de première nécessité ; les moins chères dans la sous-région, vante-t-il.

Où en est-on avec la
Refondation de l’État ?

C’est en substance la question d’un confrère au Premier ministre. En réponse celui-ci a rappelé qu’à quelques jours du 1er anniversaire de la mise en place du gouvernement de la rectification, le conseil des ministres a approuvé le mercredi 1er juin 2022 le Cadre Stratégique de la Refondation de l’État et son plan d’Action 2022-2026.

De quoi s’agit-il ? Les autorités de la Transition se sont engagées dans une œuvre de refondation de l’Etat à instaurer une gouvernance vertueuse, bâtir des institutions légitimes et reconstruire l’Homme malien de type nouveau incarnant les valeurs sociétales et républicaines. La Stratégique de la Refondation de l’Etat adoptée est initiée dans ce cadre.
L’objectif général du Cadre Stratégique de la Refondation de l’État est d’assurer un véritable processus de la refondation du Mali à travers la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la Refondation de l’État. La mise en œuvre du Cadre Stratégique de la Refondation de l’État qui est articulé sur la priorisation des actions réalisables à court, moyen et long terme fera l’objet d’un suivi permanent et d’une évaluation régulière.

Le Premier ministre estime qu’à ce stade l’émergence du Mali-Kura est irréversible. C’est pourquoi, encouragé et soutenu par les populations qui perçoivent la pertinence de la vision et les dividendes du chantier entamé, il explique que le gouvernement travaille à finaliser les actions en cours de réalisation liée notamment à la rationalisation des structures administratives et institutionnelles ; à l’élaboration du Programme national d’Éducation aux Valeurs ; à l’élaboration de la Stratégie nationale garantissant la dépolitisation de l’Administration ; à l’élaboration de la Stratégie nationale de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption ; à la réalisation de l’audit des autres Institutions de la République.
Profitant de cette question, le Premier ministre a abordé le sujet de la révision constitutionnelle dont l’initiative appartient au président de la Transition et du Conseil national de Transition. Pour lui, il les appartient de prendre une décision sur la révision constitutionnelle tant réclamée pour corriger des lacunes de la loi, mais le processus n’est jamais arrivé à terme à cause des contestations.
Quant à la réforme électorale, Choguel Kokalla MAIGA a indiqué que le processus est très avancé au Conseil national de Transition. Ceux qui ont refusé l’inclusivité avec le gouvernement ont accepté le jeu démocratique au sein de l’organe législatif de la Transition en apportant leurs observations sur le projet de loi.

Lutte contre la Corruption
On n’aurait pas été complet dans cette conférence de presse si on n’avait pas parlé de justice et de lutte contre la corruption. Interpellé sur les enquêtes sur les tueries et exactions des 10, 11 et 12 juillet 2020 suite aux manifestations des 10, 11 et 12 juillet 2020, organisées par le M5-RFP à Bamako, Kayes et Sikasso, le Dr Choguel a expliqué que le temps de la justice n’est pas celui des politiques et du citoyen lambda. Le Premier ministre a rassuré sur la volonté de son gouvernement de suivre l’affaire comme le lait sur le feu. Les procédures suivent régulièrement leur cours.
Le gouvernement, a-t-il dit, les forces du changement et l’ensemble de la Nation suivent particulière ce dossier comme celui de la lutte contre la corruption. Car, il est de l’honneur de tous que justice soit rendue aux martyrs des 10, 11 et 12 juillet 2020 et que le Mali Kura se traduise par une rupture avec le passé.

Résilience face à l’embargo
Le gouvernement de la rectification est né et a évolué dans un contexte de forte hostilité et inimitié. Abandonnés par les partenaires français, puis européens, dans la lutte contre le terrorisme, le Dr Choguel Kokalla Maïga et son équipe étaient obligés de diversifier leur partenariat stratégique. Sans aucun appui budgétaire général, et soumis à des sanctions illégitimes et injustes de ses voisins immédiats de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le gouvernement d’un pays continental de 25 millions d’habitants, sans aucun accès à la Mer, désormais coupé de ses sources d’approvisionnement naturelles allait malgré tout tenir bon une année durant contre vents et marées en déviant toutes les prévisions pessimistes.

Des économistes de renom avaient donné deux semaines à notre pays pour s’effondrer suite à l’embargo décrété par la CEDEAO. Cinq (5) mois après, l’économie tourne toujours, les salaires sont payés régulièrement, l’État fait face à ses engagements. Le gouvernement a pu mobiliser 204 milliards au titre de l’harmonisation des salaires, rehausser les subventions à la production (intrants), à la consommation, maintenir à un niveau acceptable le prix de certaines denrées de première nécessité ainsi que celui des hydrocarbures.
La montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa) et l’opiniâtreté des plus hautes autorités dans la défense de la souveraineté, la restauration de l’intégrité territoriale et de la sécurité, la préservation du bien-être, de la liberté, de l’honneur et de la dignité des Maliens ainsi que de leurs aspirations les plus légitimes sont indéniables. Tout ceci ne saurait cependant occulter l’évocation d’autres actions du gouvernement qui méritent d’être soulignées et saluées : telles que la rénovation des salles de classe vétustes (2000 à travers tout le territoire national) et le renforcement du plateau technique de nos hôpitaux et centres de santé grâce au président de la Transition le colonel Assimi Goïta qui a renoncé aux deux tiers de ses fonds de souveraineté.

Le gouvernement fait preuve de réalisme. Les tensions enregistrées sur les marchés internationaux dont les répercussions se ressentent dans tous les pays du monde ne lui font pas perdre de vue les efforts à déployer pour densifier le maillage sécuritaire, pourvoir à l’approvisionnement correct des marchés et continuer aussi à assurer les subventions du monde rural (agriculture, élevage et pêche).
Le gouvernement que j’ai l’insigne honneur de diriger a toutefois conscience de n’avoir pas tout réussi en si peu de temps.
Le Mali est cependant perçu aujourd’hui comme un symbole, le symbole du nouveau visage du panafricanisme. Il est la fierté de tous ceux qui luttent pour leur dignité, leur souveraineté et leur indépendance, a conclu le Premier ministre.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin

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