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Démocratie citoyenne : Le Mali ou le règne du dragon asthmatique

La Mobilisation de l’opinion publique revêt, dans bien des cas, une certaine originalité. Là où certains peuples sont au taquet, à suivre chaque acte de la gouvernance publique, d’autres se terrent dans un mutisme qui n’est dérangé que part des rugissements sporadiques.

C’est un lieu commun que de dire que la vie démocratique est le fardeau de tout citoyen. Nul ne peut s’en départir sous le prétexte qu’il n’est pas politique ou politiste. Il est cependant vrai que certains citoyens prennent volontairement leur distance avec le fait politique tout en acceptant d’en subir les affres ou les éclairs d’espoir.

Pourtant, comme le dit avec justesse John Pitseys, dans « Démocratie et citoyenneté » (2017) :  » le citoyen n’est pas seulement un individu doté de droits lui permettant de faire valoir ses prérogatives sociales et politiques. Il détient en outre une part de la souveraineté politique. L’ensemble des citoyens constitue la communauté politique. C’est au nom de cet ensemble que les gouvernants ont un titre à gouverner. Et c’est cet ensemble qui est censé choisir les gouvernants, contrôler leur action et sanctionner celle-ci. »

Mais alors, qu’est ce qui explique que, dans le cas malien, notre communauté politique fonctionne comme un dragon asthmatique, qui ne crache du feu que quand sa crise d’asthme débute ?

En effet, la communauté politique dans son ensemble n’est mobilisée, dans la critique ou la défense d’une action de gouvernance, que quand cette action est décrétée par certains médias comme une crise grave. Là, le journal télévisée de la chaîne publique ne manque pas de recevoir toutes sortes de communiqués de « condamnation avec la dernière rigueur ». La communauté politique malienne a accepté, avec la suggestion des médias, que les attaques terroristes ne sont graves que quand on déplore plus d’une vingtaine de morts. En dessous, ce n’est pas la peine de faire un communiqué. Elle a aussi intégré que les promesses politiques non tenues ne sont pas si grave, à moins qu’une crise d’asthme du dragon ne la fasse tousser du feu.

La représentation première de cette situation d’incurie politique est, sans nul doute, notre Assemblée nationale. Cette dernière n’engage de véritable débat que quand une certaine opinion pointe du doigt un dysfonctionnement quelconque. Et, ceci à condition que le dysfonctionnement indexé soit suffisamment sujet au buzz médiatique.

La vigilance citoyenne est, selon notre acceptation de la démocratie, une vigilance de tous les instants. Elle ne peut être l’apanage de quelques médias uniquement. Chaque citoyen, détenteur d’une part de notre souveraineté démocratique, a donc obligation de veiller à la bonne marche de l’ensemble démocratique.

Yacouba KEBE

Source: Bamakonews

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