Bamako, le 1er avril 2025 – Le paysage médiatique malien est secoué par une nouvelle controverse opposant la Haute Autorité de la Communication (HAC) et les organisations professionnelles de la presse. Au centre de la discorde, un appel à candidature pour l’attribution de 113 fréquences radios et 15 autorisations de télévision, publié par la HAC, sans concertation préalable avec les principaux acteurs du secteur.
Un appel à candidature contesté
Bamada.net-Les organisations professionnelles de la presse ont exprimé leur indignation après avoir pris connaissance de cet appel par voie de presse et sur les réseaux sociaux. Elles dénoncent une initiative unilatérale fondée sur des arrêtés interministériels controversés et fermement rejetés par les principales faîtères du secteur.
Depuis plusieurs mois, des discussions ont été menées entre les organisations professionnelles et les départements ministériels concernés, notamment le Ministère de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration, ainsi que le Ministère de l’Économie et des Finances. Ces rencontres visaient à trouver une solution consensuelle et équilibrée pour le secteur des médias. De plus, les organisations de la presse ont également été reçues par le Premier ministre, chef du gouvernement, afin d’exposer leurs préoccupations et proposer des alternatives viables.
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Une HAC accusée de dérives autoritaires
Les associations et organisations professionnelles de la presse considèrent que cet appel à candidature est une décision précipitée, qui menace l’équilibre du paysage médiatique et met en péril les acquis obtenus grâce à des années de collaboration avec les institutions de régulation.
Elles interpellent les plus hautes autorités du pays afin qu’elles prennent leurs responsabilités face aux dérives de la HAC, qu’elles qualifient de « rétrograde ». Selon elles, cette attitude unilatérale remet en question les principes de bonne gouvernance dans le secteur de la communication, rendant caducs les efforts d’ouverture et de concertation entrepris jusqu’ici.
La presse réaffirme sa détermination
Face à cette situation, les organisations professionnelles de la presse réaffirment leur engagement à défendre les intérêts des médias maliens et à protéger la liberté d’information. Elles soulignent que les médias jouent un rôle fondamental dans la stabilité, la sécurité et la paix sociale du Mali. Ainsi, elles avertissent que toute décision qui sape leur indépendance sera combattue avec vigueur.
Les faîtères du secteur entendent poursuivre leurs actions de contestation tant que la HAC ne reviendra pas sur cette décision controversée et n’ouvrira pas un véritable dialogue avec les parties prenantes concernées.
Amplifications et signataires
Ce communiqué a été adressé aux différentes institutions concernées :
- Primature
- Ministère de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration
- Ministère de l’Économie et des Finances
- Maison de la Presse
- Associations et organisations de la presse audiovisuelle et en ligne
Les signataires du présent communiqué sont :
- Union des Radios et Télévisions Libres du Mali (URTEL)
- Association Malienne des Télévisions Libres (AMATEL)
- Association des Editeurs de la Presse Privée (ACCESS)
- Association des Professionnels de la Presse Ecrite et en Ligne du Mali (APPEL-Mali)
- Union des Radios Privées du Mali (URPM)
En somme, cette crise révèle une fracture profonde entre la HAC et les professionnels des médias. Si la situation persiste, elle pourrait entraîner des tensions accrues et fragiliser encore davantage le secteur de la communication au Mali. Affaire à suivre de près.
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MLS
Source: Bamada.net