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Cour d’Assises de Bamako : Une Nigériane condamnée à 18 mois de prison et 10 ans d’interdiction de séjour pour traite de personnes

Chinyère Chukwumailo, née vers 1985 au Nigeria, est une professionnelle de sexe domiciliée Niaoulémi, dans le cercle de Kangaba. Elle a comparu devant la Cour d’assises de Bamako, le mercredi 25 novembre 2020, pour répondre de l’accusation de traite de personnes. Elle a été condamnée à 18 mois d’emprisonnement et 10 ans d’interdiction de séjour au Mali.

Les faits : Courant mars 2019, étant chez ses parents au Nigeria, la demoiselle Blessing Okeke fit la connaissance de la dame Chukwumailo dite Fanta à Oba, en République fédérale du Nigeria, par l’entremise d’une certaine Ifnaya, qui lui fit croire qu’elle serait employée dans un hôtel comme serveuse au Mali.

Malheureusement, dès leur arrivée, elle l’a été amenée à Niaouléni, dans le cercle de Kangaba où était Blessing Okeke. C’est là qu’elle apprendra que le travail promis était plutôt de la prostitution. Désemparée, la victime n’avait que ses yeux pour pleurer. Malgré ses cris de détresse, elle a été obligée de se prostituer pendant huit jours. L’argent qu’elle gagnait était automatiquement remis à l’inculpée, soit la somme de 45 000 F CFA.

Ne pouvant supporter cette situation, Okeke a profité d’une nuit pour s’enfuir. Chemin faisant, elle a croisé une personne qui la conduite à Bamako où elle a été orientée à l’ambassade du Nigeria au Mali. Après quoi, Chinyère Chukwumailo a été interpellée par la gendarmerie et une enquête ouverte contre elle pour traite de personnes. L’inculpée a reconnu les faits qui lui sont reprochés en expliquant que depuis fort longtemps, elle exerce cette activité en faisant venir des filles du Nigeria avec la promesse qu’elles deviendront des serveuses dans un hôtel pour ensuite les employer dans la prostitution au Mali.

Mieux, elle faisait régulièrement des voyages au Nigeria à la recherche de potentielles filles à exploiter comme prostituées. Ce qu’elle a reconnu depuis l’enquête préliminaire. Sa culpabilité étant prouvée, elle ne pouvait aucunement se soustraire des conséquences juridiques de son agissement.

Le bulletin n°2 du casier judiciaire de l’inculpée ne figure pas au dossier. Mais il ressort de la fiche de renseignements la concernant qu’au moment des faits, elle n’exerçait aucune autre profession que la prostitution. En plus, son certificat d’expertise médicale atteste qu’elle ne présente aucune anomalie physique ou mentale de nature à influer sur sa responsabilité pénale.

L’accusée a déclaré à la barre que “Blessing est une amie à ma sœur et était dans les difficultés au pays, c’est pourquoi j’ai voulu l’aider en l’amenant au Mali”.

A la question de la Cour de savoir si on ne fait pas de la prostitution au Nigeria, l’accusée a répondu : “Oui, il y en a beaucoup”. La Cour de lui demander s’il n’y a pas d’autres métiers que la prostitution, elle répondra : “Oui, je suis décoratrice, mais c’est parce que ce travail ne marchait pas que je me suis lancée dans la prostitution parce que j’étais dans le besoin. Je devais payer la scolarité de mes enfants”, s’est-elle défendue, avant de regretter les faits et de demander pardon aux victimes.

Chinyère Chukwumailo a été condamnée à 18 mois d’emprisonnement et 10 ans d’interdiction de séjour au Mali. Un verdict que son avocat a trouvé juste.

“Ma cliente, normalement, a déjà couvert le temps que la Cour a prononcé parce qu’elle est sous mandat de dépôt depuis le 29 mars 2019 et la Cour, dans sa sagacité, l’a condamnée à 18 mois ferme et elle vient de faire 20 mois, au-delà même de la peine prononcée par la Cour”, s’est réjoui Me Boulkassim Sidaly.

                 Marie Dembélé

Source: Aujourd’hui-Mali

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