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Al Mourabitoune : la traîtrise comme ADN

Sur fond de lutte pour le pouvoir, l’argent et les territoires, les trahisons au sein des groupes terroristes ne sont un secret pour personne. Fin 2020, des centaines de djihadistes étaient libérés par les forces de sécurité maliennes en échange de la libération de quatre otages. Parmi eux se trouvaient des membres d’AQMI et, en particulier, du groupe Al Mourabitoune connu pour sa capacité à la trahison.

 

Affilié à Al-Qaïda, Al Mourabitoune agit dans la vallée du Tilemsi au nord de Gao. Affaibli par les coups répétitifs portés par les FAMA et la force Barkhane, Hammama ould Elkhouyer, chef du groupe terroriste, tente tant bien que mal de rester actif dans le nord du Mali. En effet, il continue de harceler la population notamment par le prélèvement de la zakat. Et, toujours, par son arme favorite, l’arme du lâche, les engins explosifs et autres mines qui touchent principalement des familles dont des enfants qui n’aspirent qu’à la paix.

 

Selon certaines sources, durant leur détention jusqu’en octobre 2020, plusieurs membres d’Al-Mourabitoune, comme Mohamed ould Barka ou Alhoussein ould Hamada, tous deux spécialistes dans la pose d’engin explosifs, ont été très loquaces avec leurs geôliers. Des informations sur l’organisation du groupe ont été récupérées par les enquêteurs. De même, certains logisticiens ont révélé les itinéraires et les routes utilisées ainsi que la position de caches servant au stockage d’armement et de munitions.

 

Alors que les trahisons internes auraient été l’occasion de quelques règlements de comptes entre supplétifs, faisant bien sûr l’affaire des forces de sécurité, les informations divulguées par les terroristes permettent aujourd’hui aux forces maliennes et à Barkhane d’agir plus vite. Cette meilleure compréhension des modes opératoires des groupes terroristes a très certainement contribué aux nombreux succès remportés récemment.

 

Connu pour être impliqué dans les trafics d’armes ou de drogues traversant le Mali, de Gao à Anéfis en passant par Almoustarat et Tabankort, des combattants d’Al Mourabitoune ont également livré des indications sur leurs activités dans la région du Tilemsi. Trahi par certains de ces membres, le groupe aurait perdu la confiance du milieu du banditisme local et aurait vu ses ressources fondre à vue d’œil. Ainsi, sur fond de trahisons permanentes et, devant l’inconstance de leurs leaders actuels, comme Najim ould Moulaye Hassan ou Ibrahim ould Hamada, on pourrait voir des petits chefs avides de pouvoir et de richesses entrer en action. En effet, des lieutenants pourraient s’affranchir de leur hiérarchie et se livrer à une guerre de territoires avec pour seule finalité la prédation économique et le pillage des populations locales.

 

La trahison est un vice fustigé par l’Islam et pourtant les djihadistes se complaisent à se dénoncer ou s’éliminer entre eux. Pour combler leurs besoins de domination territoriale ou d’élimination d’un concurrent, la trahison est comme une deuxième nature chez les terroristes, une manière privilégiée d’agir. Al-Mourabitoune n’échappe pas à la règle.

Siaka Sidibé

@SidibSiaka17

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