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À Bamako, une journée au marché de banane

Notre blogueuse Yara Dembélé a passé une journée au marché de banane de Bamako. Reportage.

Sur près de 2 hectares est érigé au bord du fleuve Niger (Djoliba), en commune II du district de Bamako, le marché dédié aux bananes, d’où son nom « Namassadanga », en bamanakan.

 

Un lieu d’approvisionnement, par excellence, pris d’assaut chaque jour par les femmes pour la plupart. La condition : arriver tôt et rejoindre au plus vite le centre-ville pour écouler. Pas facile de leur arracher un mot, tellement elles sont pressées. Il est 9h, et les retardataires sont reconnaissables à leurs plateaux vides vissés sur la tête.

Ramata Ouologuem, 30 ans, a quitté Bacodjicoroni, en commune V du district de Bamako. C’est dans les boues qu’elle cherche à regagner au plus vite le stand de son fournisseur habituel. « Ces bananes sont petites, les gens préfèrent les grandes bananes. C’est pourquoi, on cherche les grandes », explique Ramata Ouloguem, qui peine à faire son choix à cause du retard accusé. « Si j’achète ces bananes, les clients vont dire que ce sont des bananes du Mali. Pourtant, ce sont celles de la Côte d’Ivoire », marmonne la  vendeuse.

Les bananes de la Côte d’ivoire prisées 

Pendant ce temps, les passages étroits qui séparent les magasins des grossistes, grouillent de monde. Le marchandage bat son plein sur les quelques bananes qui restent sur le stand de Yacouba. Le marché est aussi animé par les hommes. « On vend les caisses de 20 kg à 8 000 francs CFA. Pour les caisses de 30 kg, c’est à 14 000 francs CFA, souvent le prix varie », explique Yacouba Sidiki Diarra, revendeur. « Les bananes sont chères, souvent on n’a même pas de bénéfices. », déplore à l’autre bout du marché Assetou Togo, une autre vendeuse venue s’approvisionner.

Les bananes en provenance de la Côte d’Ivoire sont les plus prisées.  Et, justement, en coïncidant avec la décharge des deux qualités de bananes, la différence est vite faite. « Les bananes de la Côte d’Ivoire sont traitées avant de venir à Bamako. Il faut que l’État s’implique dans ce marché, surtout qu’on profite bien du soleil », propose Ousmane Diané, secrétaire général du Syndicat des vendeurs de bananes et de fruits.

De la musique pour attirer des clients

« Ici, ce sont des bananes du Mali. C’est un produit qu’on utilise pour rendre les bananes jaunes. Ce produit n’a pas de conséquences sur la santé », souligne Bourahane Mariko, membre du syndicat des vendeurs de bananes.

Ainsi, chacun a sa tactique pour attirer la clientèle. « La musique, c’est pour égayer les clients. J’ai dédié ma vie à la vente des bananes », affirme sourire aux lèvres Ousmane Diarra.

En plus des bananes, le marché est devenu par extension un lieu de vente de toutes sortes de fruits. Des couleurs qui donnent vie au marché.

Mariam Koné vend des fruits. Elle confie gagner bien son pain quotidien. « Ici, on trouve tous les fruits et je m’en sors bien avec la vente de mes ananas. »

Tout le monde y trouve son compte

Après une demi-heure de promenade, nous retrouvons Ramata Ouologuem, prête à parcourir la capitale avec ses 30 kg de bananes sur la tête. «  J’ai trouvé les bananes de mon choix. Je vais vendre mes bananes à Bacodjicoroni. Je vends 1 kg à 600 francs CFA », lâche-t-elle avant de filer en trombe.

Finalement, tout le monde y trouve son compte dans ce marché. Même les conducteurs de tricycles. Ils sont les véritables alliés de ses vendeuses de bananes.

Source : Benbere

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