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Trafic et consommation de Tramadol : L’ONUDC s’alarme et alerte

L’Office des Nations-Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) s’alarme et alerte sur l’augmentation du trafic et de la consommation de tramadol et surtout sur ses implications sanitaires et sécuritaires au Sahel et au-delà.

Dans un communiqué en date du 11 décembre 2017, l’ONUDC formule une mise en garde sévère contre les implications d’un usage non médical de tramadol, « un opioïde de synthèse », sur les économies et la sécurité des pays d’Afrique de l’Ouest, particulièrement du Sahel et, du Moyen Orient. Selon le Représentant Régional de l’ONUDC en Afrique de l’Ouest et du Centre, Pierre Lapaque, « l’augmentation de la consommation et du trafic de tramadol dans la région est réelle, préoccupante… Nous ne pouvons laisser la situation dégénérer d’avantage ». L’utilisation non-médicale du tramadol, détaille le communiqué de l’ONUDC, évolue à un rythme alarmant vers une crise sanitaire majeure, tout particulièrement au nord du Mali et au Niger. A en croire Pierre Lapaque, la jeunesse sahélienne, compte tenu de son poids démographique, constitue un marché privilégié pour les trafiquants de drogue. « Les jeunes sont particulièrement exposés aux risques liés à une consommation abusive du tramadol et d’autres drogues illicites, souvent vendues à des prix dérisoires…. Selon le dernier Rapport mondial sur les drogues de l’ONUDC, les saisies annuelles de tramadol en Afrique subsaharienne sont passées de 300 kg à plus de 3 tonnes depuis 2013. Selon des informations supplémentaires obtenues par l’ONUDC, il semblerait que des réseaux de criminalité transnationale organisée fassent transiter le tramadol, produit principalement en Asie du Sud, par le golfe de Guinée vers des zones du Sahel, en partie contrôlées par des groupes armés et des organisations terroristes », peut-on lire dans ce communiqué qui établit clairement un lien entre l’augmentation de la consommation non-médicale du tramadol et les attentats commis par certains groupes terroristes comme Boko Haram et Al-Qaïda. « Nous retrouvons régulièrement du tramadol dans les poches de suspects arrêtés pour terrorisme, ou ayant commis des attaques kamikazes. Il faut donc se demander comment et où les combattants de Boko Haram et d’Al-Qaïda, y compris parfois de jeunes garçons et filles se préparant à commettre des attaques suicides, s’approvisionnent », a indiqué le Représentant Régional de l’ONUDC en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Selon le communiqué de l’ONUDC, « Cette forte dépendance est d’autant plus inquiétante qu’un arrêt ou une diminution des doses ingérées peut causer des hallucinations, de l’agitation et de l’anxiété, qui affectent directement la bonne santé, la productivité et l’efficacité des travailleurs dans le Sahel. Ce manque de productivité, couplé aux pertes pour les Etats du Sahel que représentent les trafics de médicaments dans des économies parallèles, a de sérieuses conséquences sur le développement économique, en particulier dans les zones rurales ».

Augmentation sévère de la consommation de Tramadol au Mali

Quid du Tramadol au Mali ? Le communiqué de cette entité des Nations-Unies rappelle la saisie au Niger en septembre 2017 de plus de 3 000 000 de comprimés de tramadol, emballés dans des cartons portant l’étiquette des Nations-Unies en provenance du Nigéria vers le nord du Mali. Selon le communiqué, l’utilisation du sigle des Nations-Unies par les réseaux de criminalité transnationale organisée est particulièrement inquiétante. Toujours selon le communiqué, les inquiétudes de l’ONUDC sur le Tramadol sont confirmées lors d’une mission récente à Gao. « Nous sommes confrontées de manière quotidienne à l’augmentation sévère de la consommation de Tramadol, tout particulièrement par nos enfants. Je vois très souvent de jeunes filles et garçons, à peine plus âgés que mon fils de 10 ans, titubant dans la rue après avoir dilué des pilules dans leur thé… Tout cela pour leur couper la faim… », a déclaré une représentante d’association de femme citée par le communiqué.

Les enquêteurs de la Direction Générale de l’Office central des stupéfiants du Mali ont saisi à Kayes, Koulikoro et Bamako au cours du 1er semestre 2017,  131 paquets, 22 cartons et 21 plaquettes de Tramadol. Les trafiquants ont été sevrés de 1 354 comprimés en 2015,  40 kg en 2016 de Tramadol contre 1500 comprimés en 2014. Ces saisies confirment l’usage de cette drogue à des fins non médicales au sein de la société malienne. Actuellement, des informations font état de l’augmentation de la consommation de tramadol par un grand nombre de jeunes sur les sites d’orpaillage et à Bamako. L’accessibilité du produit dans « les pharmacies par terre » qui polluent les rues de la ville des trois caïmans à la tombée de la nuit est un danger. Selon de nombreux témoignages crédibles, le tramadol dont la consommation semble être devenue un effet de mode, fait des ravages au sein de la jeunesse malienne en général et bamakoise en particulier. Le temps n’est-il pas venu pour les autorités de se pencher sérieusement sur le cas de cette drogue légale ?

Chiaka Doumbia

 

Source: mali24

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