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Sans Tabou: Sénégal, la CEDEAO pour jouer au pompier ?

Depuis quelque temps, nous constatons que le Sénégal traverse une crise politique qui a occasionné de nombreux morts, des blessés et des dégâts matériels importants. Cette crise a été exacerbée suite la condamnation, le 1er juin 2023, du leader de l’opposition sénégalaise, Ousmane SONKO, à deux ans de prison pour « corruption de la jeunesse ». Aussi, ce 31 juillet, la situation a dégénéré davantage à la suite à la dissolution du parti politique de l’opposition dénommé ‘’ Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF).

Malgré le fait que la situation du Sénégal frôle l’implosion, les observateurs s’étonnent de constater le silence de la CEDEAO qui doit prendre le devant pour contribuer à faire revenir le calme au lieu de jouer au sapeur-pompier en cas débordement de la situation.

La CEDEAO est connue pour sa promptitude à produire des communiqués exigeant le retour à l’ordre constitutionnel ou à dépêcher des délégations dans les pays qui connaissent un renversement de régime. Mais au moment où la tension couve, l’organisation sous régional brille par le silence. Une attitude qui contraste avec son insistance à obtenir un retour rapide à l’ordre constitutionnel après le renversement du régime. Comme dirait l’autre, mieux vaut prévenir que guérir.
C’est pourquoi, avec la situation du Sénégal qui enregistre peu de réactions fermes de la part des dirigeants de la CEDEAO, malgré la violence meurtrière, sans oublier les dégâts importants, les critiques fusent, aussi acerbes les unes que les autres, pour fustiger le comportement de cette organisation sous régionale accusée de défendre l’intérêt des chefs d’État en lieu et place de celui des peuples au nom desquels elle agit.
Au Sénégal, depuis plusieurs mois, l’actualité est marquée par des manifestations violentes un peu partout dans le pays engendrant la mort de quelque dizaine de personnes, un grand nombre de blessés et l’arrestation d’environ 500 manifestants, parmi lesquels des membres de la société civile, des journalistes et des opposants politiques.
Mais face à ce brasier politique, la CEDEAO reste aphone au lieu d’interpeller Macky SALL sur sa responsabilité à léguer au prochain Président un pays uni. Un comportement qui renforce ceux qui soutiennent que la CEDEAO ne se préoccupe pas tant qu’un fauteuil présidentiel n’est pas renversé.
Raison pour laquelle elle est qualifiée comme étant un syndicat des Présidents ouest-africains dont les agissements partent le plus souvent à l’encontre des intérêts des peuples.
Au Niger, suite au renversement du régime Bazoum, la CEDEAO a vite ordonné un blocus économique, décidant la suspension immédiate du pays de toutes les transactions commerciales et financières avec le pays.
Aussi, elle n’exclut pas le recours à la force pour rétablir l’ancien Président renversé par des membres de sa garde présidentielle.
Malheureusement, nous estimons que la CEDEAO devrait prendre de telles décisions fermes à l’encontre du régime Bazoum au moment où les populations manifestaient leur ras-le-bol face à la gestion chaotique du pays.
Au lieu de sanctionner le régime fautif qui a failli à sa mission, la CEDEAO décide de prendre des sanctions dont les premières victimes sont les populations innocentes.
Des sanctions qui visent tout simplement à humilier les Forces de défense et de sécurité et le peuple nigérien et à rendre la situation intenable et le pays ingouvernable.
Cela, en foulant au pied la souveraineté du peuple qui, dans sa grande majorité, a maintes fois réclamé un changement dans la façon de gérer le pays par le régime Bazoum.
Espérons que cela ne soit pas le cas au Sénégal. Pour ce faire, il est encore temps pour la CEDEAO de prendre des mesures rigoureuses afin que le pouvoir Macky SALL et les opposants fument le calumet de la paix. Toutes décisions qui seront prises en cas de chaos ne seront que contre-productives. Donc ce serait le médecin après la mort.

PAR MODIBO KONE

Info Matin

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