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Sans Tabou: Bamako, la négligence coupable du gouvernement

Alors que la problématique de l’assainissement de la ville de Bamako se pose avec acuité, voilà que le gouvernement se donne encore le luxe de cracher sur une manne financière de plusieurs milliards de nos francs d’un partenaire en la matière. Il s’agit d’un prêt de la Banque africaine de développement pour le financement du projet d’Assainissement de la ville de Bamako (PAVB) d’un montant de 30 milliards de francs CFA. Les responsabilités seront-elles situées ?

La nouvelle, qui est tombée en ce début de semaine, fait froid dans le dos. Et pour cause, l’annonce de ce financement avait suscité tant d’espoir chez les habitants de la ville des trois caïmans. En effet, c’est à travers une correspondance en date du 15 février dernier que la BAD a informé le ministre de l’Économie et des finances, le Dr Boubou CISSE, de l’annulation dudit projet. Avec ampliation faite au ministre en charge de l’Environnement et de l’assainissement, Mme KËITA Aida M’BO KEÏTA, à son homologue en charge de l’Énergie et de l’eau, Sambou WAGUE, ainsi qu’aux directions techniques concernées.

« Nous avons l’honneur de porter à votre très haute attention que le projet cité en objet a été approuvé par la banque, depuis le 11 janvier 2017. À ce jour, soit vingt-cinq (25) mois après son approbation, aucun décaissement n’a été effectué sur les Ressources y allouées. Nous voudrions à cet égard rappeler qu’au regard des règles et procédures de la banque en matière de prêt et dons, tout prêt ou don signé et qui n’est pas décaissé dans un délai de plus de quatre-vingt-dix (90) jours et une période cumulative de plus de cent quatre-vingts (180) jours, est éligible à l’annulation.

Au vu de ce qui précède, nous constatons malheureusement que les conditions d’annulation de l’opération en objet sont à présent réunies. Par conséquent, nous vous avisons que ladite annulation sera effective à compter de la présente date de notification. À cet effet, nous vous précisons que conformément à la règle en la manière, il vous est possible de disposer de 70 % du montant annulé, dans l’allocation de votre pays… », indique le communiqué signé Marie-Laure OLUGBADE, Directrice générale de l’institution financière.

Du côté de la BAD, c’est l’incompréhension face à cette incurie du gouvernement. L’un des responsables de l’institution financière africaine joints par nos soins a expliqué que cette enveloppe très conséquente devrait servir à financer deux incinérateurs d’ordures dans la ville de Bamako. D’une durée de 48 mois, le projet devrait bénéficier à une population d’environ 680 000 personnes, dont 50 % de femmes. Le PAVB devrait résoudre le problème de traitement des eaux usées, à travers la construction de deux stations de dépotage et de traitement des boues de vidange (SDTBV).

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’au regard de la récurrence de la question d’assainissement dans le district de Bamako en particulier, aucune raison évidente ne saurait justifier ce comportement des pouvoirs publics face à un projet aussi important. En tout cas, le malaise est grand autour de cette affaire qui défraie la chronique dans la capitale, depuis peu.

Face aux multiples questionnements, nous avons tenté, sans succès, de joindre le ministère de l’Environnement, pour sa version des faits. Aujourd’hui, les citoyens ont droit à une explication officielle précise sur cette affaire qu’ils perçoivent déjà comme une négligence coupable des autorités nationales.

Par Abdoulaye OUATTARA

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