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Primes spéciales d’opération : IBK recadre Boubeye

iBRAHIM BOUBACAR KEITA IBK camp militaire

Le président IBK a profité de sa tournée pour jauger sa côte de popularité qui, malgré les nombreuses et violentes critiques essuyées par son magistère, semble rester  intacte chez les populations rurales, si l’on en juge par la chaleur et la spontanéité de l’accueil qu’elles lui ont réservé durant son séjour de quatre jours auprès d’elles. Ce fut aussi une occasion opportune pour le Président de tâter le pouls de la troupe dont le moral ne doit désormais souffrir d’aucune atteinte. C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier sa colère contre la rétention incompréhensible des primes spéciales d’opération dont les soldats engagés au front sont bénéficiaires. Une décision que rien ne justifie, surtout dans cette période post-crise pendant laquelle le réarmement moral de la troupe doit être une priorité parmi toutes les priorités, pour l’Etat et la nation toute entière. Le Président de la République n’a pas manqué de recadrer certains officiers supérieurs et Soumeylou  Boubeye Maiga, son ministre en charge de cet important département de souveraineté, la Défense et les Anciens combattants, en présence de la troupe. Pour que nul n’en ignore.

Nous vous livrons les temps forts de l’allocution d’IBK.

« On me dit intransigeant; oui, je le suis quand il s’agit de la dignité de son pays et de son peuple. Et cela n’est pas une nouveauté, ce n’est pas une mode du temps comme sacrifice,  comme tribut que le payera à la tribu du temps. C’est consubstantiel. Quand je suis appelé aux affaires en1994, ma première tâche a été de me rendre dans les casernes  pour faire un peu l’état de la maison, en terme de capacité nationale de défense, en terme de capacité de soutien, de notre volonté de souveraineté à toute épreuve; l’exercice a été plus que révélateur. Il m’a montré dans quel état lamentable étaient nos forces armées et de sécurité, combien était  infrahumaine la situation faite aux militaires maliens. Quand j’ai vu l’Etat major de l’armée  de l’air, dans quelle condition était le chef d’état major de cette armée; j’étais révolté. Kati a été un autre moment fort. Lorsque j’ai vu les logements qui étaient dévolus à qui nous devons notre sommeil, notre tranquillité, notre sérénité et notre affichage de notre nation  libre, dévoués et dignes. J’en ai référé à qui de droit. C’est de-là qu’est partie l’idée de la première   loi de programmation militaire dans ce pays. Ce n’est pas une histoire, ou bien j’ai eu l’idée le  premier de ceci ou cela. Je vous ai dit consubstantiel, je ne peux plus imaginer un Etat digne de  ce monde, un Etat digne de ce nom dans un monde comme celui dans lequel nous vivons, en mutation perpétuelle, notre sous-région soumise a tous les aléas, à toutes les menaces, celles connues, celles nouvelles et multiformes,  sans que l’on ait le souci de se doter d’une capacité  nationale de défense à hauteur de souhait. Cela me semblait absolument  inconcevable. C’est le pourquoi des fonds alloués aux forces armées et de sécurité, pas pour séduire qui que ce soit; simplement dans ma mission d’homme d’Etat. C’est pourquoi lorsque la débâcle est  intervenue dans les conditions que l’on sait, dont les responsabilités seront inéluctablement établies, je suis de ceux qui refusèrent de dire que l’armée malienne avait  été vaincue, qu’elle n’avait pas été à la hauteur; je sais l’armée malienne, une armée d’hommes et de femmes de courage avéré. Cette armée n’a pas été mise dans les conditions du combat debout. Non, et  cela m’a révolté au plus profond de mon être. C’est pourquoi j’ai pris l’engagement, je ne suis pas en campagne, je suis là désormais pour cinq ans Inchallah ! J’ai pris l’engagement de faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais. C’est pourquoi je suis entrain de parcourir le  monde, d’abord pour assurer une ceinture de sympathie et de communion autour de nous, pour arriver à convaincre des efforts de la mutualisation nécessaire de nos forces et de nos  moyens, de défense de nos zones libérées aux tous venants ou chacun avait trouvé, qui marché  d’arme, qui marché de cigarettes, qui marché de drogue. Tout cela désormais devrait être considéré comme du passé.

 

L’armée malienne nouvelle, nous en voyons ici, aujourd’hui, les prémisses. Nous ferons tout  pour équiper cette armée, nous ferons tout pour que cette armée soit à hauteur. Nous ferons  tout pour que les hommes et les femmes de cette armée soient dans les conditions de dignité,  qu’ils ne connaissent plus l’infra-humanité. Non ! Non !  Quand des hommes et des femmes  donnent leur vie pour la nation, ils méritent la meilleure de la part de la nation. C’est pourquoi  monsieur le ministre, je souhaiterais que dans les meilleurs délais, les primes spéciales  d’opération soient payées; je ne saurais tolérer aucun retard dans ce genre de domaine-là. Cela  est clair, je le dis aux chefs militaires, que ces primes spéciales soient payées dans les meilleurs délais et j’y veillerai moi-même inchallah.

 

 

Je voudrais rassurer nos forces armées, qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de sympathie autour  de nous. Parce que, nous sommes allés dans le monde disant le Mali, nous sommes allés dans le monde disant la réalité que nous vivons et que nous avons vécue dans ce pays. Qui a été  souvent parlée, souvent très mal traduite à l’étranger. Notre devoir, notre mission, est  désormais de le dire fidèlement dans le monde entier, partout. Quand on a été  investi, la  manière dont nous le fûmes, on n’a pas le droit à quelque contexte que ce soit,  quand il  faut dire la patrie. On n’a droit à aucun repos quand il faut réarmer la nation au morale, donc  au propre comme au figuré de nos forces armées et de sécurité, en capacité absolue de  répondre, à tout moment, à l’appel de la nation. Je crois qu’aujourd’hui, nous avons appelé à  l’honneur, les hommes qui ont servi avec foi, avec abnégation, avec courage, qui ont parfois été blessés, d’autres sont partis.

 

Vous m’avez enlevé la minute de silence, monsieur le ministre. Je m’y associe. Ces hommes ont mérité de ma patrie. Au fronton du panthéon aux grands hommes, la patrie est reconnaissante. Chers officiers, chers sous officiers, soldats, hommes du rang, je voudrais  vous dire une fois de plus, tout le plaisir que j’ai à commencer ma tournée nationale par ça. Cette visite ici, aujourd’hui à Sévaré, qui est le symbole de la résistance nationale, de l’affirmation de la dignité malienne debout, libre et digne. Soldats, je vous exhorte vous et vos  chefs à savoir que vous portez désormais le sort du Mali; que ce sort doit être désormais  conforme à l’héritage qui est fait de gloire, de dignité, d’honneur, dans nos chants martiaux. J’entends souvent citer le nom des plus glorieux du Mali. Soyez-en dignes ! Je vous remercie.

ABD

SOURCE: L’Enquêteur

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