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Pour sortir de la crise : Le Premier ministre reprend en main l’initiative politique

Tout le monde est à présent conscient d’une chose : à force de perdurer, la crise pénalise de plus en plus dangereusement notre pays. Mais les solutions pour stopper la dégringolade divergent. Dr. Boubou Cissé avance, en ce qui le concerne, de nouvelles propositions qui méritent  de retenir l’attention nationale.

En sa qualité de Premier ministre, chef du gouvernement, Dr. Boubou Cissé a une haute idée de sa charge. C’est cette claire conscience, portée du reste par une vue dégagée de tous nuages qu’il a sur les problèmes de la nation, qui l’a amené à élaborer un schéma de sortie de crise en dix points. Ce document n’est pas, loin s’en faut, une panoplie de plus de propositions nouvelles, ce qui aurait été ennuyeux, mais bien une intelligente exploitation des solutions sur la table, aux fins d’harmonisation des différentes formulations visant une réelle sortie de crise. La paix des braves restes à portée de main, c’est évident.

Certes, du côté du M5-RFP, les positions ont davantage été crispées suite aux regrettables bavures qui ont émaillé les journées des 10, 11 et 12 juillet. Dès le 16 juillet, après avoir pris des mesures conservatoires qui s’imposaient, Dr. Boubou Cissé a tenu à s’exprimer sur France24 et a nettement condamné les dérapages, tout en exprimant le regret et les excuses de l’État. C’est après que la délégation de cinq chefs d’État de la Cedeao est venue à Bamako pour entendre les protagonistes afin de pouvoir élaborer des propositions de sortie de crise de manière pertinente. Ce qui sera le clou de la visioconférence qu’ils tiendront quatre jours plus tard pour édicter les mesures fortes qu’ils ont prises en âme et conscience. Parmi celle-ci, il y a la dissolution de l’Assemblée nationale qui traîne encore au pied d’IBK comme un boulet. Pourquoi? Parce que la résistance la plus forte qui bloque tout le règlement de la crise est à ce prix, que ne veulent – justement- pas payer les députés, avec à leur tête le président de l’Assemblée nationale, Moussa Timbiné, lequel est ni plus ni moins dans la logique du chaos.

La récente proposition du Premier ministre, à travers le schéma qu’il a élaboré, met le doigt sur la question. Les conditions d’une bonne gouvernance, vertueuse même après tout ce qui est reproché au pouvoir, ne peut aller sans sacrifices, ce que tout le monde ne semble pas percevoir dans le camp des soutiens du président de la République.

Moussa Timbiné, âme damnée du président 

En effet, Dr. Boubou Cissé, se conformant aux recommandations de la communauté internationale qui adoube les formulations de la Cedeao, propose la recomposition de la Cour constitutionnelle, ensuite de l’Assemblée nationale suite aux travaux de la nouvelle Cour constitutionnelle, l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée nationale sur le principe d’une personnalité consensuelle; dans la même veine, il sera procédé au renouvellement des bureaux des commissions du Parlement.

Cette proposition hardie, frappée au coin du bon sens et apte à calmer substantiellement le courroux  du M5-RFP, a été très mal reçue par Moussa Timbiné, président par effraction de l’Assemblée nationale, qui ne cherche que la tête du chef du gouvernement comme possible rançon de son propre maintien à son poste. Curieuse inversion de culpabilité ; de vrai problème de tous les empêchements d’une réelle solution de sortie de crise, Moussa Timbiné se pose en solution tout en poussant dans le dos Dr. Boubou vers le fossé des problèmes. Non, l’opinion publique nationale et internationale n’est pas dupe, les négociateurs de tous bords sont suffisamment éclairés.

On se souvient que le journaliste Amadou N’Fa Diallo avait abondamment écrit sur les réseaux sociaux, il n’y a pas si longtemps, qu’il tenait en privé d’un diplomate occidental que Moussa Timbiné était l’âme damnée d’Ibrahim Boubacar Keïta qui avait fabriqué dans son propre laboratoire, à son insu, ce monstre qu’il ne pourra pas contrôler et qui provoquera à coup sûr sa déchéance. Prémonition ou révélation, c’est cette perspective qui se dessine en tout cas. Malgré toutes les propositions qui recommandent sans cesse la dissolution de l’Assemblée nationale, IBK continue de botter en touche sur cette nécessité désormais incontournable. Le Premier ministre qui est la digue qui préserve maintenant le président de la République du déferlement des eaux furieuses, n’aura donc fait que répéter une vérité d’airain. Mais Dieu seul sait ce que fera Ibrahim Boubacar Keïta, écartelé entre la nécessité d’accéder à la solution de son Premier ministre en prenant en compte tout le schéma élaboré par celui-ci, peut-être en concertation avec lui, et fermer les yeux sur les bravades d’un fils encombrant qu’il a porté à la tête de l’Assemblée nationale pour une fantomatique gestion d’un futur politique hypothétique. Sur Boubou Cissé reposent les piliers de l’État,  l’Exécutif, et sur Moussa Timbiné sont compromises les aspirations légitimes des populations par l’empêchement du  fonctionnement normal de l’institution législative.

Chef de gang plutôt 

Il est notoirement admis que sans la caution et le coup de force d’Ibrahim Boubacar Keïta, un type comme Moussa Timbiné ne parviendrait jamais à se hisser au hait du respectable perchoir du Parlement malien. L’homme est suffisamment connu pour son impertinence, moindre adjectif, à la réputation pour le moins sulfureuse, avec vissé à sa personne le sobriquet de “Moussa Bessé”, “Moussa au sabre”, qualificatif qui le classe plutôt parmi les chefs de gangs que dans la catégorie de bonnes gens. Que ce type demande le départ de Boubou Cissé comme préalable à toutes les solutions possibles à la crise, c’est provoquer le vertige qui fera crouler le pouvoir d’IBK, une belle facilitation des ambitions du M5-RFP.

D’ailleurs, Moussa Timbiné aurait dû être, de façon honnête par reconnaissance de la générosité de son bienfaiteur IBK, bien inspiré en démissionnant le premier, entraînant par son départ la démission de toute l’Assemblée nationale pour permettre à IBK de respecter au moins une des recommandations majeures de la Cedeao et de la communauté internationale. Mais il a plutôt choisi de mordre la main qui le nourrit. Bien pire, on apprend que pour obtenir sa démission, il exigerait qu’il lui soit immédiatement payé cinq ans de salaires avec toutes les indemnités qui vont avec, sans compter des dommages, pour avoir été  obligé de quitter si prématurément ses fonctions, alors même qu’au regard de sa frauduleuse élection, c’est lui qui doit rembourser au peuple toutes les sommes d’argent qu’il a déjà perçues, argent indu. Tel est le personnage Moussa Timbiné, dont les milices ont tiré sur les manifestants le 23 juillet dernier, quand cinq chefs d’État de la Cedeao étaient présents à Bamako pour aider le Mali. Boubou Cissé reprend en main l’initiative politique, mais si IBK ne prend garde, la main de son Premier ministre sera coupée par le sabre de son président de l’Assemblée nationale.

ND

Source: Le Prétoire

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