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Patrimoine immobilier de l’État: Où en est la justice avec le dossier du bradage des 27 bâtiments publics ?

Face à la nécessité de sauvegarder le patrimoine immobilier de l’État, les autorités de la transition doivent élucider la situation «des 27 bâtiments frauduleusement vendus à des fonctionnaires et opérateurs économiques ». En tout cas, le moment semble plus que jamais propice pour situer les responsabilités dans ce dossier sombre.

Pour rappel, le scandale immobilier concerne la Direction régionale du génie rural; l’ex-Maison des avocats ; l’ex-Direction nationale de l’industrie ; la Direction régionale des affaires économiques ; l’ex-Caisse des retraites; les logements 1 et 2 du TF 354 sis au Centre commercial ; les logements du Centre national de la promotion artisanale ; l’Institut de la statistique ; les logements de la division du cadastre et de la propriété foncière ; l’ex-Direction nationale des impôts ; l’ex-Centre de formation des magistrats; l’Association des historiens du Mali ; la Direction des affaires sociales du ministère de la Santé ; la Recette générale du Trésor; le Comité d’appui aux réformes institutionnelles ; le Conseil supérieur de la communication ; le jardin d’enfants ‘’Les Oisillons’’ ; le logement N°256 ; le ministère du Développement social, TF n° 1602 et 2098 ; la Direction nationale de la géologie et des mines ; le Centre médico-scolaire. À ces bâtiments expédiés, il faut ajouter la Direction régionale des douanes du District et Koulikoro et la Direction des douanes ; les logements abritant l’ex-service des taxes indirectes des impôts ; la Direction nationale du génie rural ; l’Agence pour l’aménagement et la gestion des zones industrielles et le logement qui abrite le bureau de la grande chancellerie du Mali. Ces édifices ont été tous vendus à des commerçants, opérateurs économiques et fonctionnaires à la somme cumulée de plus de 23 milliards (23 878 003 693 FCFA) de nos francs.

En effet, c’est l’un des sujets qui ont le plus terni l’image du régime Ibrahim Boubacar Keïta. Non seulement la vente desdits bâtiments n’était pas une nécessité ou du moins une urgence à l’époque, mais aussi le bradage s’est déroulé au moment où l’État faisait face à l’insuffisance criarde de patrimoine immobilier, obligeant certains services publics à être en location et au frais de l’État. Chose qui constitue une perte pour l’État et un manque à gagner, puisque certains des acquéreurs desdits bâtiments publics, en tout cas pas à notre connaissance, n’ont toujours pas pu payer l’intégralité des montants qu’ils doivent à l’État. Pire, lors de la cession, les prix de vente ont été réduits au 1/5 de la valeur réelle desdits bâtiments qui sont souvent, paradoxalement, loués à l’État.

Face à la gravité du scandale et l’impérieuse nécessité de faire la lumière dans cette affaire, Mamoudou Kassogué, alors procureur en charge du Pôle économique et financier de Bamako, aujourd’hui ministre de la Justice, avait ouvert, en avril dernier, une enquête au niveau de son parquet. Une démarche certes courageuse, mais qui suscite aujourd’hui des interrogations au sein de l’opinion publique nationale. En effet, des Maliens se demandent où est-ce qu’on en est avec cette affaire ? Car à un moment donné, l’opinion nationale doit savoir l’état d’avancement de ce dossier dont le soulèvement a été applaudi par le passé.

Selon des observateurs, la transition en cours est en tout cas le moment propice pour situer les responsabilités et éventuellement restituer les bâtiments à l’État, pour sauver le patrimoine immobilier national.

À suivre !

Adama Coulibaly

Source: LE NOUVEAU REVEIL

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