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Nomination d’un comité de normalisation : Mamoutou Touré dit Bavieux, victime d’être proche d’Amadou Diakité et de Issa Hayatou

La Fifa a finalement envoyé la lettre qui consacre la nomination d’un Comité de normalisation du football malien. Elle est la résultante des différents griefs formulés par les frondeurs après l’élection de Mamoutou Touré dit Bavieux, comme président de la Femafoot. Auxquels il faut ajouter le désamour du ministre des Sports, vis-à-vis de la Fédération, et surtout sa partialité dans la gestion de la crise  dont notre football est victime  depuis janvier 2015.

La correspondance date du 20 décembre 2017, et signée par la secrétaire générale de la Fifa, la Sénégalaise Fatma Samoura. Elle souligne que la situation de la Fédération malienne de football a été soumise à l’attention du bureau du Conseil de la Fifa. Lequel a été informé des dernières évolutions, notamment l’assemblée générale de la Fémafoot tenue le 8 octobre, et qui a été émaillée d’incidents devant la délégation de la Fifa et de la Caf, l’élection de Mamoutou Touré comme président de la Fémafoot par 39 des 57 délégués à l’assemblée disposant du droit de vote, les plaintes de Salaha Baby au sujet des irrégularités dans la procédure électorale.

Toujours selon la lettre le bureau du Conseil de la Fifa a également pris note de la mission d’évaluation de l’instance suprême du football mondial. Mission au cours de laquelle les émissaires de la Fifa ont rencontré toutes les parties prenantes. Il ressort de leur constat que la Fémafoot demeure dans une impasse en raison de l’opposition entre les soutiens de Salaha Baby et de Mamoutou Touré dit Bavieux. Mieux, les deux candidats ne sont pas parvenus, poursuit la correspondance, à une solution à l’amiable malgré les efforts de la mission de la Fifa.

C’est ainsi que la Commission des associations membres de la Fifa a abordé le 4 décembre la situation de la Fémafoot. Elle a conclu à la lumière des éléments susmentionnés que les élections de la Fémafoot ne pouvaient pas être reconnues et que la constitution du nouveau CE de la Fédération  était donc impossible. Dès lors la Commission a recommandé au bureau du Conseil la nomination d’un comité de normalisation de la Femafoot.  Le Comité qui sera mis en place à l’issue d’une mission conjointe de la Fifa et de la Caf, prévue les 9 et 10 janvier 2018, aura un mandat de trois mois. Parce qu’il est clairement défini dans la lettre de la Fifa que son mandat expirera au plus tard le 30 avril 2018. Le Comité de normalisation aura pour tâches de :

–  Gérer les affaires courantes de la Fémafoot ;

–  Réviser, si nécessaire les statuts de la Fémafoot et assurer leur conformité avec les statuts et exigences de la Fifa ;

–  Réviser, si nécessaire les statuts des ligues régionales et assurer leur conformité avec les statuts de la Fémafoot ainsi qu’avec les statuts et exigences de la Fifa ;

–  Identifier les délégués légitimes à l’assemblée générale de la Fémafoot ;

–  Organiser l’élection d’un nouveau comité exécutif de la Fémafoot.

L’analyse de la lettre de la Fifa qui nomme un Comité de normalisation conclut à un acharnement sur Mamoutou Touré dit Bavieux, qui paie cash ses relations avec l’ancien président de la Fémafoot, Amadou Diakité. Le président de la Caf, le Malgache Hamad, qui veut anéantir tous les proches d’Issa Hayatou, a joué sa partition pour la mise en place du Conor. Surtout qu’elle aurait des liens avec Mariam Diakité, une nièce de Moussa Konaté, et qui figure sur la liste de Salaha Baby. Sinon la situation du Mali est loin d’être alarmante, pour qu’on aboutisse à un tel scénario.

Pour nommer le Comité de normalisation, la Fifa ne s’est basée sur aucun de ses textes ou statuts. Et la question est de savoir si la Fifa même a un pouvoir pour dissoudre un bureau légalement élu ? A la limite, elle devrait laisser cette décision d’invalidation de l’assemblée générale du 9 octobre au Tribunal arbitral de sports (Tas). Faudrait-il aussi que le camp de Salah Baby le saisisse pour demander l’annulation de ladite AG.

Mais l’on comprend aisément aussi que le ministre des Sports, Housseyni Amion Guindo, animé d’un sentiment de désamour, de haine vis-à-vis du bureau de la Fémafoot, dirigé par Bavieux n’a rien ménagé pour obtenir la nomination d’un Comité de normalisation. Il s’est même rabaissé en allant présenter ses condoléances à la secrétaire générale de la Fifa Fatma Samoura quand celle-ci a perdu sa mère.

Ce déplacement du ministre sous la forme de mission financée par le budget d’Etat peut avoir quel impact ou retombée sur la diplomatie malienne ? La réalité est que Poulo n’a pas digéré la gestion de la crise du football malien par ses homologues du Commerce et de la Jeunesse. Or, si lui, en sa qualité de ministre des Sports avait été compétent, ceux-ci ne seraient jamais appelés à la rescousse.

Certes, aujourd’hui Housseyni Amion Guindo peut se taper la poitrine, pour avoir réussi à faire nommer un Comité de normalisation, mais le Tribunal de l’Histoire se chargera de son sort. Parce qu’il a été un mauvais exemple pour la jeunesse malienne et son échec sera désormais une jurisprudence dans l’histoire des différents ministres des Sports.

    A.B. HAÏDARA

 

Source: Aujourd`hui mali

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