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Mali – Tiéman Hubert Coulibaly : « Il n’y a pas de plan B, l’élection aura bien lieu »

Le ministre des Affaires étrangères, président de l’Union pour la démocratie et le développement (UDD), détaille pour Jeune Afrique le dispositif mis en place pour assurer la tenue des élections le 29 juillet.

Tiéman Hubert Coulibaly dirige l’UDD, parti fondé par son père. Allié de la première heure du président Ibrahim Boubacar Keïta, il a été chargé de quatre portefeuilles ministériels depuis 2012.

Jeune Afrique : Le Mali est-il prêt pour que la présidentielle se tienne le 29 juillet ?

Tiéman Hubert Coulibaly : La préparation technique et matérielle est très avancée. On avait déjà commencé, en 2017, à acheminer le matériel électoral pour le référendum, ainsi que pour les communales partielles et les régionales, auxquelles il a fallu renoncer pour des raisons de sécurité. La Minusma [Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali] a été sollicitée pour renforcer la chaîne logistique.

Nous travaillons également à créer le plus de consensus possible autour du scrutin et à faire qu’il soit inclusif en matière d’électorat, c’est-à-dire que chaque Malien puisse voter, et en matière de compétiteurs, que tous ceux qui le veulent puissent se lancer dans la bataille.

Certaines communes du centre du pays pourraient ne pas voter compte tenu de l’insécurité. Combien d’électeurs seraient concernés ?

Les bureaux de vote se constituent par commune et, en novembre, nous en avions identifié 64 (sur 703) dans lesquelles l’indice d’insécurité pouvait affecter les scrutins. Cela représente moins de 10 % du territoire national et environ 8 % des 8 millions d’électeurs.

Si la date du 29 juillet ne pouvait être respectée, y a-t-il un plan B ?

Non, il n’y a pas de plan B. La Constitution n’en prévoit pas, et le cadre juridique ne permet pas d’envisager autre chose que de tenir le premier tour de l’élection présidentielle le 29 juillet.

IL NE PEUVENT PAS GAGNER EN ALLANT AU VOTE

Certains activistes demandent la démission du président de la République. Est-ce que vous entendez cela ?

Pendant que nous établissons le dialogue avec l’opposition, révisons la loi électorale, faisons auditer le fichier électoral avec l’appui d’un organisme indépendant, certains groupes subversifs trouvent le moyen de déceler les signes d’un conflit postélectoral en gestation.

Ils savent bien qu’ils ne peuvent pas gagner en allant au vote. Ils ont donc recours aux ruptures violentes telles que les coups d’État et les insurrections. Ils veulent toujours imposer des épreuves de force à ceux qui gouvernent pour les pousser à la faute et ainsi créer des épisodes de violences urbaines. Mais nous nous organisons pour les mettre en échec.

Si leur discours a un écho au sein de la population, n’est-ce pas aussi parce que les Maliens sont aujourd’hui déçus ?

La mission centrale du président, qui était de ramener la paix, n’est pas loin d’aboutir à des résultats durables. Aujourd’hui, nous n’entendons plus parler d’affrontements entre la CMA [Coordination des mouvements de l’Azawad] et la Plateforme [alliance de huit groupes armés progouvernementaux formée en juin 2014, lors des négociations d’Alger], ni d’affrontements entre la CMA et l’armée malienne.

Sur le plan économique, près de 22 % de notre budget sont consacrés à l’effort de guerre contre le terrorisme et le narcotrafic. Pour un pays comme le Mali, c’est énorme. Malgré cela, le FMI nous a décerné pour 2017 un satisfecit, non seulement sur notre manière de gérer, mais aussi sur nos performances.

Le président avait promis la création de 200 000 emplois, et nous en avons créé plus. Mais cela n’est évidemment pas suffisant pour résorber le chômage. Pour faire face aux vrais problèmes sociaux, nous devons encore gagner trois points de croissance. Et, pour y parvenir, nous avons besoin d’un nouveau plan afin d’accélérer l’industrialisation, d’augmenter la production agricole, de former davantage de techniciens, de créer plus d’entreprises… Tout cela est prévu pour le prochain mandat.

CE QUI SE JOUE DANS LE SAHEL, C’EST LA SÉCURITÉ DU MONDE

Où en est la force conjointe du G5 Sahel ?

Elle devient progressivement opérationnelle. Sur le fuseau du centre notamment, à la frontière entre le Mali, le Burkina et le Niger, où la menace terroriste est la plus active, il ne manque plus qu’une compagnie d’une centaine d’hommes pour compléter notre bataillon. Des efforts de mobilisation sont aussi réalisés sur les deux autres fuseaux, à la frontière entre le Mali et la Mauritanie et entre le Tchad et le Niger.

Il faut mettre en place les unités combattantes, l’encadrement et le soutien logistique. Nous devons également tenir compte, en même temps que nous renforçons les effectifs, des indemnités et des primes versées. Et, pour cela, nous restons tributaires des promesses de financement.

En demandant la contribution financière de nos partenaires, nous ne faisons pas l’aumône ! Ce qui se joue dans le Sahel, c’est la sécurité du monde. C’est pour cela que l’aide à la force conjointe du G5 Sahel est fondée. Les préparatifs pour sa mise en place sont bien avancés, et il y a déjà eu quelques opérations.

Une différence entre la France de Macron et celle de Hollande ?

« Vous connaissez l’engagement politique et militaire français à nos côtés depuis 2012. Aujourd’hui, il devient de plus en plus économique, avec la présence d’entreprises françaises sur notre territoire. Nous avons les relations les plus positives qui soient. »

Jeune Afrique

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