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Lutte contre la corruption : les prémices d’une gangrène devenue le jeu favori de certains cadres de l’Etat

Le Réseau de plaidoyer lobbying (RPL) a rendu publics les textes juridiques de prévention et de lutte contre la corruption au Mali, au cours d’un atelier de renforcement de capacités au bénéfice de journalistes. Ces documents révèlent l’avènement de la corruption depuis la pénétration coloniale au Mali et les différents moyens juridiques mis à contribution pour lutter contre le fléau de l’indépendance à nos jours.

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C’est ainsi qu’on découvre que la corruption au sens moderne est arrivée au Mali dès le début de l’aventure coloniale. En effet, le premier homme de pouvoir identifiable à avoir succombé à la tentation de la corruption au Mali, fut Dioukha Samballa Diallo, roi du Khasso Dembaya. Hawa Demba Diallo, fondateur de la dynastie, avait établi dans sa capitale de Médine des règles privilégiant le dialogue des cultures. En témoignage de ces règles, il donna sa fille en mariage au chef des marchands français du nom de Duranton. Plus tard, son successeur, Dioukha Samballah Diallo, accepta de vendre aux Français 4 hectares de terre à 5000 Francs de l’époque, montant public de la transaction.

En réalité, il accepta aussi de recevoir 1200 Francs des représentants français voulant le «remercier». Ce «cadeau» sous forme de rente était payable à lui personnellement et annuellement. C’est sur ces 4 ha de terre, que Faidherbe fit construire, en 1855, le fort de Médine. C’est de ce fort que partira, sous la conduite du colonel Brière de Lisle, la colonne armée qui étendit sur le Mali l’étendard de la colonisation dont la première étape fut la prise par la force de Logo-Sabouciré le 22 septembre 1878.

Il est donc aisé de comprendre l’engagement des régimes politiques successifs du Mali de son accession à la souveraineté nationale et internationale à nos jours, en vue de prévenir, le cas échéant, réprimer les comportements répréhensibles de la part des intervenants dans ou à l’occasion de la gestion des affaires publiques.

Déjà, lors de son discours à l’occasion du 22 septembre 1961, le président Modibo Keïta fustigeait la corruption des cadres de l’Etat et dénonçait leur manque de probité et leur inconduite. En 1965, par décret N°060/PG-RM du 29 mai, il mettait en place le service de l’Inspection générale (IGA) dans le but de renforcer le contrôle de la gestion des ressources humaines et matérielles dans les circonscriptions administratives.

Les auteurs du coup d’Etat du 19 novembre 1968 justifiaient en partie leur action par l’existence à l’époque d’une administration «inadaptée, inefficace, animée par un effectif pléthorique d’agents recrutés sur la base du népotisme». Pour manifester leur volonté de lutter contre la corruption et la délinquance financière, ils mirent en place une Inspection générale chargée des affaires économiques et financières (IGAEF), structure qui laissera la place au Contrôle général d’Etat. C’est dans ce cadre qu’intervenait l’ordonnance N°6 CMLN du 13 février 1974 portant répression des atteintes aux biens publics et la loi N°82-39/AN-RM du 26 mars 1982 portant répression du crime d’enrichissement illicite.

Après les événements de mars 1991 et l’avènement de l’ère démocratique, cette même volonté politique de lutter contre le phénomène s’est densifiée et s’est traduite par l’adoption de plusieurs textes législatifs et règlementaires afin d’endiguer sa persistance. Mais où en sommes-nous ?

À suivre !

Gabriel TIENOU

Le Reporter

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