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Lettre ouverte du Mouvement YEREWOLO DEBOUT SUR LES REMPARTS à nos frères et sœurs, peuples d’Afrique, du Mali et de la Côte d’Ivoire

YEREWOLO est un mouvement constitué d’hommes et de femmes motivés pour la paix, la prospérité et l’unité en Afrique et partout ailleurs. Nous constatons avec regret que la situation des 49 militaires interpellés au Mali et qui font l’objet d’arrestation, devient en fin de compte un levier de manipulation. Or, nous, membres de YEREWOLO, veillons à pallier toutes formes d’amalgame tendant à déplacer les problèmes pour maintenir les victimes dans les tenailles criminelles des bourreaux.

 

Nous en avons des exemples multiples et variés. La guerre au nord du Mali, avec ses cortèges de massacre, a connu le jour sous le label  »Rébellion touareg ». Nous avons trouvé en cette appellation une aberration mentale, mais aussi et surtout une ruse de la part des commanditaires pour en donner une connotation identitaire. Dans la même logique, la situation dans la région de Mopti était présentée par certains comme une crise intercommunautaire, une approche que nous avons réfutée avec emphase et véhémence.

Le conflit au Nord n’a aucune assise identitaire, encore moins une approche défendant des droits de minorités. La population du Mali est composée d’une mosaïque de minorités. Tout groupe éthique est relativement minoritaire. Nous avons de façon responsable veillé à dissiper ces illusions qui sont de potentiels ingrédients pour conduire une nation dans la guerre civile.

Tout en nous inclinant devant la mémoire des 3 000 morts en cinq mois lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire en 2010, nous estimons, à raison, que s’il n’y avait pas eu de manœuvres extérieures pour manipuler l’opinion à l’intérieur comme à l’extérieur, le peuple ivoirien aurait été épargné d’un tel désastre.

Chers frères et sœurs du Mali et de la Côte d’Ivoire, ressaisissons-nous ! Ne cédons pas à la manipulation ! Elle est l’œuvre des forces impérialistes. C’est pourquoi de tout temps, nous avons clamé que la lutte que nous menons contre la politique africaine de la France n’est pas une lutte contre la France ou le peuple français. Il n’est un secret pour personne, pour peu que l’on soit un observateur attentif de la scène africaine, que certains chefs d’Etat en Afrique sont des pions essentiels de la nébuleuse françafricaine.

Cette organisation dont l’objectif est, assurément, de saper tous les efforts des peuples africains de s’émanciper et de s’autodéterminer. Voilà pourquoi nous ne saurions fermer les yeux sur l’attitude de nos frères et sœurs qui veulent servir la volonté de certains individus mal intentionnés, pour amener une division entre nos deux peuples, le Mali et la Côte d’Ivoire. Ces deux nations ont toujours partagé les mêmes peines et continuent de vivre le même destin.

Nous, Maliens, nous avons vécu les événements de 2010 en Côte d’Ivoire comme les pires des cauchemars de notre nation. Nombreux étaient ceux et celles qui soutenaient le président Ouattara, au nom de la fraternité et de l’intégration africaine, comme ils étaient aussi nombreux ceux ou celles qui étaient favorables à Laurent Gbagbo, au nom du respect de la souveraineté de la Côte d’Ivoire.

Ainsi, au regard des relations qui nous lient et nous condamnent au vivre ensemble, nous estimons que la question des 49 militaires qui intervient dans un moment où le Mali est engagé dans une guerre contre le terrorisme à plusieurs facettes et en proie à des inimitiés à caractère géopolitico-stratégique téléguidées, ne doit pas sortir du cadre de la voie diplomatique que les responsables des deux pays ont décidé de privilégier.

Il est donc inconcevable que certains citoyens des deux peuples se livrent à une guerre de mots qui fait entorse à tous les principes moraux et fait voler en éclat le sens du respect et de la considération que nous devons nous vouer mutuellement. En effet, nous sommes, pour notre part intimement convaincus que les plus hautes autorités du Mali et de la Côte d’Ivoire finiront par trouver la solution la meilleure, emprunte de sagesse et de clairvoyance.

Pour rappel, de 2012 à nos jours, le peuple malien ne s’est jamais agité contre un autre peuple des États voisins, ni pour les propos tenus par leurs dirigeants contre le Mali, ni à cause de leurs prises de position par rapport à la politique interne du Mali.

Dès lors, YEREWOLO dit non à l’amalgame et à la manipulation ! Nous, membres de YEREWOLO, n’avons jamais cherché à manquer de respect aux français pour ce que font leurs dirigeants chez nous au Mali. Vouloir monter les Ivoiriens contre les Maliens et vice-versa, ne profite guère aux deux pays, encore moins 49 éléments détenus.

Nous, YEREWOLO aurions été les premiers à prendre la rue pour exiger la mise en liberté de ces 49 suspects, si nous avions des réponses consistantes aux multiples questions que suscite l’affaire. Mais le président Alassane Dramane Ouattara et ses proches soutiennent toujours leurs argumentaires par certains propos du porte-parole de la Minusma au Mali, propos que les responsables des Nations unies eux-mêmes ont infirmés à travers une note verbale adressée au gouvernement malien.

Quelle aurait été la réaction du peuple malien, si la Côte d’Ivoire, en pleine guerre contre des ennemis invisibles, interpellait à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny des militaires maliens sans ordre de mission et avec des passeports qui pour la plupart indiquent des professions qui n’ont rien à voir avec la tenue qu’ils portent et, qui plus est, avec un avion cargo chargé d’armes de guerre ? La réponse, pour nous, est simple. Nous allions tout simplement exiger à nos autorités de tirer la situation au clair en révélant au peuple tous les éléments de preuve capables de les disculper et de mettre fin aux interprétations fantaisistes et passionnées des uns et des autres.

L’ONU, l’union Africaine et la CEDEAO n’ont-elles pas des créneaux pour résorber cette crise ?

En conclusion, nous, peuple de la Côte d’Ivoire et du Mali, nous sommes censés tirer des leçons des expériences passées et actuelles. Raviver les tensions autour de cette affaire ne règlera rien. Cette crise demeure un fait diplomatique qu’il faut résoudre par les moyens appropriés en la matière. C’est pourquoi, nous appelons les deux peuples frères au calme et à la vigilance, car nous sommes tous peinés de toutes ces crises en Côte d’Ivoire et au Mali.

Vive la solidarité africaine dans le respect de l’intégrité et de la souveraineté de chaque peuple !

Bamako, le 16 aout 2022

Yèrèwolo Debout sur les Remparts

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