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Les raisons de la cabale contre Boubeye

Faire partir ce Premier ministre, qui prend de plus en plus de place, tant dans le cœur d’IBK que celui des Maliens. Tel est, désormais, l’objectif que se sont fixés certains bonzes du parti au pouvoir ; mais aussi, d’autres officines occidentaux, qui reprochent à Boubeye de faire échec à leur plan au Mali.

Pour les uns, la cabale, dont le chef du gouvernement fait l’objet, procède d’une stratégie pensée et mise en exécution dans le but de se débarrasser de son Premier ministre. Et ce, dit-on, à la demande du Chérif de Nioro et de ses camarades du RPM, impatients de jouir des délices du pouvoir ; tandis que pour les autres, l’accusation dont Soumeylou Boubeye Maïga fait l’objet dans l’assassinat de nos deux confrères de RFI procède de la volonté de la France de se débarrasser d’un homme, réputé plus proche d’Alger que de la France.

Un homme, deux adversaires de poids

Mais au regard du travail que Boubeye a abattu, en l’espace de quelques mois, pour assurer, d’une part, la réélection d’IBK et, d’autre part, pour stabiliser le pays, nous pousse à écarter l’hypothèse selon laquelle, IBK aurait l’intention de se débarrasser de son Premier ministre. En tout cas, pas de sitôt. Surtout, dans le contexte socio-politique actuel marqué, d’une part, par un front social en perpétuelle ébullition. Et, d’autre part, par une crise politique sans précédent. Avec, à la clé, des manifestations à la pelle. La dernière en date, celle organisée, fin semaine dernière, qui a fait de nombreux blessés.
Reste, maintenant, les deux autres hypothèses, jugées plus plausibles.
La démarche, enclenchée depuis quelques jours, par le chef du gouvernement – avec la baraka d’IBK – auprès des leaders politiques et religieux, des partenaires sociaux… ne serait pas du goût de tout le monde.
S’il permet d’associer toutes les composantes de la société pour une sortie de crise, elle fait échec aux plans de certains. Et pas des moindres.
Du côté de l’Elysée, cette démarche serait mal perçue. Car, elle pourrait amener les Maliens à parler d’une même voix ; mais aussi, à dégager les solutions endogènes à même de sonner le glas de cette crise. Qui n’a que trop duré.
Or jusque-là, l’objectif de la France, à travers ses agents de renseignements disséminés sur toute l’étendue du territoire national, est de confronter les communautés les unes aux autres. Une stratégie classique, qui n’a pas varié d’un iota, de la traite des esclaves à nos jours : la fameuse politique du « diviser pour régner ».
Pour la France, la démarche de Boubeye, pour la stabilisation de notre pays, serait contre ses intérêts. D’où sa décision de l’envoyer au placard. Et la stratégie toute trouvée, par les services secrets français, serait de le « mêler » à l’assassinat des deux journalistes de RFI. Histoire de donner à IBK une raison de le débarquer de la Primature.
Autre raison, et non des moindres, pour la France d’en vouloir au Premier ministre malien : sa proximité avec l’Algérie. Chose jugée inacceptable pour la France, en conflit ouvert avec les caciques du FNL (Front National de Libération de l’Algérie). Du moins, disent-ils, jusqu’à ce que la France « reconnaisse les crimes odieux » qu’elle a commis en Algérie, durant la guerre d’indépendance.
Même du côté du RPM (Rassemblement Pour le Mali), le parti au pouvoir, les démarches entreprises, ces derniers temps, par le chef du gouvernement suscitent des inquiétudes.
En effet, les bonzes du RPM ne dorment plus que d’un œil, voire d’un œil et demi. Ils voient d’un mauvais œil, ce Premier ministre qui n’est pas issu de leur rang ; mais qui, chaque jour que Dieu fait, prend de plus en plus de place dans le cœur d’IBK, leur mentor ; mais aussi, celui des Maliens.
Et de s’interroger : Boubeye serait-il le dauphin caché d’IBK pour la présidentielle de 2023 ?
L’article de l’Agence-France presse célébré par le RPM

C’est pourquoi, disent-ils, toutes les actions tendant à « discréditer » Soumeylou Boubeye Maïga sont les bienvenues.
Au lendemain de la publication des articles de l’Agence-France presse et l’Express, accusant le Premier ministre – ministre de la Défense à l’époque des faits – d’avoir eu une conversation téléphonique avec Ag Bakabo, dernière personne à avoir reçu les deux journalistes avant leur assassinat, des leaders du parti au pouvoir auraient fêté ce qu’ils ont appelé une « première victoire ».
L’idée de la célébration de cette « victoire », qui s’est déroulée, le 14 novembre dernier, au domicile d’un haut patron du parti, serait venu d’un des hauts responsables du RPM.
Le buffet, selon un confrère rodant dans les parages, était bien garni. Et le champagne aurait coulé à flot. Tous, nous dit-on, auraient levé leur verre au départ de Boubeye de la Primature.
Comme on le voit, au moment où le président de la République et son Premier ministre multiplient les initiatives pour sortir notre pays de cette crise qui n’a que trop duré, d’autres travaillent à préserver leurs petits intérêts. Quittent à enfoncer, davantage, le Mali dans la crise.
Oumar Babi

Source: Le Canard Déchaîné

 

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