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La scène politique algérienne à la veille de l’élection présidentielle 2019

A quelques mois de l’élection présidentielle, quelles sont les principales questionsqui occupent le devant de la scène politique nationale ? À quel âge devrait –on avoir le droit de candidater à une élection présidentielle ?  Faut-il l’abaisser à 25 ans ? Comment le peuple peut-il cultiver ses propres  valeurs spirituelles et civilisationnelles, de dialogue, dans le respect de la Constitution ? Quels sont les acquis qui ont été réalisés par le peuple, depuis l’indépendance  du pays en 1962 ? Les objectifs post indépendance dans la Déclaration du 1er Novembre 1954 ont-ils été atteints ?

La source de toutes les batailles politiques est la bataille des idées. La victoire des idées précède toujours la victoire politique. Il n’y a pas une mais plusieurs oppositions au régime politique algérien. Comment préserver le paysage  politique algérien ‘’ des surenchères oppositionnelles ‘’ ? Qui peut décerner à un algérien le brevet de ‘’grand opposant au régime politique actuel ‘’ ? Qui s’oppose à qui et à quoi ? Comment plaider pour l’ouverture du champ politique ?

Certaines  personnalités politiques de l’opposition se targuent de ‘’l’ouverturepolitique’’ qu’a connue le pays avec la constitution de 1989. De mon point de vue, ce qui reflète la vitalité d’une vie démocratique, ce n’est pas le nombre limité de mandats mais  la présence d’un contre-pouvoir qui est une nécessite encore plus décisive, car  en démocratie il n’y a jamais de mandat de trop.

Les élections présidentielles à deux tours sont un des indicateurs pour évaluer le dynamisme d’une démocratie, cependant une élection à un seul tour rendrait le vote plus démocratique, car une élection à un seul tour permet d’éviter d’une part : le jeu d’alliances et la coalition de partis politiques qui scelleront  un accord de gouvernement,  pendant l’entre deux tours, pour se voir proposer des postes ministériels en cas de victoire, et d’autre part  le bipartisme qui peut se muer en régionalismeNéanmoins, nul n’est propriétaire des voix électorales.

De plus, contrairement à ce qu’affirment certains partis politiques algériens, une constitution  qui n’est pas élaborée par une Assemblée constituante élue n’est pascontraire à l’essence même de la démocratie. Un groupe d’experts sous la supervision du ministère de la justice peut être chargé de la rédaction d’une nouvelle constitution .Ensuite, ce texte constitutionnel peut être soumis par référendum aux citoyens. Or, qu’en est-il du respect des constantes et des valeurs de la nation ?

Les valeurs de la société algérienne sont bouleversées, à tel point qu’une partie de la population  connait et revendique ses droits  tout en abandonnant ses devoirs sociaux. De nombreux partis politiques délivrent  des messages patriotiques pour mobiliser les jeunes générations, autour du redressement du pays, alors qu’une partie de la jeunesse  continue à revendiquer les droits d’un enfant et les devoirs d’un adulte.

La constitution  portée par le régime politique algérien entend fournir plus de force démographique  à l’électorat féminin : le nombre de femmes âgées de plus de 40 ans  au sein de la population algérienne est supérieur à celui des hommes. Le corps électoral est favorable à cette structure d’âge de la population féminine.Afin d’élargir la participation à la vie politique, il faudrait abaisser l’âge pour se présenter à l’élection présidentielle.

Quant à l’avenir du Sahara Occidental, la question de l’article 29  de la constitutiondoit être débattue. Au delà de la rivalité entre le Maroc et le Sahara-Occidental, le risque d’une guerre aux portes de l’Algérie est réel. Les négociations entre les deux Etats n’ont permis aucun progrès. L’échec de la négociation signifie- t-il le recours à la guerre ? Il est important de rappeler que  la mission onusienne de bons offices qui a abouti aux Propositions de règlement, acceptées en principe par le Maroc et le Front POLISARIO le 30 août 1988, n’a pas empêché  la création de l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Il y a lieu de s’interroger également sur le contenu de la lettre ouverte  d’universitaires et de chercheurs internationaux adressée à l’Elysée. Les signataires demandent à l’Etat français ‘’de mettre la question du Sahara Occidental à l’agenda des prochaines réunions du G5 Sahel.’’

Aussi longtemps que  la surenchère des ‘’diplômes ‘’ perdure au sein de la société algérienne, l’élite politique  ne peut se structurer  et être a la hauteur des nombreux enjeux auxquels fait face le pays dans l’actuelle conjoncture, aussi bien géopolitique que sociale. La surenchère aux diplômes favorise les inégalités. Le doctorat n’ouvre pas forcément droit aux fonctions supérieurs de l’Etat .L’examen et l’adoption des décisions individuelles de nominations  à des fonctions supérieures de l’Etat n’obéissent pas à la logique du parcours universitaire, car la constitution algérienne  ne fait mention d’aucun critère d’accès à une fonction supérieure de l’Etat. En outre, il est utile de différencier entre le Curriculum Vitae (CV) du ministre et la composition de son équipe ministérielle qui est appelée à remplir les missions qui leur sont attachées.

Chaque génération a un devoir à accomplir. De mon point de vue, les chouhadas (les révolutionnaires de 1954) ont payé de leur sang le droit de défendre leur libertéLa notion ‘’  ayants droit des chouhadas’’   est une disposition constitutionnelle. Ont-ils plus de droits et de devoir ? Quels rôle  ont –ils joué  dans la construction de l’Algérie ? Comment peuvent-ils incarner les valeurs révolutionnaires ? Que signifie le patriotisme  dans un pays dictatorial ?

Une partie de la population exerce la surenchère patriotique par opportunisme politique, alors qu’être patriote c’est être internationaliste, c’est pouvoir engager son pays pour toutes les causes justes dans le monde.

Certains  défenseurs fanatiques   de la cause palestinienne au sein de la classe politique algérienne, reprochent à Israël d’être ‘’un Etat pour les juifs’’,  ’’un Etat juif’’ .C’est un reproche injuste car l’article 87 de la constitution algérienne  mentionne que ‘’Pour être éligible à la Présidence de la République, le candidat doit :   être de confession musulmane ‘’.A la lecture de cet article de la constitution, l’Algérie est un Etat musulman, voire un ‘’Etat pour les musulmans ‘’.

Cette ambition d’indépendance et l’aspiration au progrès  ont-elles rapproché les générations ?  Une partie de la génération qui regroupe les individus nés après 1962ont-ils été les principaux bénéficiaires de l’engagement national à relever les enjeux culturels, économiques et sociaux ? La politique contient- elle une part d’irrationalité ?

Sacrifier une partie de sa vie  en politique n’est pas une garantie, pour marquer d’une pierre blanche l’histoire du pays. L’engagement pour la démocratie est une action noble, le parcours d’un militant des droits de l’homme  n’est pas synonyme d’une récompense politique ni la promesse d’être embauché au sein d’un gouvernement légitime, pour modifier le présent et bâtir l’avenir et celui des générations futures.

 

En regard de cela, quel aspect  juridique pour les générations  futures ? Quel sont les responsabilités et les  engagements  des générations présentes  envers les générations futures ? Comment défendre les intérêts  d’une génération qui n’est pas encore née ? Comment transmettre les valeurs de sacrifice et de patriotisme aux générations futures ?

Si  le colonialisme n’est pas le paradis, la dictature est  un enfer. Concernant l’histoire de la Guerre de libération de l’Algérie contre le colonialisme, je suis l’héritier de cette histoire dont je ne suis pas entièrement solidaire. Que ceux qui ont scandé dans les années 1960 ce slogan 7 ans ça suffit, barakat. Sebaa Snine Barakat ! ’’ assument leurs responsabilités. Ce slogan ’’7 ans ça suffit, barakat. Sebaa Snine Barakat ‘’  est dépourvu de toute anticipation sur l’avenir du pays  et  n’a pas permis d’éradiquer la faim en Algérie. Les fruits de la révolution algérienne de 1954 sont inégalement partagés.

Conclusion :

Il n’y a pas de sens de l’histoire politique .Ne dis-t-on pas que’’ l’histoire politique est faite d’incertitudes qui se réalisent’’ ?

Benteboula Mohamed-Salah .Géographe Algérien, Sunnite et Arabe

Auteur du livre ‘’La diplomatie algérienne à deux têtes ‘’

Beyusek @hotmail.fr

La rédaction

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