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Jugé pour ‘’coups mortels’’ sur un apprenti chauffeur: Mamadou Sacko écope de deux ans de prison dont une année avec sursis

La Cour d’assisses a tranché, le vendredi 12 mars, l’affaire ministère public contre Mamadou Sacko accusé de « coups mortels » sur l’apprenti chauffeur Yoro Touré. A l’issue de l’audience, les jurés ont condamné l’accusé à deux ans de prison dont une année avec sursis.

 

C’est un vendredi, courant août 2019, à l’heure de la grande prière collective que Mamadou Sacko, un rabatteur au grand marché, érigea comme d’habitude des barrières. C’était pour empêcher ou faire ralentir les voitures et les engins à deux roues pour la bonne tenue de la prière des musulmans. Au cours de ladite opération, un apprenti chauffeur de Sotrama, du nom de Yoro Touré, s’approcha de la barrière pour se frayer un chemin. Naturellement, le jeune Mamadou Sacko s’opposa à sa tentative. Ceci dégénéra en une altercation entre les deux jeunes.

Après que des fidèles se furent interposés entre eux, les deux adversaires se retrouvèrent, un peu plus tard, dans un second accrochage, au cours duquel le nommé Yoro Touré sera grièvement blessé à la poitrine. Admis au CHU Gabriel Touré pour des soins, il succombera plus tard à ses blessures. Saisi par une plainte du père du défunt, le Commissariat du 1er Arrondissement de Bamako ouvrit une enquête. Qui aboutit à l’interpellation de Mamadou Sacko. Poursuivi pour « coups et blessures volontaires », ayant entrainé, sans préméditation, la mort de son adversaire au cours de la rixe, le tribunal l’inculpera ainsi pour « coups mortels « .

Dans le box des accusés, Mamadou Sacko, après avoir présenté ses excuses à la Cour pour avoir donné la mort, justifiera son coup de sang par le fait que Yoro Touré a proféré des mots grossiers à l’encontre de sa mère, alors que lui ne cherchait qu’à le dissuader de forcer la barrière, protectrice de l’aire de prière du vendredi. « Irrité par ses mots irrespectueux vis-à-vis de ma génitrice, une dispute éclata entre nous, vite dissipée par l’intervention de l’assistance ». Alors que je reprenais mon travail, je le vis revenir, à ma grande surprise, avec un couteau, qu’il était allé prendre du côté du chauffeur de Sotrama, pour m’agresser. Au cours du corps à corps en gagé, le couteau est tombé par terre, je l’ai promptement récupéré pour lui assener deux coups à la poitrine puis à l’épaule « . a-t-il rapporté à la Cour.

A la question de la Cour de savoir s’il n’était pas sous l’influence d’un produit psychotrope, l’accusé rétorquera qu’il ne prend aucun stupéfiant. Soutenant être entré en colère à la suite des grossièretés adressées à sa mère par Yoro Touré. Le père du défunt, qui expliquera qu’il était au chevet de son fils à l’hôpital Gabriel Touré, où il est décédé la nuit des faits, dira simplement : « Je m’en tiens à la décision de la justice ». Avant de réclamer dix millions de FCFA pour les dommages et intérêts. Dans son réquisitoire, le Procureur dira que les faits sont constants. Il a sollicité à la Cour de retenir Mamadou Sacko dans les liens de l’accusation suivant l’alinéa premier de l’article 202 du Code Pénal. Quant à l’avocat de la défense, il a plaidé coupable pour l’accusé. « Je vous demande d’accorder des circonstances atténuantes à l’accusé devant vous. Car, ditil, Mamadou Sacko est délinquant primaire », a-t-il plaidé.

La Cour, dans sa sagacité, a reconnu l’accusé coupable des faits de  » coups motels ». Mais, lui a accordé des circonstances atténuantes, évoquées par l’avocat commis d’office. Ainsi, Mamadou Sacko a été condamné à deux ans de prison, dont une année avec sursis et au paiement de deux millions de FCFA à la famille du défunt.

O. BARRY

Source : l’indépendant

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