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IBK lors de l’ouverture du Sommet G5 Sahel: » il est donc de notre devoir d’enrayer ensemble une gangrène qui menace de larges portions de nos territoires et expose notre jeunesse à l’errance »

Excellence Monsieur le Président de la République française,
Excellence Monsieur le Président de la République du Tchad
Excellence Monsieur le Président de la République Islamique de Mauritanie
Excellence Monsieur le Président de la République du Burkina Faso
Honorables invités
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais, tout d’abord, au nom de mes concitoyens, du Gouvernement et au mien personnel vous souhaiter la plus chaleureuse bienvenue en cette terre africaine du Mali où je vous accueille, comme toujours, avec joie et fierté.

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Excellence Monsieur le Président Macron,
Vous nous avez fait l’honneur de vous rendre à Gao, dans notre Espace commun à tous, le 19 Mai dernier, cinq jours seulement après votre entrée en fonction, pour saluer et rendre hommage à vos soldats, mais aussi et surtout pour confirmer la continuité de l’engagement de votre pays et exprimer votre souhait d’une intensification de notre mobilisation pour qu’ensemble nous trouvions une réponse collective à la hauteur de la complexité et de la gravité de la menace. Gao, première grande ville libérée par les forces spéciales tchadiennes, l’Opération Serval et les forces de défense et de sécurité maliennes sera toujours pour nous le symbole de la bravoure et de la solidarité africaine et 
internationale.
C’est pourquoi, chers Pairs du G5 Sahel, je voudrais, en votre nom à tous saluer la présence de notre hôte de marque, dont le pays, la France, partage une histoire et un destin commun, un pacte de sang avec nos pays et nos peuples respectifs.
Monsieur le Président Macron, je voudrais, à travers vous, témoigner notre gratitude à l’ensemble de la classe politique française et au peuple ami de France.
C’est le lieu pour moi de m’incliner, de nouveau, très respectueusement devant la mémoire des nombreuses victimes, civiles et militaires, de la crise malienne.
Aux familles endeuillées et aux pays contributeurs qui ont perdu des soldats sur notre sol, je voudrais présenter au nom du Gouvernement et du Peuple du Mali, nos sincères condoléance. Qu’ils reçoivent ici l’expression de notre reconnaissance et l’assurance que le sacrifice de leurs filles et de leurs fils ne sera pas vain.

Excellences Messieurs les Présidents et Chers Frères,
C’est grâce à votre confiance et à votre solidarité que l’évènement d’aujourd’hui a été rendu possible. Aussi, voudrais-je vous renouveler mes sincères remerciements pour l’honneur fait à mon pays d’assurer la Présidence en exercice du G5 Sahel pour la période 2017-2018.

Excellences Messieurs les Présidents
Honorables invités
Mesdames et Messieurs
La situation sécuritaire dans le Sahel est caractérisée par une sédimentation de la menace terroriste qui s’appuie sur des ramifications transfrontalières, à travers différents groupes dotés d’importants moyens militaires, logistiques et financiers, entretenant entre eux des liens complexes de rivalités et de collusion et faisant preuve d’une grande capacité de résilience en dépit des coups reçus depuis le déclenchement de l’Opération Serval et des actions des FAMAS, des FATIM et des armées ouest-africaines.
La nature en réseau de nos espaces et l’homogénéité identitaire de nos pays, en particulier dans les zones transfrontalières, sont, hélas, devenues, autant de facteurs favorisant une métastase de la menace et l’expansion territoriale des groupes terroristes dans toute notre Région. L’influence de Daesh en Libye et la situation chaotique qui y règne font de ce pays frère une base logistique, un arsenal à ciel ouvert et une passerelle sur le Sahel avec des ramifications sur le reste de l’Afrique de l’Ouest. Nos pays deviennent ainsi un théâtre de dissémination d’armes de toutes catégories, une zone de repli pour les combattants étrangers terroristes fuyant l’action internationale en Syrie ainsi que pour des binationaux qui tentent de transiter par notre Région pour regagner l’Europe.
Enfin l’allégeance de différents groupes à Al Qaïda et Daesh projette notre région dans un champ de confrontation mondiale. La recrudescence des attaques terroristes qui en résulte, les trafics de tous genres, y compris des êtres humains, font peser de graves menaces sur la paix et la stabilité dans le Sahel, avec son lot presque quotidien de morts, de blessés et de dégâts matériels.
Cette situation menace l’existence de nos Etats et la cohésion sociale qui a toujours caractérisé les relations entre nos communautés.
Le caractère transnational de la menace et la dimension régionale, voire internationale, des enjeux nous ont, progressivement convaincu que notre sécurité est indissociable et ont accéléré notre décision, à l’occasion de notre Sommet du 20 Novembre 2015, d’évoluer vers une approche novatrice en matière de sécurité collective, mettant la coopération et la mutualisation au cœur de notre réponse, afin de donner plus de cohérence et d’efficacité à notre action pour une meilleure complémentarité de nos dispositifs et une coordination plus poussée de nos opérations.
Six mois plus tard, en Mai 2016, nos Chefs d’Etat-major nous ont proposé deux formats possibles pour notre Force Conjointe. Et en Février dernier, ici même à Bamako, une résolution des Chefs d’Etat a consacré la forme définitive de cette Force dont le mandat, endossé par l’Union Africaine le 
13 Avril 2017 porte principalement sur quatre points:
1. Combattre le terrorisme, le trafic de drogue, les trafics d’êtres humains en vue de créer un environnement sécurisé en éradiquant l’action des terroristes et des autres groupes criminels organisés afin de restaurer la sécurité et la paix conformément au droit international ;
2. Contribuer à la restauration de l’autorité de l’Etat et au retour des personnes déplacées ou réfugiées ;
3. Faciliter dans la limite de ses capacités, les opérations humanitaires et l’acheminement de l’aide aux populations affectées;
4. Contribuer à la mise en œuvre des actions en faveur du développement dans l’espace du G5 Sahel.
Je voudrais, en cet instant, exprimer notre satisfaction pour l’adoption à l’unanimité de la résolution 2359 (2017) par laquelle le Conseil de Sécurité des Nations Unies salue le déploiement de la Force Conjointe du G5 Sahel, apportant ainsi la preuve de la détermination de la communauté internationale à accompagner nos efforts face à ces graves défis sécuritaires.
Je voudrais saluer ici le rôle déterminant de la France, sous la direction et avec l’engagement personnel du Président Emmanuel Macron, dans le processus de négociations et d’adoption de cette résolution.
J’associe à ces remerciements le Secrétaire général de l’ONU, mon cher ami Antonio Guterres, et le Président de la Commission de l’Union Africaine, notre frère Moussa Faki Mahamat, pour leur soutien constant en faveur de la mise en place de la Force Conjointe du G5 Sahel, ainsi que les autres membres du Conseil de Sécurité, la CEDEAO et l’Union Européenne.
Je sais que nous pouvons continuer de compter sur l’appui de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux pour l’opérationnalisation rapide et le fonctionnement efficient de cette Force Conjointe. A cet égard, nous avons hâte de travailler sans tarder à l’organisation de la conférence de planification des contributions des partenaires, prévue par la résolution 2359 du 21 Juin 2017.

Excellences Messieurs les Présidents
Honorables invités
Ce sommet extraordinaire a un double objectif. Il s’agit :
. de faire le point des actions de défense et de sécurité engagées pour faire face aux menaces sécuritaires qui subsistent dans l’espace Sahélien, et auxquelles le G5 Sahel, la France et l’Europe sont confrontés,
. d’identifier les pistes d’un partenariat plus robuste avec la France, axé sur des investissements stratégiques et des financements prioritaires en vue de faire du Sahel un espace de paix, de stabilité et de développement
Notre objectif, ici et maintenant, est de jeter les bases d’un Partenariat Rénové axé sur le triptyque Sécurité Développement-Gouvernance.
En construisant un espace commun de sécurité, nous devons, en effet, édifier également un espace commun de développement et de promotion humaine. Nos succès militaires doivent être prolongés et consolidés par des actions de développement global qui, par leur pertinence et leur inclusivité, contribueront à libérer les forces économique politique comme aux opportunités économiques.
Ce Partenariat doit s’inscrire dans la durée et renforcer les atouts et capacités de chaque pays à répondre aux aspirations de ses citoyens.
Nous constatons tous les jours les effets ravageurs du terrorisme, de la criminalité transnationale organisée et de l’extrémisme violent sur la situation socio-économique de vastes zones de notre continent. Ces phénomènes substituent aux activités licites une économie criminelle à grande échelle. Elles détruisent le tissu social traditionnel et ne laissent souvent aux populations d’autres choix que celui de la conversion au pire, en se soumettant aux groupes terroristes et/ou en s’y enrôlant pour leur sécurité et leur survie.
Il est donc de notre devoir d’enrayer ensemble une gangrène qui menace de larges portions de nos territoires et expose notre jeunesse à l’errance.

Messieurs les Présidents et Chers Amis
Honorables invités
Je vous sais attentifs à notre évolution intérieure. Je puis vous assurer que le train de la paix avance, avec assurance et confiance. La paix est pour toutes les Maliennes et pour tous les Maliens une option stratégique à laquelle il n’y a nulle autre alternative. En puisant constamment dans le socle de notre vivre-ensemble séculaire, nous saurons trouver à chaque étape la voie la plus adéquate pour préserver la nature profonde de notre pays qui est d’être une nation plurielle et indivisible.
Je puis aussi vous assurer que je me suis imposé une obligation d’écoute permanente de mes concitoyens parce que j’ai mis la reconstruction de l’unité nationale, la préservation et le renforcement de la cohésion sociale au cœur de mon action.
En vous remerciant une fois de plus de votre amitié pour le Mali et de l’honneur qui nous est fait d’être le pays hôte d’une rencontre si cruciale dans l’évolution de notre Partenariat, je voudrais conclure en souhaitant plein succès à nos travaux.
Je vous remercie de votre aimable attention.

 

Source: info-matin.

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