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Gouvernance démocratique de la justice au Mali: l’impérieux respect de l’éthique par le magistrat

Dans le cadre des activités interactives du Projet d’appui à la justice au Mali (PAJM), l’Institut national de formation judiciaire Me Demba DIALLO, a initié, hier mercredi, dans ses locaux, à Banankabougou, une session de formation de 3 jours, des magistrats sur le thème: «L’éthique du magistrat».

La cérémonie d’ouverture de la session de trois jours était présidée par le directeur général de l’Institut, Toubaye KONE, en présence du représentant du PAJM, Ganiou DEDJINOU et des deux formateurs, à savoir les doyens Cheickna Detteba KAMISSOKO et Raoul SANGARE. On notait également la présence de quelques magistrats et de nombreux auditeurs de justice.
D’entrée de jeu, le directeur général de l’INFJ dira qu’il ne cessera de le répéter à chaque fois que de besoin: «Si la justice est un service public, les justiciables (qui sont aussi détenteurs de la souveraineté politique et contribuables) sont légitimement en attente de qualité».
Pour le magistrat Toubaye Koné « la qualité du service public de la justice dépend en grande partie de la qualité des hommes et des femmes qui la composent».
En effet, souligne-t-il, dans un Etat de droit, la confiance dans les magistrats est un enjeu essentiel, une condition de l’efficacité et de la crédibilité du système juridictionnel.
Cependant, M KONE n’a pas eu peur de le dire à haute voix: «Notre institution judiciaire est au cœur des polémiques : les magistrats sont mis en cause individuellement, d’autres sont l’objet d’une publicité déplacée».
A son humble avis, même si les dysfonctionnements dénoncés demeurent assez marginaux, les magistrats doivent en tenir compte, parce qu’il est indéniable qu’un déficit de confiance des citoyens envers la justice est de nature à détériorer son image publique.
Dans l’Etat de droit et de démocratie, reconnaît-il, le rôle du juge s’est accru. Il est devenu le garant ultime des valeurs démocratiques et des droits de l’homme ; de même les attentes des justiciables se sont renforcées et leurs demandes se sont diversifiées.
Dans ce contexte, il est du devoir des serviteurs de la justice, surtout au niveau de l’Institut national de formation judiciaire, d’engager une réflexion sur l’éthique dans la magistrature, afin de formuler des principes capables d’orienter la déontologie de l’institution judiciaire et de proposer des remèdes aux difficultés.
Alors, s’interroge-t-il, quelle est cette personne appelée à rendre la justice qu’on nomme « juge » ? Qui est ce juge ? Qui doit-il être ?
Pour lui, il s’agit là des questions fondamentales que chaque magistrat est amené à se poser.
Selon le Directeur de l’INFJ, « le juge doit être conscient de son rôle, compétent, laborieux, compatissant, à l’écoute de l’autre, curieux, toujours à l’affût de nouvelles connaissances, ouvert, sincère et courageux».
En tout cas, le DG de l’INFJ dit n’avoir aucun doute quant à la compétence des formateurs de cette trempe, pétris aux techniques andragogiques, moulés à l’art de l’enseignement et de surcroit praticiens chevronnés. Et il est persuadé que les participants pourront aisément saisir la quintessence de l’éthique du magistrat.
Durant les trois jours de la formation, les doyens entretiendront les magistrats sur ces valeurs qui fondent la justice et que tout praticien se doit de s’approprier.
De manière spécifique, la formation vise à permettre aux praticiens du droit de connaître et de maîtriser les principes d’éthique du magistrat ; de recueillir les valeurs et les règles de conduite partagées au sein du corps de la magistrature, lesquelles serviront de guide au magistrat dans l’exercice de ses fonctions afin de renforcer la confiance des citoyens en la justice ; d’expliciter les modèles de conduite selon lesquels les jugent exercent leurs fonctions.
Quant à Ganiou DEDJINOU, il a un fait une brève présentation du PAJM, initié en mai 2015 et qui arrive à terme en septembre 2018, ainsi que les activités phares réalisées au Mali en faveur des acteurs (formation des magistrats, huissiers de justice, greffier, etc.) et institution de la Justice.
Le PAJM est un ambitieux programme de réforme législative sous la conduite du ministère de la Justice, à travers la Direction nationale de l’administration de la justice (DNAJ), financé par l’Union européenne.
Le PAJM, explique M DEDJINOU, vise à raffermir l’Etat de droit et la gouvernance démocratique dans notre pays, par le renforcement des capacités et l’indépendance des services publics de la Justice.
En effet, l’objectif du Programme est de contribuer à la construction d’un système de justice indépendant, impartial et équitable pour tous les citoyens maliens.
Dans la même dynamique, faut-il rappeler, il s’agissait de consolider l’institution judiciaire, en initiant des bonnes pratiques qui contribueront au renforcement de la crédibilité de la justice, de la performance, des capacités et de l’accessibilité des services de justice.

Par Sékou CAMARA

Info-Matin

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