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Fiançailles à Bamako : Un grand alibi pour abuser des jeunes filles!

De nos jours à Bamako, c’est un constat général : bon nombre de promesses de mariage n’aboutissent pas, sinon tard. Une situation qui s’explique par plusieurs raisons, toutes voilées.

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Les fiançailles, dans notre culture, équivalent à une promesse non écrite de mariage. Elles constituent, en effet, comme un premier engagement entre un homme et une femme dont la finalité est de s’unir par les liens du mariage.

Aussi, les fiançailles sont une manière pour deux « tourtereaux » de démontrer à la société dans laquelle ils vivent, que leur relation est sérieuse. Histoire d’échapper aux regards indiscrets. Mieux, donner l’impression de se marier un jour.

Dans notre société, c’est devenue une pratique courante, car la plupart des jeunes couples passent d’abord par les fiançailles avant d’aboutir au mariage. Cela pour plusieurs raisons : manque de moyens financiers chez l’homme, raison d’études chez la jeune femme….

Selon Boubacar Sidibé, sociologue de son état, « le terme fiançailles évoque, à la fois, la cérémonie en guise d’une déclaration d’intention de mariage et la période vécue par le couple entre la promesse solennelle et le mariage proprement dit ».

Selon lui, les fiançailles permettent également à la famille de l’homme de faire la connaissance de la promise et réciproquement pour celle de la femme concernant leur futur gendre.

« Les fiançailles se font verbalement sans un acte écrit. Le fiancé envoie le panier de colas ou de sel dans sa future belle-famille en signe d’engagement, et ce panier est distribué aux parents, amis et connaissances. Cela donne lieu à un autre phénomène que certains jeunes d’aujourd’hui ont adopté, notamment la remise d’une bague de fiançailles. Car la bague est offerte par le fiancé à sa promise en signe d’amour et d’engagement », explique notre sociologue.

Qui poursuit que les fiançailles sont également un temps particulièrement propice au partage d’idées, des attentes et des objectifs sur la vie de couple.

« C’est le moment pour les deux personnes de se connaitre davantage, de partager leur vision du mariage, le partage des tâches, la gestion de l’argent, l’éduction des enfants… », indique Boubacar Sidibé. Qui ajoute que ces échanges sont indispensables après les fiançailles, car il s’agit pour les fiancés d’aborder toutes les questions sur leur vie commune future. Afin d’anticiper sur d’éventuelles tensions et conflits des premières années de la vie conjugale.

Des principes foulés au pied !

Cependant, force est reconnaître qu’actuellement dans notre pays, les jeunes n’accordent plus d’importance à cet engagement. On assiste souvent à des ruptures de fiançailles pour des banalités.

Sur la question, certains jeunes interrogés estiment que quand les choses vont mal, il n’est pas conseillé de se forcer à épouser celui ou celle avec la laquelle on s’était déjà engagé. D’autres évoquent l’infidélité, l’incompréhension et même souvent la découverte de certains comportements et petits secrets chez l’autre.

Alors que d’autres pensent qu’il n’est pas bien de rompre les fiançailles par un coup de tête, étant donné que les familles et parents des deux fiancés ont déjà fait connaissance.

M. D, un jeune qui vient juste de rompre ses fiançailles explique pourquoi, lui et sa fiancée en sont arrivés là. Selon lui, il n’y avait aucun problème entre lui et sa fiancée après plus d’une année de fiançailles. Car sa fiancée était une fille extraordinaire et le courant passait très bien entre eux. Fort de cette situation, dit-il, il a décidé de passer au mariage. Mais, ironie du sort, depuis le jour qu’il lui a annoncé ses intentions, sa fiancée a changé de comportement. Mieux, il a senti chez elle qu’elle n’est pas intéressée par le mariage à part les petites dépenses qu’Il faisait pour elle depuis leurs fiançailles.

Rompre les fiançailles est très pénible mais moins douloureux que le divorce. Kadi Diop, une jeune fille célibataire pense qu’il est préférable de rompre les fiançailles si l’on se rend compte que les conditions ne sont réunies pour la vie en couple. « Pour le faire on est pas obligé d’aller devant les tribunaux », tranche-t-elle.

Contrairement à elle, Ibrahim Maïga estime qu’il ne faut pas se fiancer si c’est pour se séparer quelques temps après car, les fiançailles impliquent l’assentiment des familles respectives des fiancés.

Selon lui, « les fiançailles constituent un prélude au mariage qui doivent être considérées comme un engagement sincère autant que le mariage lui-même. Car, quand on arrive à ce stade, c’est que déjà on est dans le sérieux ».

Hélas, de nos jours, les fiançailles ont perdu tout leur sens. Elles consistent pour de nombreux couple, un tremplin pour profiter bien l’un de l’autre sans crainte. C’est pourquoi de nombreux chefs de famille refusent d’accorder la main de leur fille sans la précision de la date du mariage, avant l’envoie du panier de colas.

Aux dires du vieux Mahamadou Lamine Kouyaté, « c’est tout à fait normal qu’on assiste à autant de ruptures, car de nos jours, les choses ne se passent pas comme elles devraient l’être. Avant, les garçons écoutaient leurs pères et une fille ne choisissait pas son fiancé ». La libido du temps moderne.

Fily Sissoko
SOURCE: Tjikan

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