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Enseignant français expulsé ; Leurre ou lueur ?

Ce qui fait débat dans les rues de Bamako et ailleurs au Mali,  ces derniers temps, c’est bien l’expulsion d’un enseignant français du Mali. En effet, les semaines dernières, la surprise était à son comble lorsque les abonnés des réseaux sociaux ont fait connaissance du contenu d’un devoir à domicile. En effet, il y avait le nom azawad. Pire, que sa capitale serait Gao. La représentation diplomatique du pays colonisateur a, pourtant sorti un communiqué pour informer qu’entre les lignes du devoir à domicile en question il n’y a point d’intention malveillante…

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La différence notoire entre le colonisateur et le colonisé est que le premier est prévoyant, la mémoire du second pourrait être qualifiée de courte. Et c’est ce gap intellectuel qui aura joué à la faveur de l’homme blanc. Ils ont eu à utiliser leur cerveau pour nous coloniser pendant plusieurs décennies. Officiellement, notre pays a eu son indépendance en 1960. Mais de cette date à nos jours, quelle preuve d’indépendance détient-on?

La France nous tient pour ses intérêts, non pas pour le bonheur des Maliens. Quand allons-nous comprendre cela? Nous sommes des éternels consommateurs, des exécutants et des dépendants. Nous attendons tout de la France. Nos institutions, nos lois, notre sécurité, notre diplomatie, nos produits de consommation alimentaire etc. On ne fait que le « copier-coller ».Nous dansons et chantons aux pas de la France.

A analyser de près cette expulsion de l’enseignant français, on peut affirmer que l’espoir et la confiance de notre peuple pourrait renaître aux autorités actuelles du pays. Même si la décision du département des affaires étrangères semble avoir été prise sous la pression de milliers voire de millions de Maliens sur les réseaux sociaux. L’arbre ne doit, pourtant, pas cacher la forêt. Depuis près d’une décennie, on aura fait voir les Maliens toutes les couleurs. Quasiment, les soldats de tous les pays du monde se trouvent sur le territoire malien. Ceci n’a pas épargné notre pays de devenir l’épicentre de drogues, de stupéfiants de tous genres ou d’armes et de munitions de toutes provenance. Le Mali ne serait-il pas en passe de frôler la situation d’un no man’s land? La question mérite d’être posée d’autant plus qu’on se rappelle que c’est dans le septentrion qu’un avion, en provenance du Vénézuéla, avait atterri pour se faire exploser après déchargement. L’affaire s’est alors fait appeler ‘’Air cocaine ’’. Qui ne se souvient pas des nombreuses scènes de carnage que notre armée a eu à subir dans certaines localités du pays? Carnage perpétré par des gens sans toit ni loi qu’on appelle tantôt djihadistes tantôt bandits armés ou que sais-je encore…

L’expulsion d’un enseignant français par les autorités en charge, quel sentiment doit-il nous animer? Est-ce une satisfaction ou simplement de la poudre aux yeux? Ce que l’on peut facilement retenir, c’est que la saga de l’azawad aura pris une autre tournure. Beaucoup plus qu’un simple devoir à domicile, comme la représentation diplomatique française a d’ailleurs minimisé l’incident, les Maliens se doivent de comprendre une véritable manière de cultiver dans l’esprit des générations montantes du colonisateur la division de notre pays.

N’ayant pas les moyens de notre politique sécuritaire, nos autorités misent toujours sur les autres pour faire sortir le pays de sa situation lamentable exponentielle. Les autres aussi, en première ligne desquels la France et la communauté internationale soufflent le chaud et le froid, à la fois. Laissant ainsi les populations analphabètes dans une situation d’incertitude totale. Celles qui ont la chance d’habiter des zones urbaines ou semi-urbaines font un petit effort de suivre l’actualité politico-sécuritaire de leur pays. La majorité qui vit dans des milieux ruraux, a d’autres chats à fouetter que de chercher à s’informer. Les paysans, les éleveurs, bergers et autres femmes au foyer ont plutôt le souci de s’occuper de leur cheptel, de leurs champs, de leur ménage etc. De tous les régimes successifs, c’est quasiment le même scénario. De Kayes à Kidal, on ne pense à ces populations locales qu’à l’approche d’échéances politiques. Pour faire d’elles une véritable opportunité électorale. Celles qui sont proches des frontières sont toujours victimes d’insécurité transfrontalière. Nos parents sont laissés à eux-mêmes dans les coins les plus reculés du pays. Le seul moyen dont ils disposent, c’est le repentir… «Nous nous remettons au CREATEUR… » ; les entend on méditer quand la question leur est posée.

Ce qui caractérise aussi le Malien, c’est que généralement, c’est quand ça chauffe comme le feu de l’enfer qu’on prononce le nom de Dieu. Par contre, lorsque tout baigne, on pense que c’est notre bravoure et notre force physique qui sont à la base…

Mais jusqu’où cette situation pourrait conduire ? Alain ne disait-il pas: « …Cette contemplation du passé ne sert à rien et même est très nuisible, parce qu’elle nous fait réfléchir vraiment et chercher vraiment… »

Pourtant, ça n’estun secret un secret pour personne. Notre pays semble divisé par des Multinationales françaises et internationales. De nos jours, on nous fait savoir qu’à Kidal même, les populations vivent paisiblement ou presque. On nous fait savoir que le gouverneur de la région est installé. Mais est-ce que nos enfants, dans ces localités, partent à l’école ? Que vont devenir ces enfants, après avoir passé tant d’années sans éducation scolaire aucune ?

Peut-être, on va se remettre, encore à ALLAH

G KONATE

LE PHARE

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