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Edito : révision constitutionnelle

Le débat vient de prendre fin. Le débat relatif à la révision constitutionnelle. Il nous aura tenus en haleine des mois durant et, dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 juin, les députés ont adopté le projet qui leur était soumis par 111 voix contre 35, aucune abstention n’ayant été formulée. Les débats  nous ont donné l’occasion d’entendre ce que nous savions déjà, mais que nous aurions aimé ne pas entendre : la révision constitutionnelle est une exigence de la Communauté internationale. Ainsi donc, le doute ne subsiste plus sur la tutelle exercée sur le Mali par l’étranger. Nous voici comme l’Empire Ottoman au sortir de la Première Guerre mondiale ou comme le Japon après la seconde : un pays qui a capitulé et qui, pour son destin, s’en remet au dictat des traités de paix imposés.

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Avec le vote survenu il y a quarante-huit heures, certains trouveront qu’un grand pas vient d’être franchi dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Mais, il se trouve précisément que nous n’avons plus intérêt à ce que le processus aboutisse car, à terme, c’est la dislocation  de la République qui est en vue.

Certes, il reste l’étape du référendum populaire. Mais, pour qui connaît la qualité des votes sous nos latitudes, il y a lieu de ne pas se faire d’illusions. En effet, le miracle que seule la démocratie « made in La Baule » va se produire : un peuple analphabète à plus de 90% va se déclarer à 99, 99% favorable à un texte qu’il n’aura pas vu, rédigé dans une langue qu’il ne connaît et qui ne prend en charge aucune de ses préoccupations ; ses exigences ayant pour noms : sécurité et sécurité alimentaire, accès à l’eau potable, à l’électricité et aux soins de santé,  révolution en vue d’instituer une école adaptée…

La Constitution nouvelle version sera adoptée. De nouveau, satisfaction sera donnée à ceux-là qui n’ont jamais dissimulé le sens de leur combat, l’objectif qu’ils se sont assigné depuis la publication de ce texte Nous, Touaregs, publié en 1990. Explicitant leurs aspirations, ils écrivent : « Nous avons des moyens suffisants pour vivre et la connaissance parfaite de notre environnement, et plus que jamais aussi, la volonté, l’énergie et la détermination de nous prendre nous-mêmes en charge ».

 

Nous ne demandons pas autre chose que de bénéficier de garanties reconnues à tous les autres peuples. Ce qui nous manque et que nous revendiquons, est la liberté de disposer de nous-mêmes pour assurer notre destin.

 

Ce qui ne peut se concevoir sans un espace qui nous soit internationalement reconnu, par conséquent, inaliénable, sur lequel nous pourrons exercer notre mode de vie nomade ou sédentaire, élever nos enfants dans notre propre culture. Sur cet espace, nous désirons pouvoir bâtir des villes et des villages avec des écoles où notre langue et notre histoire seront enseignées comme celles des autres peuples. »

 

Nous, Touaregs a  été, par la suite, complété par d’autres textes du même genre ; en particulier, le Manifeste politique du MNLA (octobre 2012). Formulées en 1990, ces aspirations n’ont cessé d’être nourries par les activistes-séparatistes depuis la seconde moitié des années 1950, avec l’encouragement des officiers français « sahariens ». Relisons attentivement tous les textes que nous avons signés avec les rebelles depuis le Pacte National y compris ; nous y trouvons, toujours en filigrane, les mêmes revendications.

Ainsi  lors des différentes rencontres que nous avons eu avec eux, à y regarder de près,  il n’y a pas de négociations mais habileté de leur part pour nous faire avaliser leurs désidératas. Les rebelles ont su mettre à profit les multiples aides de la Communauté internationale pour affiner leurs connaissances en techniques de négociations. Nos négociateurs ont péché en évitant d’en faire autant. La conséquence, sans qu’ils le sachent, ils donnent raison à celui qui, après la transition de 19991-1992 a eu à gérer la rébellion : « on en donne trop pour un hypothétique recevoir. »

 

LA REDACTION

Le Sursaut

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