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Edito : évitons la justice à double vitesse

Un charnier de 21 corps a été découvert dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 décembre, à Diago, village situé à 6 km environ de Kati, ex- quartier général de Sanogo, lui-même situé à 15 km de Bamako. Cette découverte macabre n’a pas surpris les observateurs avisés de la scène politique ainsi que les familles des personnes disparues.

Depuis les évènements du 30 avril et jours suivants, plusieurs disparitions de bérets rouges ont été signalées par la presse dont  « 22 Septembre ». Rares sont les rédactions qui n’ont pas reçu la liste des personnes froidement abattues. Nous vous publions cette liste en page 4 avec les témoignages accablants de cette période où Sanogo était le maître du pays.

 

Nous avions écrit alors que tôt ou tard l’histoire le rattrapera et que ce n’est pas la justice malienne qui plancherait sur son sort mais plutôt la Cour pénale internationale (CPI). Les évènements du 30 septembre dernier, dont on n’a pas fait cas d’abord, ont précipité l’instruction du dossier. Le juge instructeur, Yaya Karambé, s’est bien assumé, en inculpant, le 28 novembre dernier, le Général Sanogo de complicité d’enlèvements de personnes, en attendant que la CPI le réclame. Le charnier de 21 corps exhumés constitue  une preuve supplémentaire pour la justice internationale. Mais le nationalisme malien permettra t-il de le livrer ?

 

Pour notre part, si la justice malienne peut correctement faire le travail, il lui revient d’instruire de bout en bout tout le dossier jusqu’au procès du prévenu. Dans cette optique, la CPI serait mise à la touche. Mais attention, il faudrait que la justice soit équitable, c’est-à-dire qu’une sanction exemplaire soit infligée  à la fois aux auteurs de ce charnier dont la tête de pont est vraisemblablement le chef de l’ex junte, Amadou Aya Sanogo, et à ceux qui ont tenté de le tuer, lui et ses camarades, que le magistrat instructeur d’alors avait inculpés pour « meurtres, complicités de meurtres, atteinte à la sûreté de l’Etat et associations de malfaiteurs ».

 

Les bérets rouges impliqués dans le contre coup d’Etat doivent également répondre de leurs actes. Autant, il n’y a pas d’excuses pour la bande à Sanogo, autant il n’y a pas d’excuses pour les autres qui ont voulu l’assassiner et qui ont tué de paisibles citoyens à l’ORTM, à Kati et sur la route de l’aéroport.

 

Sanogo a, certes, commis des crimes abominables, mais ce n’est pas pour cela que ceux qui ont commis le même crime doivent restés  impunis. Que non ! La justice doit être égale pour tous et comme IBK le répète : « Nul n’est et ne saurait être au-dessus de la loi ». Alors, évitons la justice à double vitesse. Sinon, les règlements de compte rejailliront tôt ou tard.

 

Chahana Takiou

Liste complète des soldats disparus

Aboubacar Kola Cissé et Youba Diarra, des soldats de première classe : Ibrim Maïga, Abdoul Karim Keïta, Mamadou Dembélé, Dokale Sagara, Adama Bagayoko, Bamory Diarra, Aboubacar Poudjougou, Yéba Traoré, Samba Diarra, Baba Lamine Doumbia et des soldats de deuxième classe : El Aliou Bongana Maïga, Maman dit Bakoroba Koné, Kabine Keïta, Issouf Bemba, Bazouma Kaloussi, Bourama Coulibaly, Kelené Niaré, Birama Niaré, Bouye Diallo

Source22 Septembre

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