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Douanes de Sikasso : Pour un détournement record de plus d’un milliard FCFA, le Receveur du Trésor aux arrêts

Des disparitions de chèques de plusieurs dizaines de millions de francs CFA ont été constatées à la Direction Régionale du Trésor de Sikasso. En plus, de fausses déclarations sur la valeur de ces chèques ont été validées par le Trésor, sans que soient vérifiés les certificats et factures exigibles pour toute transaction relevant du commerce extérieur. Plus grave, la délivrance frauduleuse de quittances par le Receveur du Trésor aux Douanes du Kénédougou, Mourdjan Traoré, a occasionné pour l’État malien une perte sèche de 1 milliard 700 millions de francs CFA. Enquête sur un détournement record au sein du Trésor de la 4ème région du Mali.

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Alerte aux scandales ! La Direction Régionale du Trésor de Sikasso est en proie à une situation sans précédent : l’éthique, la déontologie et le code fiscal ont été foulés au pied. Et c’est dire que l’arrivée de hauts responsables a permis la réglementation de certaines pratiques frauduleuses au niveau de cette structure de recouvrement.

Logiquement, la réglementation fiscale engendre l’application rigoureuse des normes de recouvrement. Mais hélas, le constat est que des détournements de chèques et de délivrance frauduleuse de quittances ont été réalisés par le receveur du Trésor aux Douanes de Sikasso. Depuis, on a l’impression que le Trésor de la 4ème région est abandonné (ou presque) par la Direction Nationale du Trésor et de la Comptabilité Publique: c’est que les inspecteurs en chef du Trésor n’ont pas ni le temps, ni les moyens de contrôler tout ce qui se trame par le receveur du Trésor  aux Douane de la 4ème région du Mali.

Du coup, la Direction régionale du Trésor de Sikasso, est aux mains de quelques opérateurs économiques qui ressemblent plutôt à des groupes mafieux généralement proches des « princes » du Trésor. Des sources émanant du Trésor de Sikasso ont impliqué des cadres, chefs de service, opérateurs économiques et acteurs de la fraude dans ces malversations.

La preuve est aujourd’hui évidente sur l’implication de ces responsables dans la délivrance frauduleuse de quittances du Trésor par le receveur du Trésor aux douanes de Sikasso ayant occasionné pour l’État malien une perte sèche de 1 milliard 700 millions de francs CFA. Pire, du début à la fin, ces responsables du Trésor,  sont au cœur de fausses déclarations sur la valeur et des détournements de chèques au niveau des Douanes de Sikasso.

À en croire nos sources, depuis le vendredi 23 juin dernier, à la veille de la fête du ramadan, le receveur du Trésor aux Douanes de Sikasso, en la personne de Mourdjan Traoré, est écroué à la Brigade Territoriale (BT) de la gendarmerie du Kénédougou. Et cela, après le passage de l’Inspection des finances qui a décelé un trou béat de 1 milliard 700 millions de francs CFA dans la caisse. Du coup, le suspect, notre receveur en Douane, Mourdjan Traoré, clame à qui veut l’entendre, que ces quittances octroyées ne sont pas de l’argent comptant perçu ; mais plutôt, des sous  devant être versés par des opérateurs économiques. Mais qui croire ?

Surtout qu’il y a un écart de plus d’un milliard et demi entre le rapport  que lui-même a fourni et celui déposé par les douanes de Sikasso. D’où son incarcération à la Brigade territoriale de la gendarmerie du Kénédougou.

Les opérateurs économiques volent sans vergogne l’État malien. Aussi, le gouvernement doit se contenter des miettes. Mais certains cadres du Trésor Public n’ont pas à s’inquiéter car ils versent des liasses à leurs mentors respectifs. De nos jours, l’Administration du Trésor public malien abrite les pires magouilleurs dont certains ont été emprisonnés, mais auraient bénéficié d’un non lieu avant d’être «réhabilités» ou «ressuscités ». Le dirlo du Trésor Public malien aurait confié des postes stratégiques à des agents accusés de détournement de fonds. Mais ces personnes qui devraient purger leur peine se baladeraient encore dans la nature, « ivres », ou du moins libres de leur mouvement. Mais la corruption n’est jamais « rassasiée » car ces groupes mafieux s’intéressent mieux à la « politique du tube digestif».

Une mafia bien organisée

Toujours selon nos sources, l’Inspection des finances  a dépêché une équipe pour enquêter sur des irrégularités d’ordre procédural, et des cas de délivrance frauduleuse de quittance et de majoration mis à nu au niveau du Trésor de Sikasso. Les investigations menées par ces Inspecteurs ont permis d’aboutir à la confirmation de ce qui est aujourd’hui décrié au niveau des cadres du Trésor du Kénédougou, une des plus importantes du pays.

Sous la bannière du Receveur du Trésor aux Douanes de Sikasso et de ses anges protecteurs, des opérateurs économiques ont fait faire des liquidations en douane dans un temps record, alors que des industriels maliens luttent contre toutes les institutions pour que leur parcours procédural soit validé en vue de démarrer leur appareil productif. Nos sources révèlent qu’un grand courant de fraude couve dans le service du receveur du Trésor aux douanes de Sikasso ainsi qu’à la Direction régionale du Trésor de cette localité, impliquant plusieurs niveaux de responsabilité. Des centaines de dossiers ont été liquidés en une heure, avec mention sur la déclaration, validant ainsi une procédure de vérification qui n’aurait concrètement jamais eu lieu.

C’est ainsi que des containers ont été déclarés à 18 millions chacun, tandis que d’autres ont bénéficié de fausses quittances pour échapper aux contrôles et aux certificats de conformité exigés par les procédures de contrôle. L’affaire  a pris une autre tournure depuis que l’annonce a été faite de dépêcher une délégation d’inspecteurs afin de situer les responsabilités. Plusieurs agent et cadres régionaux du Trésor ainsi que des douanes ont été entendus par les enquêteurs qui ont  remis leur rapport à qui de droit.

Toujours selon nos sources, des sanctions pourraient tomber dans les prochains jours, puisque l’affaire devient un sujet de discussions en coulisse et dans les services de la Direction générale du Trésor. Dans les jours à venir les importateurs impliqués dans ces affaires de fraude, comme le transitaire  Mamourou Samaké, promoteur de la quincaillerie « Samasi », seront également soumis à la loupe par les enquêteurs en charge du dossier.

Les opérateurs impliqués pourraient ainsi se voir infliger d’importantes amendes pour fraude et violation de la législation régissant le commerce extérieur. Quoi qu’il en soit, la Direction Nationale du Trésor et de la Comptabilité Publique s’est saisie de cette affaire qui tend à s’apparenter à un scandale à plusieurs ramifications. En tout cas, cette affaire (parmi tant d’autres qui souffrent dans les tiroirs des institutions) témoigne de la détresse dans laquelle s’empêtre une économie malienne plus que jamais fragilisée par les circuits de corruption et de fraude entretenus essentiellement par des lobbies de l’importation.

Le sauve-qui-peut général

À la Direction régionale du Trésor de Sikasso, on ne dormirait plus que d’un œil. Tous les chefs de services ou presque et certains responsables seraient de prêt ou de loin liés à cette disparition de chèques et de délivrance frauduleuse de quittance qui, selon nos sources, a occasionné une perte sèche de plus d’un milliards et demi de FCFA pour le Trésor public. D’où cette décision de déployer des Inspecteurs sur le terrain.

Désormais, une seule question blanchit les nuits des cadres au niveau de la Direction régionale du Trésor de Sikasso: comment justifier que des quittances d’une valeur de 1 700 000 000  ont été délivrées par le receveur du trésor aux douanes de Sikasso, sans laisser la moindre trace ? Depuis, c’est le sauve-qui-peu-général. Au rythme qu’on tenterait d’y effacer ou de cacher la preuve des épreuves.

Irritées par la délivrance frauduleuse de quittances par le receveur du trésor aux douanes de Sikassso, qui devient de plus en plus récurrents, les autorités maliennes, veulent finalement découvrir toute la vérité, rien que la vérité ; savoir qui a fait quoi, qui a bouffé quoi.

De son côté, la Direction nationale du Trésor, traitée de tous les noms d’oiseau, entend elle aussi en savoir davantage sur les raisons qui ont conduit à ces scandales et exige que ce dossier soit « creusé et approfondi » afin que les responsables  s’expliquent sur cette délivrance frauduleuse de quittances qui se chiffre à 1,700 milliard de FCFA, mais aussi sur ces fausses déclarations sur la valeur estimées à des milliards de nos francs. Très en colère ; les cadres du Trésor de Sikasso rejettent les accusations et s’opposent à l’ouverture d’un autre contrôle des Inspecteurs qui, selon eux, s’acharnent contre leur propres personnes.

Quoi qu’il en soit, le compte à rebours vient de commencer à la Direction régionale du Trésor de Sikasso au moment où chacun doit s’expliquer sur ces fausses déclarations et la destination empruntée par la délivrance frauduleuse de quittances d’une valeur de 1 milliard 700 millions de FCFA. Tandis que les enquêteurs exigent que le dossier du Trésor de Sikasso passe à la loupe, les cadres de cette structure exigeraient de leurs subalternes de préparer des documents montés de toutes pièces en guise de justificatifs pour « se garer des mouches ».

En tout cas, c’est tout le sens à donner à cette absence prolongée de certains travailleurs en chef au niveau des services du Trésor de Sikasso : en quelque sorte un jeu de « ping-pong » fait au nez et à la barbe des Maliens qui assistent, impuissants, au vol et au détournement du dénier public. Mais face à cette gabegie, leur indignation n’a d’égale que leur colère. Cependant, une certitude : ce détournement de chèques, cette disparition de quittance et ces fausses déclarations sur la valeur au niveau du receveur du Trésor aux Douanes de Sikasso risquent de briser bien des carrières, des rêves aussi, car tous ceux qui ont profité de cet argent feront les frais de leur imprudence.

Réputés pour leur « arrogance » au sein du Trésor de la 4ème région, certains cadres du Trésor du Kénédougou gardent déjà le profil bas. Mais face à la détermination de l’Inspection des finances, certains responsables poursuivent les consultations nocturnes pour  se mettre à l’abri. Décidé à se réconcilier avec le peuple malien (en colère à cause de l’impunité qui sévit encore et sévissait surtout sous l’ancien régime), le gouvernement entend prendre toutes ses responsabilités dans le cadre de la lutte contre la corruption.

En attendant, des soupçons pèsent sur des opérateurs économiques de Sikasso, tout comme sur le jeune transitaire, Mamourou Samaké, promoteur de la quincaillerie « Samasi » d’être au cœur d’un réseau de blanchiment d’argent. Et quelles sont les réalisations à Bamako tout comme à l’intérieur,  de ces opérateurs économiques et des responsables impliqués dans ce scandale financier? Une question à laquelle nous donnerons des réponses dans nos prochaines éditions.

Jean Pierre James

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