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Diadié Samassékou : «Sans championnat difficile de développer le football au pays»

Diadié Samassékou (RB Salzbourg), appelé à disputer sa première CAN avec le Mali, a accordé un entretien exclusif à Football365 Afrique.

Entretien.

Diadié, sauf accident, vous ferez partie des 23 du Mali pour la CAN 2019. Qu’attendez-vous de cette Coupe d’Afrique qui sera votre première ?

Je suis pressé d’y être. C’est un rêve qui est en train de se réaliser pour moi. J’ai joué plein de compétitions ici en Autriche, mais ce n’est pas pareil que de jouer la CAN pour nous qui sommes Africains. On va essayer de ne pas se mettre de pression et de prendre le plus de plaisir possible ensemble.

Quelles sont vos ambitions personnelles et collectives ?

On était déjà contents quand on s’est qualifiés. On s’est dit qu’on allait se préparer le mieux possible. Je crois que les gars ont commencé à le faire, même si je n’étais pas au dernier rassemblement parce que j’étais blessé. Déjà, ce serait bien de passer la phase de poules.

Le Mali aura pour adversaires la Mauritanie, la Tunisie et l’Angola. Que pensez-vous de ces équipes ?

La Mauritanie est une équipe que je ne connais pas spécialement. Mais elle joue bien. C’est leur première CAN et ils voudront montrer qu’ils ne sont pas à prendre à la légère. Les outsiders jouent souvent mieux car ils sont sans pression. Ils vont vouloir profiter. Il faudra donc s’en méfier. La Tunisie, c’est la tête de série du groupe, l’équipe favorite pour la première place. La Tunisie joué la Coupe du Monde, est habituée à jouer la CAN et a un bon niveau depuis de nombreuses phases finales, c’est un candidat au titre. Il va falloir très bien gérer contre eux et contre l’Angola, ça va se jouer là-dessus. L’Angola a été une équipe très difficile à manœuvrer à chaque fois qu’elle a joué la CAN. On a déjà joué contre eux, on avait fait 4-4 (lors du match d’ouverture de la CAN 2010, ndlr).

L’équipe a-t-elle progressé durant les éliminatoires ?

L’équipe a beaucoup changé, et le coach aussi. Le plus important a été de bien intégrer les jeunes. Le nouveau coach a su bien le faire. On a gagné presque tous les matchs, en jouant vraiment bien. L’état d’esprit est excellent. On est arrivé à progresser car le collectif ressort plus que les individualités.

Le Mali apparaît en mutation, sous l’impulsion des équipes de jeunes…

Le plus difficile à faire était de donner une identité de jeu à l’équipe A, en cohérence avec les équipes de jeunes. Lors des deux ou trois premiers matchs du nouveau sélectionneur, on s’est concentré sur cela. Aujourd’hui, on arrive à la fois à prendre du plaisir et à faire des résultats. La priorité c’est la qualité de jeu, ensuite les résultats arrivent. On ne pense pas à gagner à tout prix, on a des principes que l’on ne renie pas pour une victoire.

Que vous ont apporté les tournois de jeunes disputés avec les Aiglons ?

C’est la Coupe du Monde des moins de 20 ans qui m’a permis de m’épanouir et de montrer mes qualités. Cela m’a beaucoup aidé : on s’est confronté aux meilleurs jeunes du monde, on a compris qu’on en faisait partie, qu’il était de notre devoir de travailler pour y rester. Le match pour la troisième place contre le Sénégal reste un souvenir incroyable. On était menés 1-0, il pleuvait beaucoup, chaque équipe rate un penalty, et au final on gagne 3-1 sur deux buts d’Adama Traoré et un de moi, sur une combinaison qu’on n’avait même pas travaillé ! Toute la compétition était extraordinaire, on est passé par tellement d’émotions.

Quel est votre rapport avec les grands frères ?

L’état d’esprit de cette équipe est formidable. Les anciens nous ont accueilli les bras ouverts. C’était plus à eux de s’adapter à notre style de jeu. Entre leur expérience et nos qualités de jeu, on a fait la synthèse.

Le Mali a connu beaucoup d’instabilité ces dernières années. Cela a-t-il gêné l’équipe nationale ?

C’était vraiment un frein pour le football au pays. Nous en Europe n’étions pas touchés directement, mais sans championnat difficile de développer le football au pays. On a vu les équipes de jeunes décliner. On avait mal pour nos frères qui n’avaient pas de match à jouer.

Vous êtes passé par l’Académie Jean-Marc Guillou de Bamako. Que retenez-vous de ces années de formation ?

Que la réussite passe d’abord par le travail, et qu’il faut rester humble : rester soi-même quand on réussit, ne pas baisser les bras quand c’est dur. C’est ce que j’essaie de faire au quotidien. J’avais un frère qui jouait au foot, qui aimait vraiment le foot, et qui n’a pas eu la chance de devenir professionnel. C’est aussi pour lui que je me bats aujourd’hui.

Par Patrick JUILLARD

Source: Football365

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