L’une des plus grandes erreurs de l’opposition républicaine dans ce processus électoral, a été d’avoir espéré sur cette coalition dont les acteurs, en partie, manquaient de conviction pour leur combat.
‘‘Coalition pour l’Alternance et le Changement’’. A l’origine de ce regroupement, M. Tiébilé Dramé. En fin avril dernier, il était parvenu à mettre en place au Mali et à l’international, cette coalition regroupant des formations politiques et associations de la Société Civile, soit, près de 200 membres avec comme seul objectif : ‘‘Mettre fin à l’immense gâchis qu’a été le quinquennat finissant’’, tel qu’on avait à l’époque annoncé.
La fragilisation
Tout était bien parti, et l’espoir était encore là jusqu’aux lendemains du 29 juillet, date de la tenue du premier tour du scrutin présidentiel. De 20 à 18, de 18 à 9 et de 9 à 8 avec le départ à la dernière minute de Kalfa Sanogo, les candidats qui avaient décidé de faire front commun contre le président sortant Ibrahim Boubacar Kéita au deuxième tour, se verront réduire en nombre entre le 1er et le 2ème tour.
Les causes de cette fragilisation de la ‘‘Coalition pour l’alternance et le changement’’ restent à la fois floues et diverses. Et si beaucoup d’entre eux se sont retirés pour des propositions colossales de la part du camp adverse, d’autres ont été obligés de renoncer au combat sous menaces. Aliou Boubacar Diallo, candidat malheureux à la présidentielle et ex-membre influent de la dite coalition, ne dira pas le contraire.
Ce n’est pas pour l’Alternance !
C’est ce qu’il faut finalement croire ! Malgré son affaiblissement, la Coalition pour l’Alternance avait encore une chance de ‘‘Mettre fin à l’immense gâchis qu’a été le quinquennat finissant’’. Comment ?
L’on se rappelle bien ! Après le premier tour de la présidentielle et dans la foulée des alliances pour le second tour, des candidats avaient ensemble décidé de ne pas y participer. Il suffisait que cela soit acté et c’est Cheick Modibo Diarra, n’étant pas membre de la Coalition et 4ème à l’issue des résultats du premier tour, qui allait affronter Ibrahim Boubacar Keita au second tour. Ce dernier, tous le savent, n’avait aucune chance !
De ce fait, on aura toujours du mal à croire que cette Coalition était vraiment pour une alternance, si c’en était le cas, Tiébilé Dramé et son candidat, Soumaïla Cissé n’allaient jamais agir de la sorte.
Nioro du Sahel : Le Cherif a perdu la Foi
Pour beaucoup d’observateurs, la route de Koulouba passait obligatoirement par Nioro du Sahel. En d’autres termes, il fallait d’abord avoir la bénédiction du Cherif Bouyé Haïdara pour accéder à la Magistrature Suprême et l’intéressé s’y complaisait, mais le mythe vient d’être brisé avec la présidentielle du 29 juillet.
Après avoir refusé d’accorder son soutien au président IBK qui sera finalement réélu, le Cherif Bouyé Haïdara, depuis son fief à Nioro du Sahel, ne décolère pas. A deux reprises, ses disciples ont battu le pavé pour soutenir l’opposition républicaine dans sa contestation postélectorale et le chérif en personne menace d’interrompre tout contact avec Bamako. Du moins, c’est ce qu’il aurait fait savoir à des émissaires à lui envoyés par le président mauritanien, Mohamed Oud Abdel Aziz afin de mettre fin au conflit qui l’oppose à IBK : ‘‘Allez dire à Abdel Aziz qu’entre IBK et moi, c’est fini’’, aurait-il dit aux médiateurs. Qu’à cela ne tienne !
Il y a lieu de s’interroger si Bouyé Haïdara n’est pas en manque de Foi quand on sait que c’est Dieu qui donne le pouvoir à qui il veut. Et, faut-il le dire, ce n’est point de la bénédiction d’une main humaine que le pouvoir résulte. Par ailleurs, il faudrait tout simplement croire que le chérif cherche à sauver son honneur. La réélection d’IBK face à l’échec de celui qu’il soutenait, met en doute la force spirituelle de cet homme et porte un coup violent au mythe qu’il a jusque-là réussi à créer autour de son personnage.
Dougoufana Kéita
La Sirène