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CMA: otage ou prisonnier de guerre ?

Ce vendredi 15 septembre 2023, la vidéo d’un militaire malien, se présentant comme le capitaine Boubacar Cissé, a fait le tour des réseaux, dans la douleur et le désarroi de ses parents. Foin de honte, de déshonneur et d’affliction toutefois, car le capitaine, pris en otage par les terroristes liés à la CMA lors de l’attaque du camp militaire de Bourem, puis transféré à Kidal, est soldat, issu d’une famille de soldat, fils de soldat : le Général à la retraite Ismaïla Cissé, qui a été gouverneur de Bamako, ambassadeur du Mali en Guinée Équatoriale.


Le digne fils de son père, qui sait que dans la guerre on peut tout subir entre les mains de l’ennemi en défendant son pays, a transmis un message de la CMA et de ses alliés terroristes qui veulent que le gouvernement revienne à l’Accord d’Alger. De la vidéo on peut retenir trois choses par-delà les nouvelles que le capitaine Cissé a données à sa famille : la CMA veut revenir à l’Accord tel que préconisé par le gouvernement ; elle veut que le territoire soit sécurisé par les FAMa et elle ne veut pas la présence du Groupe Wagner au Mali.
Sont-ils, eux, prêts à revenir à la table de négociation ? Dans ce cas, pourquoi commencer une guerre dont on sait qu’on ne va pas gagner ? Et pourquoi avoir pris en otage et mis en pâture le jeune capitaine au mépris du droit international dont se sont engagé à respecter voilà une semaine ?
En effet, dans sa 1re «communication en temps de guerre» qu’elle a diffusée le 11 septembre 2023, la Cellule d’information et de communication des affaires militaires de la CMA, après avoir dénoncé ce qu’elle a appelé «crimes de guerre» et «crimes contre l’humanité» imputable aux FAMa, elle poursuit : « l’Armée Nationale Azawadienne informe l’opinion publique nationale et internationale qu’elle adhère aux règles du droit international humanitaire et aux droits de l’homme liés à la protection des civils et des prisonniers et n’instruit aux chefs militaires ainsi qu’aux combattants leurs devoirs et obligations dans le cadre de l’éthique en temps de guerre».
Que dit la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre en son article 3 :
« En cas de conflit armé ne présentant pas un caractère international et surgissant sur le territoire de l’une des Hautes Parties contractantes, chacune des Parties au conflit sera tenue d’appliquer au moins les dispositions suivantes :
1) Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure, détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité, sans aucune distinction de caractère défavorable basée sur la race, la couleur, la religion ou la croyance, le sexe, la naissance ou la fortune, ou tout autre critère analogue.
À cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu, à l’égard des personnes mentionnées ci-dessus :
a) les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices;
b) les prises d’otages;
c) les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants… »
On ne se sert pas d’un prisonnier de guerre, fût-il un officier pris en otage, pour faire passer des doléances suivant le mode opératoire des terroristes, alliés malheureusement de la CMA. Elle veut revenir à la table de négociation ? Elle doit connaitre Matthieu 7-7 ! Mais qu’elle n’oublie pas dans l’euphorie que le Mali n’abandonne aucun de ses fils, que les FAMa feront tout pour que les dignes fils du pays reviennent à la maison sains et saufs. Et surtout qu’on ne touche à aucun de ses cheveux…

Par Sikou BAh

Info Matin

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